son
nom, masculin · /sɔ̃/
Usage : fréquent (58 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Ce qui est perçu par l'ouïe, vibration de l'air se propageant jusqu'à l'oreille : le son d'une cloche.
Le son de la sirène a réveillé tout le quartier.
« Jusqu'au son de sa voix, tout me pénètre en elle »Alexis Piron (1689-1773)
« Ces esprits frivoles Que tout flatteur endort au son de ses paroles »Boileau (1636-1711)
Résidu de la mouture des céréales, formé de débris de l'enveloppe des grains : du pain au son.
Ce pain complet contient beaucoup de son.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : entendre un autre son de cloche · faire l'âne pour avoir du son · son et lumière
Grammaire et formes (2)
- sons : pluriel · /sɔ̃/
- son : singulier · /sɔ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 3 · 4 sens
s. m.
Ce qui frappe l'ouïe, par l'effet de mouvements vibratoires rhythmiques et pendant quelque temps semblables à eux-mêmes, par opposition au bruit, où les mouvements sont confus, de durée et d'intensité inégales. Sons de combinaison, sons que l'on entend lorsqu'on produit simultanément deux sons de hauteur différente, intenses et soutenus ; sons de différence, sons caractérisés par ceci que leur nombre de vibrations est égal à la différence des nombres de vibrations des sons primaires ; sons de sommation, sons ayant un nombre de vibrations égal à la somme des nombres de vibrations des sons primaires (dénominations dues à Helmholz). Le son d'un écu, le bruit de l'argent. Fig. Prendre les lièvres au son du tambour, ne pas faire une chose avec tout le secret qu'elle demande. Son, par opposition à ce qui est effectif.
Sans être étourdi ni par le son des trompettes, ni par le bruit des canons, ni par le cri des blessésBossuet (1627-1704)
Ces esprits frivoles Que tout flatteur endort au son de ses parolesBoileau (1636-1711)
Particulièrement. Le son considéré au point de vue musical. Sons harmoniques, voy. HARMONIQUE. Sons antiphones, ceux qui, à la distance d'une ou plusieurs octaves, font consonnance entre eux. Sons ouverts, sons bouchés. La langue des sons, la musique.
Les propriétés du son les plus remarquables sont deux, savoir, ses différences considérées par rapport au temps ou à la durée, et par rapport à la force ou à l'intensité du son considéré en tant que grave ou aiguDescartes (1596-1650)
Lévites, de vos sons prêtez-moi les accordsJean Racine (1639-1699)
Il se dit des articulations d'une langue. Ne faire aucun son, ne pas être prononcée, en parlant d'une lettre.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre, ou le tour vicieuxBoileau (1636-1711)
Fuyez des mauvais sons le concours odieuxBoileau (1636-1711)
Terme de médecine. En plessimétrie, son fémoral, la matité absolue, comme celle que donne la percussion de la cuisse. Son humorique, celui que donne une cavité remplie d'humeur. Son intestinal, celui que rend l'intestin contenant des gaz. Son jécoral, la matité du foie. Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, il faut entendre les deux adversaires.
Étymologie : Prov. son, so ; catal. so ; esp. son ; portug. som ; ital. suono ; du lat. sonus ; comparez le gaél. soin, sian ; kimry, sain ; sanscrit, svana.
Historique : XIIe s. Mil grailles [trompettes] sonnent, moult en sont clair li son Et li douz sons de ruissel sor gravele Jo oï jà le sun de grant pluie XIIIe s. Amis, riens ne m'i vaut, sons, note ne estive [instrument de musique] ; Quant [je] ne vous puis veoir, [je] n'ai talent que plus vive Que on ne l'esveillast pas du son d'un tabur [tambour] Et chantoient et sons et lais, Et sonoient tinbres et tabors XVe s. Le Begue de Villaines, qui estoit tousjours en doute et en soing de son fait et en cremeur de tout perdre, ouit, ce luy sembla, le son de passer sur le pavement ; si dit : j'ay oui gens, sachons…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 3 sens
s. m.
Résidu de la mouture des grains, qui est principalement composé des débris de leur écorce. Fig. Fig. Moitié farine et moitié son, se dit de choses mêlées, et aussi moitié de gré, moitié de force. Son gras, celui dans lequel il reste beaucoup de farine. Eau de son, eau dans laquelle on a mêlé du son.
Le porc à s'engraisser coûtera peu de sonLa Fontaine (1621-1695)
C'est trop d'honneur que vous me faites ; et, si j'avais su ça tantôt, je n'aurais pas manqué de les laver [mes mains] avec du sonMolière (1622-1673)
Populairement, taches de rousseur. Elle a du son plein la figure.
Nom que les enfants donnent à la sciure qui remplit les poupées. Ventre de son et robe de velours, se dit de ceux qui, étant fort bien vêtus, font mauvaise chère chez eux.
Étymologie : Diez dit que son est l'anc. franç. son ou som, sommet : ce qui reste sur le haut du tamis ; et il cite l'espagn. soma, qui signifie fleur de farine. Il n'y a guère d'historique ; mais on ne peut écarter le bas-lat. seonnum, son, qui se trouve dans un texte du XIIIe siècle, et qui, appartenant à un document français, nous montre que l'ancienne forme était seon. Seon peut conduire à secundum (voy. l'Hist. de SELON) : ce serait donc la seconde mouture.
Historique : XVIe s. Son blé moulu, il le prend, il le sasse, Le son demeure et la farine passe Ajoutez : XIVe s. [Pour un cheval] deux boisseaulx de bran.... item après, boire de l'eau de riviere chauffée sur le feu, et y ait du son dedans une toile.... XVe s. Son ou bren, qui saillira de la farine
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée son#57710.