abolition
nom, féminin · /abolisjɔ̃/ ou /abɔlisjɔ̃/
Usage : peu fréquent (0.97 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Action de supprimer légalement et définitivement une institution, une loi ou une pratique ; fait d'être ainsi supprimé.
« Y at-il rien de si grand que ce qu'il [Louis XIV] faisait pour détruire l'hérésie ? Et comptez-vous pour rien l'abolition des duels ? dit d'un air content un autre homme... ? »Montesquieu (1689-1755)
Dans l'ancien droit, grâce accordée par le souverain pour effacer un crime ; emploi historique.
« Son père [le cardinal de Bouillon] tint deux fois de son souverain la dignité de duc et pair, après avoir pensé renverser l'État, après avoir vécu d'abolitions »Saint-Simon (1675-1755)
« Le duc de Bourgogne [l'assassin du duc d'Orléans] daigna prendre des lettres d'abolition »Voltaire (1694-1778)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- abolitions : pluriel · /abɔlisjɔ̃/ ou /abolisjɔ̃/
- abolition : singulier · /abɔlisjɔ̃/ ou /abolisjɔ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Action d'abolir. La paralysie est l'abolition du mouvement et de la sensibilité. L'abolition de l'ordre des Templiers.
Y at-il rien de si grand que ce qu'il [Louis XIV] faisait pour détruire l'hérésie ? Et comptez-vous pour rien l'abolition des duels ? dit d'un air content un autre homme... ?Montesquieu (1689-1755)
En termes de droit ancien, le pardon que le prince accordait d'autorité absolue pour un crime. Abolition d'un crime et abolition d'une peine. Obtenir une abolition. Lettres d'abolition.
Le duc de Bourgogne [l'assassin du duc d'Orléans] daigna prendre des lettres d'abolitionVoltaire (1694-1778)
.... ou l'autre qui poursuit des abolitionsMathurin Régnier (1573-1613)
Dans un sens qui n'est plus de la langue du droit, effacement, remise.
C'est par là que Magdeleine, cette fameuse pécheresse et cette pénitente aussi célèbre, obtint l'entière abolition de tous les déréglements de sa vie, et qu'elle parvint à un degré si éminent de saintetéBourdaloue (1632-1704)
Étymologie : Provenç. abolitio ; espagn. abolicion ; ital. abolizione ; de abolitio (voy. ABOLIR).
Historique : XVIe s. Ces gens-là trop ceremonieux n'ont pas voulu prendre sur leurs consciences l'abolition de tant de meurtres et ravissements Il monstre quelle est l'abolition de la loi, et aussi quel est l'usage d'icelle Et se firent plusieurs autres traittés, et mesme de l'abolition de la pragmatique sanction Au different que le peuple eut avec les nobles touchant l'abolition des debtes Il se fit decerner abolition generale de tout le passé, et pour l'advenir licence de faire mourir qui bon lui semblerait
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. f.
Action d’abolir. L’entière abolition de l’ordre des Templiers. Abolition de l’esclavage. L’Assemblée nationale décréta l’abolition des droits féodaux. Par extension, L’abolition des fonctions du cerveau. Abolition de la volonté.
Il s’est dit aussi du Pardon que le Prince accordait d’autorité absolue pour un crime qui, par les ordonnances, n’était pas rémissible. Lettres d’abolition. Abolition générale. Le Parlement a entériné son abolition.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée abolition#166.