soif
nom, féminin · /swaf/
Usage : fréquent (34 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Sensation qui pousse à boire, provoquée par le besoin d'eau de l'organisme.
Après la marche, j'avais une soif terrible.
« Il [l'homme] sut qu'il n'était plus.... Qu'un chétif animal pétri d'un peu de terre, à qui la faim, la soif partout faisaient la guerre »Boileau (1636-1711)
« Il n'avait de goût onéreux Qu'une soif un peu vive »Béranger (1780-1857)
Désir intense et avide de quelque chose.
Il a une soif de reconnaissance qu'on ne comble jamais.
« Saint Grégoire a raison de dire qu'il [Dieu] a fait que nous ayons soif de lui, et qu'il reçoit comme un bienfait, quand nous lui donnons occasion de nous bien faire »Bossuet (1627-1704)
« Né ministre du dieu qu'en ce temple on adore, Peut-être que Mathan le servirait encore, Si l'amour des grandeurs, la soif de commander Avec son joug étroit pouvait s'accommoder »Jean Racine (1639-1699)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : garder une poire pour la soif · jusqu'à plus soif · rester sur sa soif
Grammaire et formes (2)
- soifs : pluriel · /swaf/
- soif : singulier · /swaf/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Sensation du besoin de boire, d'introduire des liquides dans l'estomac. Fig.
L'incommodité de la soif est incroyable, et inconcevable à qui ne l'a pas éprouvéeCardinal de Retz (1613-1679)
Il [l'homme] sut qu'il n'était plus.... Qu'un chétif animal pétri d'un peu de terre, à qui la faim, la soif partout faisaient la guerreBoileau (1636-1711)
Fig. Désir vif, immodéré.
Elle a soif de mon sang, elle a voulu l'épandrePierre Corneille (1606-1684)
Après m'avoir montré cette soif du baptêmePierre Corneille (1606-1684)
Fig. Grand besoin d'argent.
J'ai donné ce que j'avais d'argent, à cause du décri ; ainsi ma soif est grandeMme de Sévigné (1626-1696)
Ceux qui attendent mon argent ont grand'soifMme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Bourg. et saintong. soi ; Berry, soi, soué ; wallon, seu, s. m. ; provenç. set ; espagn. sed ; portug. sede ; ital. sete ; du lat. sitim, t changé en f, comme dans fief de feodum, mœuf de modus, etc.
Historique : XIIe s. Il posad flums [fleuves] en desert e eissemenz d'ewes en seid XIIIe s. Mais tu vendras [viendras] encor ça jus, à tot le moins qant auras soi, T'en convendra venir par moi. XVe s. Quant on s'en va sur la soif, Ce n'est jamais en bon escot XVIe s. Il n'a pas soif qui de l'eau ne boit
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens
n. f.
Désir, envie, besoin de boire. Soif brûlante, ardente, cruelle, pressante. Avoir soif. Mourir de soif. étancher sa soif. Ne boire qu’à sa soif. Boire sans soif. Cela fait passer la soif. Cela ne fait qu’exaspérer la soif. Je n’ai ni faim ni soif.
Fig. et fam., C’est la faim qui épouse la soif se dit de Deux personnes qui n’ont point de fortune et qui se marient.
Fig. et fam., Garder une poire pour la soif, Ménager, réserver quelque chose pour les besoins à venir.
Prov. et fig., On ne saurait faire boire un âne s’il n’a soif, qui n’a pas soif, On ne saurait obliger une personne entêtée à faire ce qu’elle n’a pas envie de faire.
SOIF signifie, au figuré, Désir immodéré, impatient. Soif de biens, d’honneurs, de pouvoir, de gloire, de vengeance. La soif de régner. La soif de l’or. être dévoré de la soif des grandeurs, des richesses. Il est dit dans l’évangile : Bienheureux sont ceux qui ont faim et soif de la justice.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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