abbé
nom, masculin, /abe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Celui qui gouverne ou possède une abbaye. Abbé crossé et mitré. Élire un abbé. Abbé régulier, abbé qui était religieux lui-même et portait l'habit de son ordre. Abbé en second, prieur d'un monastère. Abbé des abbés, titre de l'abbé du Mont-Cassin, parce que tous les moines de l'Occident avaient reçu leur règle de cette abbaye. Abbé cardinal, titre honorifique accordé par le pape, particulièrement aux abbés en chef, lorsque des abbayes qui avaient été réunies se séparaient. Prov. Pour un moine on ne laisse pas de faire un abbé, c'est-à-dire que l'absence d'un homme n'empêche pas un projet de s'exécuter. Nous l'attendrons comme les moines font l'abbé, c'est-à-dire, s'il ne vient pas à l'heure fixée, nous ne l'attendrons pas. Le moine répond comme l'abbé chante, c'est-à-dire les inférieurs se conforment aux habitudes de leurs supérieurs. Jouer à l'abbé, jeu où l'on est obligé de faire tout ce que fait celui qui a été désigné pour chef et qu'on nomme abbé. Se promettre la vigne de l'abbé, se promettre une vie de délices.
Tout homme qui porte un habit ecclésiastique. Un jeune abbé. Un abbé de cour.
Qui peut concevoir que certains abbés, à qui il ne manque rien de l'ajustement, de la mollesse et de la vanité des sexes et des conditions, qui entrent auprès des femmes en concurrence avec le marquis et le financier, et qui l'emportent sur tous les deux, qu'eux-mêmes soient, originairement et dans l'étymologie de leur nom, les pères et les chefs de saints moines et d'humbles solitaires, et qu'ils en devraient être l'exemple ? — La Bruyère (1645-1696)
Étymologie : Provenç. abbat ; espagn. abad ; portug. abbade ; ital. abbate ; de abbatem, au nominatif abbas, du syrien aba qui signifie père. Dans l'ancien français au nominatif singulier li abe [e muet], venant de ábbas avec l'accent sur la première syllabe ; le abé, li abé, les abés [e fermé] au régime singulier, au nominatif pluriel et au régime pluriel, venant de abbátem, abbátes, avec l'accent sur la seconde syllabe.
Historique : XIe s. Assez i a evesques et abéz XIIe s. Donc enveia li bers au comte dous [deux] abéz, Qu'il lui doinse [donne] conduit.... Quatorze rois i ot à heure de souper, Evesques et abbés, que je ne sai nomer XIIIe s. Là trova il moult grant gent et maint abbés et maint barons et maint autres homes du païs de Bourgogne La justice laie les doit penre [prendre] et rendre à lor abbés Quant evesque et abbé reviendront de signer [faire le signe de la croix] Lors fu li abes molt dolent, Pleins fu de maltalent e d'ire XVIe s. Plusieurs allans le chemin de Paris voyoient chapeaux et manteaux par terre qu'on…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Celui qui porte le costume ecclésiastique et remplit ou se prépare à remplir les fonctions sacerdotales. Nous avons rencontré plusieurs abbés. Allez parler à Monsieur l’abbé. Les abbés du catéchisme de Saint-Sulpice sont généralement de jeunes séminaristes.
Il s’est dit de Celui qui dirigeait une abbaye. Abbé de l’ordre de Saint-Benoît. Abbé régulier. Abbé crossé et mitré. élire un abbé. Bénir un abbé.
Prov. et fig., Nous l’attendrons comme les moines font l’abbé, S’il n’arrive pas à l’heure du dîner, nous nous mettrons à table sans lui.
Prov. et fig., Le moine répond comme l’abbé chante, Ordinairement les inférieurs prennent quelque chose du ton, des habitudes de leurs supérieurs.
Il se disait aussi de Tout homme qui portait l’habit ecclésiastique, sans remplir les fonctions sacerdotales. Un jeune abbé. Un petit abbé. Un abbé de cour.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (3)
- abbés — pluriel — /abe/
- abbesses — pluriel
- abbé — singulier — /abe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée abbé#77.