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sire

sire

nom, masculin · /siʁə/

Usage : d'usage courant (2.06 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Titre de respect employé pour s'adresser à un roi ou à un empereur.

    Sire, les ambassadeurs attendent dans la salle du trône.

    « Un homme comme lui, Bonaparte, soldat, chef d'armée, le premier capitaine du monde, vouloir qu'on l'appelle Majesté ; être Bonaparte, et se faire sire ! il aspire à descendre ! »Paul-Louis Courier (1772-1825)

    « Chimène : Sire, sire, justice. - D. Diègue : Ah ! sire, écoutez-nous »Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Péjoratif. Dans des expressions comme triste sire ou pauvre sire, individu peu recommandable ou sans valeur, dont on parle avec mépris ou ironie.

    Je ne ferais pas confiance à ce triste sire, il a déjà trahi deux associés.

    « Braque tes lunettes, vieux sire [Jupiter], Sur le front couronné par nous »Béranger (1780-1857)

    « Elle [Mme de Montbazon] disait à qui la voulait entendre que le pauvre sire [Beaufort] était impuissant »Cardinal de Retz (1613-1679)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : triste sire

Grammaire et formes (2)
  • sires : pluriel · /siʁə/
  • sire : singulier · /siʁə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 3 sens

s. m.

  1. Anciennement, titre donné à tous les seigneurs, soit justiciers, soit féodaux, et à plusieurs autres personnes. Le sire de Joinville a écrit l'histoire de saint Louis.

    Le perroquet dit : sire roi, Crois-tu qu'après un tel outrage Je me doive fier à toi ?La Fontaine (1621-1695)

    Le bon sire [le roi Soliveau] le souffre, et se tient toujours coiLa Fontaine (1621-1695)

  2. Par antonomase. Titre qu'on donne aux empereurs et aux rois.

    Chimène : Sire, sire, justice. - D. Diègue : Ah ! sire, écoutez-nousPierre Corneille (1606-1684)

    Puis en autant de parts le cerf il [le lion] dépeça, Prit pour lui la première en qualité de sireLa Fontaine (1621-1695)

  3. Familièrement. Il se dit en parlant d'une personne sur laquelle on s'exprime sans gêne. Un pauvre sire, un homme sans force, sans considération, sans capacité. Il se dit semblablement à une personne à qui l'on parle. Oui, sire, oui, beau sire.

    Grâces à messieurs les humains, Qui deviennent d'étranges siresScarron (1610-1660)

    Car chacun sait que vous méprisez l'or ; J'en fais grand cas ; aussi fait sire Pierre, Et sire Paul, enfin toute la terre : Toute la terre a peut-être raisonLa Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Provenç. sire, cyre, senhdre, senher, senhor ; catal. senyor ; espagn. señor ; portug. senhor ; ital. sire, sere, signore. L'étymologie de ce mot est restée longtemps obscure. Aujourd'hui il est établi que sire est le nominatif, et segnor le régime ; que sire est une atténuation de la forme primitive sendra ou sendre, laquelle représente le latin senior avec l'accent sur se ; et que segnor représente seniorem, avec l'accent sur O. Senior, qui signifie plus vieux, est le comparatif de senex (voy. SÉNILE et SÉNAT) ; l'autorité accordée à l'âge a fait passer le sens de vieillard à celui de seigne

Historique : IXe s. Et Karlus meos sendra [au nominatif] XIe s. Tu n'es mes hom, ne je ne sui tis sire Sire [il] est par mer de quatre cens dromonz [La lance] Dunt nostre sire [Jésus-Christ] fut en la cruiz naffret E lui aidez e pur seignur tenez Seignur barun, de Deu aiez vertut XIIe s. Biaux sire Diex, coment porai avoir Vraie merci ?... On ne puet pas servir à tant seignour Sire clerz, tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon Qui donc veïst le duc nostre seignor prier Qu'il ait merci de s'ame, com de son chevalier.... Lai [laisse] saint iglise aveir ses decrez e ses leis ; Ele est espuse Deu, qui…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens

n. m.

  1. Il se disait autrefois dans le sens de Seigneur. Le sire de Joinville a écrit l’histoire de saint Louis. Les sires de Coucy, de Beaujeu, de Créquy. On dit encore dans le langage familier et en plaisantant : Beau sire.

  2. Fam., C’est un pauvre sire, C’est un homme sans considération, sans capacité.

  3. SIRE est encore le Titre qu’on donne aux empereurs et aux rois, en leur parlant ou en leur écrivant.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée sire#57324.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.