sœur
nom, féminin · /sœʁ/
Définitions
Personne de sexe féminin née des mêmes parents qu'une autre, ou de l'un des deux seulement : elle a deux sœurs et un frère.
Ma sœur aînée habite à Lyon avec son mari et ses deux enfants.
« Jamais sœurs ne furent unies par des liens ni si doux ni si puissants »Bossuet (1627-1704)
« Elle vous plaint, vous voit avec des yeux de sœur »Jean Racine (1639-1699)
Religion. Titre donné à une religieuse appartenant à une communauté : sœur Marie dirige l'école.
La sœur infirmière a veillé le malade toute la nuit.
« La sœur grise court administrer l'indigent dans sa chaumière »Chateaubriand (1768-1848)
« Je ne vois plus ces sœurs dont les soins délicats Apaisaient la souffrance, ou charmaient le trépas »Jacques Delille (1738-1813)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- sœurs : pluriel · /sœʁ/
- sœur : singulier · /sœʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 9 sens
s. f.
Fille née du même père et de la même mère qu'une autre personne, ou née de l'un des deux seulement. Fig. Être sœur, avoir en commun quelque chose. Sœur de père et de mère, ou sœur germaine, celle qui est née de même père et de même mère qu'une autre personne. Sœur de père ou sœur consanguine, celle qui n'est sœur que du côté paternel. Sœur de mère ou sœur utérine, celle qui n'est sœur que du côté maternel. Les expressions sœur germaine, sœur consanguine et sœur utérine ne s'emploient guère qu'en jurisprudence. Demi-sœur, celle qui n'est sœur que du côté paternel ou du côté maternel. Sœur naturelle ou sœur bâtarde, celle qui est née de même père ou de même mère, mais hors du mariage. Belle-sœur, voy. ce mot à son rang alphabétique. Sœur de lait, fille qui a eu la même nourrice qu'une autre personne. Se dit des animaux. Ma chienne est la sœur de la vôtre.
Les habitants de ce pays-là lui demandant [à Isaac] qui était Rébecca, il leur répondit : c'est ma sœurLemaistre de Sacy (1613-1684)
Jamais sœurs ne furent unies par des liens ni si doux ni si puissantsBossuet (1627-1704)
Poétiquement. Les neuf Sœurs, les Muses. Les sœurs filandières, les Parques (voy. FILANDIÈRE).
Dieu ne fit la sagesse Pour les cerveaux qui hantent les noeuf SœursLa Fontaine (1621-1695)
Quelle verve indiscrète Sans l'aveu des neuf Sœurs vous a rendu poëte ?Boileau (1636-1711)
Nom qui fut longtemps donné aux chrétiennes par tous les membres de la chrétienté. Sœur en Jésus-Christ, se dit des femmes chrétiennes par rapport au Père qui est au ciel.
Titre que les rois de la chrétienté donnent aux reines en leur écrivant.
Il se dit, dans le langage élevé, de filles, de femmes qui vivent ensemble, sans être unies par les liens du sang. Nom que les religieuses qui ne sont point en charge ou qui n'ont point atteint un certain âge, prennent dans les actes publics, se donnent entre elles, et qu'on leur donne en leur parlant ou en parlant d'elles. La sœur Thérèse. Sœur Marie de l'Incarnation. Sœur colette ou collette, religieuse de l'ordre de Sainte-Claire. Fig. et familièrement. Faire la sœur collette, faire la sucrée, avoir des manières, un langage affecté. Sœurs laies, et, plus ordinairement, sœurs converses, les religieuses qui ne sont pas du chœur, qui ne sont employées qu'aux œuvres serviles du monastère. Sœur écoute, religieuse désignée pour accompagner une autre religieuse ou une pensionnaire qui va au parloir.
Que vous semble, mes sœurs, de l'état où nous sommes ?Jean Racine (1639-1699)
Vous m'étonnez de Pauline ; ah ! ma fille, gardez-la auprès de vous ; ne croyez point qu'un couvent puisse redresser une éducation ni sur le sujet de la religion que nos sœurs ne savent guère, ni sur les autres chosesMme de Sévigné (1626-1696)
Nom donné à certaines filles qui vivent en communauté sans être religieuses. Sœurs grises, nom qu'on a donné quelquefois aux sœurs hospitalières du tiers ordre de Saint-François. Sœurs du pot, filles qui vivent en communauté et qui soignent les malades. Fig.
Je vois que votre mal de gorge est opiniâtre ; mais je vous avertis qu'il est rare qu'un médecin guérisse ses malades à cent lieues, et qu'une sœur de la Charité fait plus de bien de près qu'Esculape de loinVoltaire (1694-1778)
Je ne vois plus ces sœurs dont les soins délicats Apaisaient la souffrance, ou charmaient le trépasJacques Delille (1738-1813)
Fig. Il se dit de choses assez liées ensemble pour qu'on les assimile à des sœurs.
Socrate.... n'aura pas voulu s'échapper de la prison contre l'autorité de ces lois [d'Athènes], de peur de tomber après cette vie entre les mains des lois éternelles, lorsqu'elles prendront la défense des lois civiles, leurs sœurs ; car c'est ainsi qu'il parlaitBossuet (1627-1704)
Oui, la sagesse aimable est sœur de la santé, Elle seule connaît le secret qu'on ignore D'assurer l'immortalitéCardinal de Bernis (1715-1794)
Fig. Il se dit de choses (du genre féminin) qui se répètent.
Cette nuit eut des sœurs et même en très bon nombreLa Fontaine (1621-1695)
Comme Charès, capitaine des Athéniens, après un grand avantage... écrivit au peuple d'Athènes qu'il avait remporté une victoire qu'on pouvait appeler la sœur germaine de celle de MarathonDACIER
Dans le Berry, tomber sur ses deux sœurs, tomber sur son séant.
Le bouillon des deux sœurs, un lavementSAUMAIZE
Étymologie : Bourg. soeu ; provenç. sor, seror ; espagn. sor ; portug. sor, sorore ; ital. sorore ; du lat. sororem ; comparez l'allem. Schwester ; angl. sister ; goth. swista ; sanscrit, svasri. Dans l'ancien français, suer (prononcez sœur) est le nominatif, du lat. sóror, avec l'accent sur so ; seror est le régime, de sorórem avec l'accent sur ró ; contre l'habitude, c'est le nominatif, et non le régime, qui est resté dans la langue moderne.
Historique : XIIe s. Se puis veïr ma gente sorur Alde.... XIIIe s. A l'entrée de quaresme.... se croisa li quens Bauduins de Flandre et de Haynaut, à Bruges, et la comtesse Marie sa feme, qui suer estoit au conte Thiebaut de Champaigne De là s'en ala-il vers le roi Phelipe d'Alemaigne qui sa serour avoit à fame [Simon a dit à sa femme :] Bele suer, où est Berte, pour sainte charité ? Li baron li disent que Henris li quens de Champagne, qui moult estoit larges, avoit une fille biele et gente, qui avoit non Aelis, et estoit suer germaine l'arcevesque Guillaume-blance-main Tombiele et ses deux sereurs L'avent…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
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