soupir
nom, masculin · /supiʁ/
Usage : fréquent (22 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Respiration forte et prolongée, exhalée sous l'effet d'une émotion, d'un soulagement ou d'une fatigue.
Elle laissa échapper un soupir de soulagement en apprenant la nouvelle.
« Le christianisme a inventé l'orgue, et donné des soupirs à l'airain même »Chateaubriand (1768-1848)
« Hélas ! combien de fois la pauvre Chaillot m'a-t-elle prédit que le premier soupir de ton cœur ferait le destin de ta vie ! »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Musique. Signe musical indiquant un silence d'une durée équivalente à une noire, dans la notation rythmique.
Il faut compter un soupir après cette note, sinon le rythme se perd.
Le dernier soupir, le moment où une personne rend son dernier souffle, meurt.
Le vieil homme a rendu son dernier soupir dans son sommeil.
« Cette douleur l'agitait, de sorte qu'il semblait à chaque moment qu'elle allait rendre les derniers soupirs »Bossuet (1627-1704)
« C'est vous, divine Providence, qui m'avez conduit en ces lieux, pour recevoir les derniers gages de son amitié, et pour recueillir les derniers soupirs de sa pénitence »Fléchier (1632-1710)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : pousser un soupir de soulagement · recueillir le dernier soupir de quelqu'un · rendre le dernier soupir
Grammaire et formes (2)
- soupirs : pluriel · /supiʁ/
- soupir : singulier · /supiʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 7 sens
s. m.
Respiration plus forte et plus prolongée qu'à l'ordinaire et qui est causée soit par quelque gêne physique, soit par quelque trouble moral ; le soupir est causé par une contraction lente et volontaire du diaphragme, tandis que le sanglot est dû à une contraction involontaire et spasmodique de ce muscle. Pousser des soupirs. Par extension. Familièrement. Tirer des soupirs de ses talons, soupirer profondément.
Vous faisiez de grands soupirs dans cette église [de la Visitation, à Moulins].... j'en faisais de bien douloureux de mon côtéMme de Sévigné (1626-1696)
Ici je fis un soupir, mais de ces soupirs qui nous échappent quand on nous dit quelque chose qui adoucit le chagrin où nous sommesMarivaux (1688-1763)
Fig. et poétiquement. Il se dit quelquefois de sons vagues qui se font entendre.
Le christianisme a inventé l'orgue, et donné des soupirs à l'airain mêmeChateaubriand (1768-1848)
La flûte dans les bois, et ces chants sur les mers Arrivaient jusqu'à nous sur les soupirs des airsLamartine (1790-1869)
Fig. Gémissement, regret causé par quelque passion ou quelque chagrin. Un cœur gros de soupirs.
Mon cœur est sans soupirs, mes yeux n'ont point de larmesPierre Corneille (1606-1684)
La grâce a déjà mis la princesse en défense ; ni la gloire ni la jeunesse n'auront d'elle un soupirBossuet (1627-1704)
Fig. Gémissement d'amour. C'est l'objet de ses soupirs, se dit d'une fille, d'une femme dont quelqu'un est fort amoureux.
Je suis au désespoir que l'amour me contraigne à pousser des soupirs pour ce que je dédaignePierre Corneille (1606-1684)
Elle [l'Église] ne reconnaît ses enfants que par les soupirs qu'ils poussent sans cesse vers leur patrieMassillon (1663-1742)
Dernier soupir, derniers soupirs, le dernier moment de la vie. Recevoir, recueillir les derniers soupirs de quelqu'un, l'assister à ses derniers moments. Rendre le dernier soupir, les derniers soupirs, mourir.
Puissé-je.... Voir le dernier Romain à son dernier soupir, Moi seule en être cause et mourir de plaisir !Pierre Corneille (1606-1684)
Et quel est notre aveuglement, si, toujours avançant vers notre fin, et plutôt mourants que vivants, nous attendons les derniers soupirs pour prendre les sentiments que la seule pensée de la mort nous devrait inspirer à tous les moments de notre vie ?Bossuet (1627-1704)
Populairement. Soupir d'ivrogne, éructation causée par les vapeurs du vin.
Terme de musique. Silence qui équivaut à une noire. Signe ayant à peu près la forme d'une virgule et qui indique ce silence. Demi-soupir, signe de silence d'une durée égale à la valeur d'une croche. Quart de soupir, signe de silence représentant la valeur d'une double croche. Huitième de soupir, signe de silence représentant la valeur d'une triple croche. On dit quelquefois demi-quart de soupir. Seizième de soupir, signe de silence représentant la valeur d'une quadruple croche.
Étymologie : Bourguig. sôpir ; wallon, sospeur ; provenç. sospir, sospire ; catal. suspir ; esp. suspiro ; ital. sospiro ; du lat. suspirium (voy. SOUPIRER).
Historique : XIIe s. Charles se dresse, si a fait un sospir De mil souspirs que je li doi par dete Mais cil qui Deu cremirent et qui l'orent amé, En unt od [avec] grief suspir celéement pluré XIIIe s. Quant s'estoit relevée, moult grans souspirs [elle] jetoit XVIe s. Lors il [la Boétie mourant] se teut, et attendit que les soupirs et les sanglots eussent donné loysir à son oncle de lui respondre Ils [les sauvages mis dans le cadre] ne cessent jusques au dernier soupir de les braver et desfier [leurs bourreaux] de parole et de contenance Il ne fallut qu'un souspir de probité pour lui faire oster [au chancel…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens
n. m.
Expiration prolongée qu’on laisse échapper sous l’influence d’un sentiment de tristesse, d’une émotion, d’une souffrance. Long soupir. Profond soupir. Soupir amoureux. Ardents soupirs. Tendres soupirs. Pousser de grands soupirs. Etouffer ses soupirs.
Dernier soupir, Dernier moment de la respiration, dernier souffle de la vie. Je vous servirai, j’aurai de la reconnaissance envers vous jusqu’à mon dernier soupir, jusqu’au dernier soupir.
Rendre le dernier soupir, Mourir. Recevoir, recueillir le dernier soupir de quelqu’un, L’assister à ses derniers moments.
SOUPIR, en termes de Musique, se dit d’un Silence qui équivaut à une noire. Prenez garde en chantant à bien marquer, à bien observer ces soupirs.
Il se dit aussi d’un Signe qui marque l’endroit où l’on doit observer un silence équivalent à une noire. Il y a un soupir marqué en cet endroit-là.
Demi-soupir, quart de soupir, huitième de soupir, Silence qui a la valeur d’une croche, d’une double croche, d’une triple croche.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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