abolition

abolition

nom, féminin, /abolisjɔ̃/ ou /abɔlisjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action d'abolir. La paralysie est l'abolition du mouvement et de la sensibilité. L'abolition de l'ordre des Templiers.

    Y at-il rien de si grand que ce qu'il [Louis XIV] faisait pour détruire l'hérésie ? Et comptez-vous pour rien l'abolition des duels ? dit d'un air content un autre homme... ? — Montesquieu (1689-1755)

  2. En termes de droit ancien, le pardon que le prince accordait d'autorité absolue pour un crime. Abolition d'un crime et abolition d'une peine. Obtenir une abolition. Lettres d'abolition.

    Le duc de Bourgogne [l'assassin du duc d'Orléans] daigna prendre des lettres d'abolition — Voltaire (1694-1778)

    .... ou l'autre qui poursuit des abolitions — Mathurin Régnier (1573-1613)

  3. Dans un sens qui n'est plus de la langue du droit, effacement, remise.

    C'est par là que Magdeleine, cette fameuse pécheresse et cette pénitente aussi célèbre, obtint l'entière abolition de tous les déréglements de sa vie, et qu'elle parvint à un degré si éminent de sainteté — Bourdaloue (1632-1704)

Étymologie : Provenç. abolitio ; espagn. abolicion ; ital. abolizione ; de abolitio (voy. ABOLIR).

Historique : XVIe s. Ces gens-là trop ceremonieux n'ont pas voulu prendre sur leurs consciences l'abolition de tant de meurtres et ravissements Il monstre quelle est l'abolition de la loi, et aussi quel est l'usage d'icelle Et se firent plusieurs autres traittés, et mesme de l'abolition de la pragmatique sanction Au different que le peuple eut avec les nobles touchant l'abolition des debtes Il se fit decerner abolition generale de tout le passé, et pour l'advenir licence de faire mourir qui bon lui semblerait

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action d’abolir. L’entière abolition de l’ordre des Templiers. Abolition de l’esclavage. L’Assemblée nationale décréta l’abolition des droits féodaux. Par extension, L’abolition des fonctions du cerveau. Abolition de la volonté.

  2. Il s’est dit aussi du Pardon que le Prince accordait d’autorité absolue pour un crime qui, par les ordonnances, n’était pas rémissible. Lettres d’abolition. Abolition générale. Le Parlement a entériné son abolition.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • abolitions — pluriel — /abɔlisjɔ̃/ ou /abolisjɔ̃/
  • abolition — singulier — /abɔlisjɔ̃/ ou /abolisjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée abolition#166.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.