sou
nom, masculin · /su/
Usage : fréquent (39 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Histoire. Ancienne monnaie française, valant cinq centimes de franc.
Dans le roman, le mendiant tend la main pour obtenir un sou.
Fig. Somme d'argent minime.
Cette réparation ne m'a coûté que quelques sous.
« Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit S'amassait d'une ou d'autre sorte, L'homme en avait sa part »La Fontaine (1621-1695)
Familier. Ne pas avoir un sou : être totalement dépourvu d'argent.
Il n'a pas un sou en poche et ne peut pas payer le repas.
« Mis dehors, pas le sou ; ne savoir chez qui vivre »Boursault (1638-1701)
« Cela est résolu ; il faut aujourd'hui même, quoique je n'aie pas le sou, que je me donne un habit neuf »David-Augustin de Brueys (1640-1723)
Amasser sou à sou : économiser peu à peu, par petites sommes.
Elle a constitué son capital sou à sou en travaillant pendant dix ans.
« Pissot, mon libraire.... me donnait toujours très peu de chose de mes brochures, souvent rien du tout.... il fallait attendre longtemps, et tirer sou à sou le peu qu'il me donnait »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
« Le peu qui lui restait a passé, sou par sou, En linge, en aliments, ici, là, Dieu sait où »Lamartine (1790-1869)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : briller comme un sou neuf · de quatre sous · être près de ses sous · être sans le sou · ne pas avoir un sou vaillant · propre comme un sou neuf · s'ennuyer à cent sous de l'heure
Grammaire et formes (2)
- sous : pluriel · /su/
- sou : singulier · /su/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 9 sens
s. m.
Sou d'or, monnaie de l'empire romain. Monnaie employée en France sous la première race. La taille de ces sous d'or était de soixante et douze à la livre. Sou d'argent, le vingtième de la livre d'argent.
Nous appelions, du temps de Charlemagne, une monnaie courante, faisant la vingtième partie d'une livre, un solide, du com romain solidum ; c'est ce solide que nous nommons un souVoltaire (1694-1778)
Supposé qu'une ville de France dût à une autre, au temps de Charlemagne, cent vingt sous ou solides de rente, soixante-douze onces d'argent ; elle s'acquitterait aujourd'hui de sa dette en payant ce que nous appelons un écu de six francsVoltaire (1694-1778)
Anciennement. Monnaie de compte, la vingtième partie de l'ancienne livre, valant douze deniers (l'ancienne livre avait d'abord valu effectivement une livre d'argent ; mais, de réduction en réduction, elle en était venue à ne valoir qu'un peu moins d'un franc). La monnaie de cuivre qui avait cette valeur. Un sou bien marqué. Un petit sou, manière des enfants de demander en aumône un sou. Un gros sou, pièce de monnaie valant deux sous. Terme d'ancienne pratique. Sou tournois, sou de douze deniers. Sou parisis, sou de quinze deniers. Sou marqué, ancienne pièce de cuivre valant quinze deniers. Au sou la livre, au prorata de ce que chacun a mis de fonds dans une entreprise. Cette expression vieillit. On dit habituellement : au marc le franc, ou mieux au centime le franc. Le sou pour livre, profit d'un vingtième. Avoir un sou dans une affaire de finance, y être pour un sou, pour deux sous, y avoir un vingtième, un dixième. Ces phrases ont vieilli. Ancien terme de finances. Avoir un sou en dehors, avoir le droit de lever, outre la somme principale, un sou par livre pour les frais de recouvrement. On a un sou en dedans, lorsqu'on a, pour profit, un sou par livre de la somme principale. Sou pour livre, se disait de certains droits additionnels qu'on payait en sus de la taxe ou du prix convenu ; c'est ce qu'on nomme aujourd'hui centimes additionnels.
Qu'un sou, quand il est assuré, Vaut mieux que cinq en espéranceLa Fontaine (1621-1695)
Valère est un vrai fou, Qui jouerait votre bien jusques au dernier souRegnard (1655-1709)
Aujourd'hui, la vingtième partie du franc, et valant cinq centimes. Une pièce de cent sous, une pièce de cinq francs. Propre comme un sou, très propre.
Je suis un sou de bon aloi, Mais en secret argentez-moi, Et me voilà fausse monnaieBéranger (1780-1857)
Familièrement. Il n'a pas un sou, pas le sou, il n'a sou ni double, ni sou ni maille, il n'a pas le sou vaillant, il n'a pas d'argent. Ne pas avoir le premier sou, n'avoir aucun argent disponible, prêt pour une dépense. N'en avoir pas le premier sou, en parlant d'une entreprise, d'un payement, n'avoir pas la moindre somme pour commencer une entreprise, une opération, ou effectuer un payement. Je dois rembourser cette semaine dix mille francs, je n'en ai pas le premier sou. Sans un sou, sans le sou, pas le sou, sans un sou comptant, sans argent. Ne pas pouvoir disposer d'un sou, n'avoir pas d'argent disponible. N'avoir pas un sou de quelque chose, n'en retirer aucun argent. Il n'a pas un sou de bien, il n'a aucune propriété. Ne pas laisser un sou, se dit de celui qui trompe l'espoir de son héritier, soit qu'il ne laisse rien, soit qu'il dispose de ce qu'il laisse en faveur d'autres personnes. Populairement. Il a mangé ses quatre sous, il a mangé son peu de fortune. Je veux conserver mes quatre sous.
Le roi rend à M. de Nevers toutes ses charges ; de sorte que cette belle, qui n'a pas un sou, lui vaut mieux que la plus grande héritière de FranceMme de Sévigné (1626-1696)
Toute la cour est pleine de joie et de plaisirs pour le mariage de Monsieur de Chartres et de Mademoiselle de Blois ; il y aura un grand bal, où tous ceux qui disent qu'ils n'ont pas un sou, font des dépenses de deux ou trois cents pistolesMme de Sévigné (1626-1696)
Familièrement. Cette terre vaut cent mille francs comme un sou, elle les vaut amplement.
Ce coquin-là vaut vingt mille livres de rente comme un sou, à un enfant de familleRegnard (1655-1709)
Mettre sou sur sou, épargner sur les plus petites choses pour amasser.
Sou à sou, sou par sou, par petites sommes.
Il va marchander avec eux sou à souLesage (1668-1747)
Pissot, mon libraire.... me donnait toujours très peu de chose de mes brochures, souvent rien du tout.... il fallait attendre longtemps, et tirer sou à sou le peu qu'il me donnaitJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Fig. Un sou, un peu.
Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit S'amassait d'une ou d'autre sorte, L'homme en avait sa partLa Fontaine (1621-1695)
Soudenier, sorte d'ancien impôt.
Ces divers droits.... sou-denier, travers....BOISGUILLEBERT
Étymologie : Bourguig. sô ; provenç. sol ; espagn. sueldo ; portug. et ital. soldo ; du lat. solidus, pièce d'or, proprement pièce entière, solide (voy. SOLIDE). Un sol qui se prononce un sou, comme un fol un fou, des ACCORDS, Bigarrures, t. I, p. 121, Paris, 1662.
Historique : XIe s. E cent solz de forfait XIIIe s. Sixante sols [un cheval] cousta, un an a, en certain [Le bailli] y met le seel de le [la] baillie, et prent pour le seel de le [la] livre un sol Mais li sers ne pot lessier en son testament plus grant somme que cinq sous Li arpens de bois, selonc drois pris, est prisiés dix sous l'arpent XVIe s. Un noble prince n'a jamais un sou ; thesauriser est fait de vilain Je veis avant hier un enfant que deux hommes et une nourrice.... conduisoient pour tirer quelque soul de le montrer à cause de son estrangeté....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 11 sens
n. m.
Pièce de cuivre ou de nickel valant cinq centimes. Donner un sou à un pauvre. Un petit sou.
Prov., Un sou est un sou.
Un gros sou, Une pièce de deux sous.
Le sou du franc, Remise, ordinairement d’un vingtième, faite par les fournisseurs aux domestiques qui font le marché.
Fam., Il n’a pas un sou, pas le sou; il n’a ni sou ni maille; il n’a pas un sou vaillant, Il n’a point d’argent.
Fam., Manger ses quatre sous, Dépenser, perdre le peu qu’on possédait.
Fam., Mettre sou sur sou, Amasser par petites sommes.
Fam., Cette propriété vaut cent mille francs comme un sou, Elle les vaut amplement.
Fam., Propre comme un sou neuf ou elliptiquement comme un sou, Très propre.
Fam., Il n’a pas de bon sens pour un sou, Il n’a pas du tout de bon sens.
Sou à sou, loc. adv. Par petites sommes. Il m’a payé sou à sou. Il a amassé sou à sou une petite fortune.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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