abaissement

abaissement

nom, masculin, /abɛsəmɑ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action d'abaisser ou de s'abaisser ; état de ce qui est abaissé. Abaissement d'une soupape, des paupières.

  2. Fig. Abaissement de la voix, qui indique trois choses : le passage de la voix haute à la voix basse ; le passage des syllabes accentuées aux syllabes qui ne le sont pas ; le passage de la voix aiguë à la voix grave, dans la musique.

  3. Diminution. Abaissement du prix des denrées. Au moral, abaissement de courage. L'abaissement des caractères.

  4. Action de faire déchoir, état de déchéance, humiliation volontaire ou forcée. Après l'abaissement des Carthaginois, Rome fut sans rivale. Abaissement de fortune. Se tenir dans l'abaissement devant Dieu. On tomba dans un tel abaissement.... Cette famille est réduite à vivre dans l'abaissement.

    Son grand dessein a été d'affermir l'autorité du prince et la sûreté des peuples par l'abaissement des grands — La Bruyère (1645-1696)

    Et la mort ou l'exil ou les abaissements Seront pour vous et moi ses vrais remercîments — Pierre Corneille (1606-1684)

  5. Terme d'art ou de science. En chirurgie, abaissement de la cataracte, opération par laquelle on fait descendre au-dessous du niveau de la pupille le cristallin devenu opaque. Abaissement de la matrice, lésion par laquelle la matrice descend plus bas qu'elle n'est dans l'état de santé.

  6. En algèbre, abaissement d'une équation, réduction d'une équation à un degré moindre.

  7. En blason, abaissement, addition dans un écu de quelque pièce qui en abaisse la valeur.

Étymologie : Abaisser ; provenç. abaisamen ; anc. catal. abaxament ; espagn. abaxiamento ; ital. abbassamento.

Historique : XIIe s. [Il] refusé a lor povreté, Si qu'il n'en a de rien gusté [des mets offerts] ; Abaissement li fust e laiz [ce lui eût été abaissement et honte]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Action d’abaisser, de s’abaisser, ou Résultat de cette action. L’abaissement d’un mur. L’abaissement des eaux. L’abaissement du mercure dans le baromètre. L’abaissement de la voix.

  2. En termes d’Astronomie, Abaissement d’un astre, Quantité dont on doit diminuer la hauteur apparente d’un astre pour avoir sa hauteur vraie.

  3. Il est plus souvent employé au figuré et signifie Diminution, affaiblissement. Abaissement des caractères. Abaissement de l’âme. Louis XI travailla beaucoup à l’abaissement de la maison de Bourgogne. L’abaissement de la natalité. L’abaissement des revenus, du taux de l’intérêt.

  4. Il s’emploie encore absolument et signifie Humiliation volontaire, état dans lequel on se met quand on s’abaisse volontairement. Se tenir dans l’abaissement devant Dieu.

  5. Il signifie aussi Humiliation forcée, état de bassesse où l’on est mis malgré soi. Cet esprit altier se révolte contre un si grand abaissement. Cette famille est réduite à vivre dans l’abaissement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • abaissements — pluriel — /abɛsəmɑ̃/
  • abaissement — singulier — /abɛsəmɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée abaissement#12.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.