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ville

ville

nom, féminin · /vilə/

Usage : très fréquent (324 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Agglomération importante d'habitations et d'activités, par opposition à la campagne ou au village.

    Elle préfère vivre en ville plutôt qu'à la campagne.

    « ....verras-tu d'un esprit bien tranquille Chez ta femme aborder et la cour et la ville ? »Boileau (1636-1711)

    « Ébloui, mais lassé de l'éclat de nos villes, Souvent il s'écriait : rendez-moi mes forêts »Jacques Delille (1738-1813)

Définition Francorium (CC BY-SA 4.0), relu en interne · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • villes : pluriel · /vilə/
  • ville : singulier · /vilə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 4 sens

s. f.

  1. Assemblage d'un grand nombre de maisons disposées par rues, souvent entourées de murs d'enceinte, de remparts, de fossés. Par la ville, en parcourant les rues de la ville. La ville est bonne, on y trouve aisément ce dont on a besoin. Anciennement. Bonne ville, qualification honorable donnée par les rois de France à certaines villes plus ou moins considérables. Être en ville, n'être pas actuellement chez soi. Dîner, souper en ville, dîner, souper dans une maison où l'on est invité. Habit de ville, toilette de ville, habit, toilette que l'on prend pour faire ses visites dans la ville. En typographie, ouvrage de ville, impressions destinées aux usages bourgeois, telles que billets de faire part, étiquettes, etc. Fig. Avoir ville gagnée, se dit de toute difficulté surmontée. La grande ville, Paris. Poétiquement. La ville éternelle, la ville de Rome. Villes saintes, Jérusalem, Médine et la Mecque. Terme de numismatique. Médailles des villes, celles qui ont été frappées dans les villes autonomes de l'antiquité, et qui en portent le nom ou les emblèmes. Terme d'ancienne coutume. Ville d'arrêt, ville où un créancier pouvait procéder par saisie et voie d'arrêt sur les biens de ses débiteurs forains qui y étaient trouvés. Terme d'ancienne coutume. Perdre la ville, être banni ; rendre la ville, rappeler de l'exil.

    Elle [la paix] met les pompes aux villes. Donne aux champs les moissons fertilesMalherbe (1555-1628)

    C'est une ville de guerre fort pauvre, les maisons mal entendues et malpropresPellisson (1624-1693)

  2. Absolument. La ville, dite par opposition à la campagne. Être à la ville, n'être point à la campagne. Il se dit aussi par opposition à la cour. Il se dit de la capitale par opposition à la province.

    Belleau ne parle pas comme on parle à la villeMathurin Régnier (1573-1613)

    Une demoiselle habillée moitié ville, moitié campagneScarron (1610-1660)

  3. Les habitants d'une ville. Bruit de ville, nouvelle incertaine ou fausse.

    Assez de sots sans moi feront parler la ville, Disait, le mois passé, ce marquis indocileBoileau (1636-1711)

    ....verras-tu d'un esprit bien tranquille Chez ta femme aborder et la cour et la ville ?Boileau (1636-1711)

  4. Le corps de ville, ou, simplement, la ville, les officiers municipaux. L'hôtel de ville, la maison de ville, l'hôtel, la maison où se réunit le conseil municipal. Elliptiquement. La ville, l'administration municipale, l'hôtel de ville. On dit de même : Emprunt de la ville de Paris, etc. Il avait une partie de son bien sur la ville, il avait une partie de son bien en rente sur l'hôtel de ville de Paris. Sergent de ville, voy. SERGENT.

    Messieurs de ville eurent en vérité bonne part de l'honneur en cette illustre fêteLa Fontaine (1621-1695)

    La ville, mais sans le gouverneur, alla saluer Mme de Lorraine au Palais-RoyalSaint-Simon (1675-1755)

Étymologie : Wallon, veie ; bourg. velle ; provenc. vila, maison de campagne, et aussi ville ; espagn. et ital. villa ; du lat. villa, maison de campagne, qui est le diminutif de vicus, archaïque veicus, village ; sanscr. veça, maison. Beaucoup de maisons de campagne latines étant devenues l'origine de villages, de bourgs, de cités, villa a dans le français pris le sens de ville.

Historique : XIe s. Quatre hommes ou de burt [bourg] ou de vile XIIe s. Venu sont à Hauteme, s'ont la vile brisie XIIIe s. Ensi se hebergierent devant la tour, en la Juierie, qu'on appeloit Lestanor, où il [y] avoit moult bone vile et riche Lavile [villa] seoit en un bos, Moult i ot gelines et cos, Anes [canes], malarz et jars et oes Les bones viles de commune, et celes meismes là ù il n'a point de commune.... doivent estre gardées en tel maniere, que.... L'autre maniere de compaignie qui se fet par reson de communalité, si est des habitants es viles où il n'a pas communes, k'on apele viles bateices XIVe s…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 17 sens

n. f.

  1. Assemblage ordonné d’un nombre assez considérable de maisons disposées par rues, et limitées souvent par une enceinte. Ville close de murailles. Ville fermée. Ville ouverte. Ville démantelée. Ville forte. Ville maritime. Ville frontière. Ville marchande. Ville d’eaux. La ville de Rouen. La ville et ses faubourgs. La ville haute et la ville basse. La ville neuve. La vieille ville. Se promener dans une ville. Errer par la ville. Il est allé faire un tour de ville, un tour en ville. J’ai parcouru tous les quartiers de la ville. Il demeure au centre, au coeur de la ville, à l’autre bout de la ville. Il court un bruit par la ville, dans la ville. Il possède une maison de ville et une maison des champs.

  2. La Ville éternelle se dit de la Ville de Rome.

  3. Ville libre. Voyez

  4. LIBRE.

  5. Le corps de ville ou simplement La ville se disait du Corps des officiers municipaux. Le corps de ville fut présenté au roi.

  6. Hôtel de ville, maison de ville, Hôtel, maison où se réunit habituellement le conseil municipal.

  7. Il avait une partie de son bien en rentes sur la ville, En rentes sur l’Hôtel de Ville de Paris.

  8. Sergent de ville. Voyez

  9. SERGENT.

  10. Toilette, tenue de ville, Toilette, tenue pour sortir le jour, par opposition à Toilette, tenue du soir, de soirée.

  11. Fam., être à la ville, N’être point à la campagne. être en ville, N’être pas actuellement chez soi. On dit aussi : Déjeuner, dîner en ville, Déjeuner, dîner dans une maison où l’on est invité. Travailler en ville, Aller travailler chez des particuliers.

  12. Fig. et fam., Avoir ville gagnée se dit en parlant de Toute difficulté vaincue, surmontée.

  13. Prov. et fig., Ville qui parlemente est à moitié rendue, Une personne qui écoute les propositions qu’on lui fait n’est pas éloignée d’accorder ce qu’on lui demande.

  14. VILLE se dit, par extension, de l’Ensemble des Habitants d’une ville. Toute la ville est allée au-devant de lui. Toute la ville parle de cette nouvelle.

  15. La ville et la cour s’est dit de l’Ensemble des gens de la bonne bourgeoisie de Paris et des nobles qui avaient entrée à la cour du roi.

  16. En termes d’Imprimerie, Ouvrages de ville, Travaux peu importants qui ne comportent qu’un on deux feuillets, comme les cartes, les menus, les annonces, etc.

  17. VILLE se dit encore, absolument, du Séjour des villes. de la vie qu’on y mène et des moeurs qui y règnent, par opposition au séjour, à la vie et aux moeurs de la campagne. J’aime mieux la ville que les champs. Il préfère la campagne à la ville.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée ville#64391.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.