Aller au contenu

sommeil

sommeil

nom, masculin · /sɔmɛj/ ou /somɛj/

Usage : fréquent (80 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. État de repos physiologique caractérisé par la suspension de la conscience et de la vigilance.

    « Elle plaint le malheur de la nature humaine, Qui veut qu'en un sommeil où tout s'ensevelit Tant d'heures sans jouer se consument au lit »Boileau (1636-1711)

    « ... L'âme, vierge encor dans le sommeil des sens, Des folles passions ignore les tourments »Gabriel-Marie Legouvé (1764-1812)

  2. Besoin ou sensation de dormir, souvent accompagné d'une baisse de vigilance.

    J'ai sommeil, je vais me coucher.

    « Dans un lâche sommeil crois-tu qu'enseveli, Achille aura pour elle impunément pâli ? »Jean Racine (1639-1699)

  3. État d'inactivité ou de repos apparent, par analogie avec l'immobilité du sommeil, notamment pour un organe, une fonction ou un processus : la graine entre en sommeil pendant l'hiver.

    Le projet est en sommeil depuis plusieurs mois.

    « Le triste hiver, saison de mort, est le temps du sommeil, ou plutôt de la torpeur de la nature »Buffon (1707-1788)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : dormir du sommeil du juste · marchand de sommeil · mettre en sommeil · sommeil de plomb · tomber de sommeil

Grammaire et formes (2)
  • sommeils : pluriel · /sɔmɛj/ ou /somɛj/
  • sommeil : singulier · /sɔmɛj/ ou /somɛj/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 8 sens

s. m.

  1. Entier assoupissement des sens, ou, dans le langage physiologique, cessation momentanée de l'activité propre aux systèmes doués des propriétés de la vie animale. Demi-sommeil, état où le sommeil n'est pas profond. Par exagération. Un sommeil de mort, un très profond sommeil. Dans le style poétique ou oratoire. Les pavots du sommeil. Dans la mythologie, dieu qui était fils de la Nuit et frère de la Mort.

    Je dérobe au sommeil, image de la mort, Ce que je puis du temps qu'elle laisse à mon sortRotrou (1609-1650)

    Une nuit que chacun s'occupait au sommeil, Et mettait à profit l'absence du soleilLa Fontaine (1621-1695)

  2. Grande envie de dormir. Avoir sommeil. Tomber de sommeil.

    J'ai toujours cru et je le crois encore, que le sommeil est une chose invincibleLa Fontaine (1621-1695)

    Pour moi, fermant ma porte et cédant au sommeilBoileau (1636-1711)

  3. Terme de médecine. Maladie du sommeil, état nerveux particulier dans lequel le patient a une propension invincible pour le sommeil, qui se prolonge par accès jusqu'à cinq ou six jours et même beaucoup au delà, sans altération de la santé.

  4. Fig. En parlant de la mort. Il s'endormit du sommeil des justes.

    Sisara, ayant été tué de cette sorte, passa du sommeil naturel à celui de la mortLemaistre de Sacy (1613-1684)

    Dormez votre sommeil, riches de la terre, et demeurez dans votre poussièreBossuet (1627-1704)

  5. Fig. État d'inactivité, d'inertie. L'enfance est un sommeil.

    Dans un lâche sommeil crois-tu qu'enseveli, Achille aura pour elle impunément pâli ?Jean Racine (1639-1699)

    Et quels cœurs si plongés dans un lâche sommeil.... Ne s'empresseront pas à suivre notre exemple ?Jean Racine (1639-1699)

  6. Fig. Interruption comparée à un moment de sommeil. Repos.

    C'est ce qui se fait [trouver de l'argent casuel] en mangeant ici une partie de ce que me doit mon fils, et en réservant tout mon revenu pour le payement de mes dettes ; ce sommeil m'était d'autant plus nécessaire....Mme de Sévigné (1626-1696)

    Nous tâcherons de vous laisser respirer à Grignan jusqu'au mois d'octobre ; c'est pour ne pas interrompre ce sommeil que je n'ai point voulu que vous vinssiez à VichyMme de Sévigné (1626-1696)

  7. Sommeil d'hiver, engourdissement particulier qui saisit certains animaux, lorsque la température s'abaisse ; il dure des mois entiers. Sommeil d'été, phénomène qui s'observe chez quelques animaux. Les amphibies, durant la saison sèche, se couchent et tombent dans un état analogue au sommeil de l'hiver, d'où ils sortent à l'apparition de la saison pluvieuse.

  8. Sommeil des plantes, position particulière que certains organes des plantes, les feuilles principalement, prennent chaque jour, à l'approche de la nuit, et qu'elles conservent tant que dure l'obscurité.

    L'influence de la lumière sur le sommeil des feuilles et des fleursDE CANDOLLE

Étymologie : Wallon, someie ; provenç. sonelh ; du diminutif fictif somniculus, de somnus (voy. SOMME 3).

Historique : XVIe s. Elle rougissoit de honte de s'estre laissé vaincre au sommeil

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens

n. m.

  1. Interruption momentanée de certaines fonctions de l’activité vitale qui se produit surtout la nuit et procure le repos. Sommeil tranquille, doux, paisible. Sommeil inquiet, agité. Long sommeil. Sommeil léger. Dormir d’un profond sommeil. Troubler, interrompre le sommeil d’une personne. Cela porte au sommeil. Il n’a pas eu cette nuit un moment de sommeil. J’étais dans mon premier sommeil quand on est venu brusquement m’éveiller. On ne peut le tirer du sommeil. S’abandonner au sommeil. Sombrer dans le sommeil. S’arracher au sommeil.

  2. Par exagération, Un sommeil de mort. Un très profond sommeil. On dit dans un sens analogue Un sommeil de plomb.

  3. Figurément et poétiquement, S’arracher des bras du sommeil. Il passa des bras du sommeil dans ceux de la mort. Les pavots du sommeil.

  4. En termes de Médecine, Maladie du sommeil, Maladie infectieuse, qui est à l’état endémique dans l’Afrique occidentale, et qui est due à un micro-organisme transmis par la mouche tsé-tsé.

  5. SOMMEIL désigne encore une Grande envie, un grand besoin de dormir. Accablé de sommeil. Il n’en peut plus de sommeil. Le sommeil me gagne. Avoir sommeil. Tomber de sommeil. Vaincre le sommeil. Cette lecture donne sommeil.

  6. SOMMEIL s’emploie figurément en parlant de la Mort. Le sommeil de la mort. Le sommeil de la tombe. Il dort du sommeil éternel. Il s’endormit du sommeil du juste.

  7. Il se dit encore de l’état d’inactivité, d’inertie où se trouvent certaines choses. Le sommeil de la nature. Le sommeil de l’esprit. Le sommeil des sens.

  8. En termes de Botanique, Sommeil des plantes, état dans lequel les plantes ont leurs feuilles et leurs fleurs pliées ou fermées, ordinairement durant la nuit, et qui est dû à l’absence de la chaleur et de la lumière.

  9. Sommeil d’hiver, Engourdissement qui saisit certains animaux pendant l’hiver. Sommeil d’été, Sorte d’engourdissement qui, dans les pays chauds, saisit d’autres animaux durant la saison sèche.

  10. Fig., Laisser une affaire en sommeil, Ne pas s’en occuper pour le moment.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée sommeil#57680.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.