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siège

Sur cette page : siège · siége

siège

nom, masculin · /sjɛʒə/

Usage : fréquent (44 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Meuble ou support destiné à s'asseoir : prendre un siège, le siège d'une voiture.

    Il a pris un siège près de la fenêtre.

  2. Lieu où est établi le centre d'une activité, d'une institution : le siège social d'une entreprise.

    Le siège de la banque se trouve à Lyon.

  3. Armée. Opération militaire par laquelle des troupes encerclent une ville ou une forteresse pour s'en emparer : le siège d'une citadelle.

    Le siège de la ville a duré six mois.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : état de siège · faire le siège de · siège éjectable

Grammaire et formes (2)
  • sièges : pluriel · /sjɛʒə/
  • siège : singulier · /sjɛʒə/

Témoignages historiques

Académie française, 8e édition (1935) · 21 sens

n. m.

  1. Meuble ou autre objet fait pour s’asseoir. Donnez un siège. Donnez des sièges. Apportez, avancez un siège. Prenez un siège. Un siège pliant.

  2. Sièges de paille, de jonc, de canne ou cannés de tapisserie, etc., Sièges dont le fond est garni de paille, de jonc, de canne, de tapisserie, etc.

  3. Sièges de pierre, de marbre, de gazon, Bancs de pierre ou de marbre, petites buttes de gazon qu’on pratique quelquefois dans des jardins. On dit dans un sens analogue : Siège rustique.

  4. Le siège d’un cocher, L’endroit où le cocher est assis pour conduire les chevaux et mener la voiture.

  5. Le siège d’une selle, La partie de la selle sur laquelle le cavalier est assis.

  6. SIÈGE désigne aussi la Partie du corps sur laquelle on s’assied. Bain de siège.

  7. Il désigne encore la Place où le juge s’assied pour rendre la justice. Le juge étant sur son siège.

  8. Il s’est dit également du Lieu où l’on rendait la justice, dans les juridictions subalternes. Allez au siège. Vous le trouverez au siège.

  9. Il s’est dit, par extension, du Corps et de la juridiction des juges subalternes. C’était l’usage de tel siège. Le ressort de ce siège était de telle étendue.

  10. SIÈGE se dit aussi d’une Place honorifique. Un siège de député. Il a perdu son siège au Sénat.

  11. Il se dit encore de l’Endroit où est établi quelqu’un, quelque chose. Le siège d’un tribunal, d’une cour. Le siège du gouvernement. Rome était le siège de l’Empire romain. Le siège d’une société. Siège social.

  12. Il désigne spécialement un évêché et sa juridiction. Siège patriarcal. Siège primatial. Siège épiscopal. Siège pontifical. En ce sens, on dit absolument : Cet évêque a occupé le siège tant d’années. Pendant la vacance du siège.

  13. Le Saint-Siège, le Siège apostolique, Le siège de Rome. Pendant la vacance du Saint-Siège, du Siège apostolique. Décisions du Saint-Siège.

  14. SIÈGE se dit aussi, figurément, du Lieu où certaines choses résident principalement, où elles dominent. Le cerveau est le siège de la pensée. Le siège du mal est dans tel organe.

  15. Il se dit en outre de l’établissement et des opérations d’une armée devant une place, pour l’attaquer, la prendre. Mettre le siège devant une place. Faire le siège d’une ville. Presser, pousser le siège. Le siège dura tant de jours, tant de mois. La ville de Troie soutint un siège de dix ans.

  16. Batteries de siège, Batteries construites par l’armée assiégeante. Pièces de siège, Bouches à feu particulièrement affectées à l’attaque des places.

  17. Lever le siège d’une place, Se retirer de devant une place qu’on assiégeait.

  18. Fig. et fam., Lever le siège, S’en aller, se retirer d’une compagnie.

  19. Fig., Mon siège est fait, Je ne reviendrai pas sur mon ouvrage qui est achevé, sur l’avis que j’ai exprimé, sur la résolution que j’ai prise. Je ne puis me rendre à vos raisons, j’en suis fâché, mon siège est fait.

  20. Journal de siège, Journal qui, suivant les règlements, doit être tenu par les autorités militaires dans une place assiégée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée siège#57373.

Entrées anciennes, hors de la nomenclature actuelle

Attestées par un témoin historique, absentes de la nomenclature contemporaine (Morphalou). Mots disparus.

siége

nom, masculin

Témoignages historiques

Littré (1873) · 13 sens

s. m.

  1. Meuble fait pour s'asseoir. Siéges de paille, de jonc, de cannes, de tapisserie, etc. siéges dont le fond est de paille, de jonc, de cannes, de tapisserie. Terme de tapissier. Siéges à l'anglaise, siéges triplement piqués. Siéges de pierre, de marbre, de gazon, bancs de pierre ou de marbre, petites élévations gazonnées qu'on dresse dans les jardins. On dit dans un sens analogue : siége rustique.

    Prends un siége, Cinna, prends, et sur toute chose Observe exactement la loi que je t'imposePierre Corneille (1606-1684)

    Ma chère, il faudrait faire donner des siégesMolière (1622-1673)

  2. Le siége d'un cocher, l'endroit où le cocher est assis pour conduire la voiture. Le cocher était sur le siége. Il monta sur le siége et se mit à côté du cocher. Le siége d'une selle, la partie sur laquelle le cavalier s'assied. Faux siége ; il sert de base au siége, et est composé de sangles et de toile. Étoile de seconde grandeur placée dans la constellation de Pégase.

  3. Maçonnerie en contre-haut du sol d'un cabinet d'aisance, sur laquelle on s'appuie. Siége à l'anglaise, siége composé d'un bâti dormant et de plusieurs trappes mouvantes.

  4. Terme de marine. Assemblage de roues, montants, traverses, molettes, servant au commettage de certains cordages.

  5. La partie inférieure du corps sur laquelle on s'asseoit. Un bain de siége. L'anus. Mettre des sangsues au siége.

  6. Place où le juge s'assied pour rendre la justice. Le juge était dans son siége, sur son siége.

  7. Lieu où l'on rendait la justice dans les juridictions subalternes. Par extension, le corps et la juridiction de ces juges. Siége royal. Siége présidial Le ressort de ce siége était de telle étendue.

    Je lui suis bien obligé, madame ; si elle a jamais quelque procès en notre siége, elle verra que je n'oublierai pas l'honneur qu'elle me fait, de se rendre auprès de vos beautés l'avocat de ma flammeMolière (1622-1673)

  8. Évêché et sa juridiction. Siége patriarcal. Siége primatial Siége épiscopal. Siége pontifical. En ce sens il se dit absolument. Cet évêque a tenu le siége pendant tant d'années. Le saint-siége, le siége apostolique, le siége du chef de l'Église catholique. Le saint-siége fut transféré à Avignon, le pape alla résider à Avignon avec toute la cour pontificale.

    Il se fit cinq siéges, que dans la suite des temps on appela patriarcaux ; la préséance leur était donnée dans les conciles ; entre ces siéges, le siége de Rome était toujours regardé comme le premier, et le concile de Nicée régla les autres sur celui-làBossuet (1627-1704)

    Innocent XI, qui remplit aujourd'hui si dignement le premier siége de l'ÉgliseBossuet (1627-1704)

  9. Capitale de certains empires. Fig. Le siége de l'empire fut quelque temps à Ravenne, l'empereur Honorius demeura quelque temps à Ravenne. Le siége d'un tribunal, d'une cour, le lieu où réside un tribunal, une cour de justice. On dit de même : le siége du gouvernement. Sous l'ancienne monarchie, Versailles était le siége du gouvernement.

    Le siége en [de l'empire assyrien] fut établi à Ninive, ville ancienne et déjà célèbre, mais ornée et illustrée par NinusBossuet (1627-1704)

    Quatre ans après, l'empereur rebâtit Byzance, qu'il appela Constantinople, et en fit le second siége de l'empireBossuet (1627-1704)

  10. Lieu où certaines personnes ont leur principale résidence. Fig.

    Quoiqu'elle [une compagnie de commerce] ait des agents à Bone et à Calle, c'est à Calle qu'est le siége de ses opérationsRaynal (1713-1796)

    L'ignorance naturelle, qui est le vrai siége de l'hommePascal (1623-1662)

  11. Lieu où certaines choses ont, pour ainsi dire, leur demeure. Athènes était le siége des beaux-arts. Fig.

    Il lui promit une terre (ce fut celle de Chanaan), pour servir de demeure fixe à sa postérité, et de siége à la religionBossuet (1627-1704)

    Maître de cette ville [Jérusalem], il y établit, par ordre de Dieu, le siége de la royauté et celui de la religionBossuet (1627-1704)

  12. Terme de médecine. Siége d'une maladie, le lieu du corps où gît l'altération matérielle dont l'existence ou la disparition coïncide avec la présence ou la cessation des phénomènes morbides.

  13. Ensemble des opérations que fait une armée pour attaquer une place et la prendre, à l'aide de travaux de terrassement combinés avec l'usage de ses armes ; ainsi dit parce que l'armée assiégeante établit pour ainsi dire son siége, sa demeure autour de la place assiégée. Fig. Batteries de siége, batteries construites par l'armée assiégeante. Pièces de siége, les bouches à feu plus particulièrement affectées au service dans les siéges. Affût de siége, affût d'une pièce de siége. La guerre des siéges, l'art militaire considéré dans l'exécution des siéges. Une guerre de siéges, une guerre où l'on fait beaucoup de siéges. Couvrir un siége, empêcher que des troupes venues du dehors n'attaquent et ne dérangent les assiégeants. Lever le siége d'une place, se retirer de devant une place qu'on assiégeait. Fig. et familièrement. Lever le siége, s'en aller, quitter une compagnie. Fig. Mon siége est fait, mon parti est pris, mon opinion est formée, par allusion à l'abbé de Vertot, qui, ayant longtemps attendu en vain des notes exactes sur le siége de Rhodes, en avait terminé l'histoire avant qu'elles arrivassent, et se contenta de dire : J'en suis fâché, mais mon siége est fait. Herbe de siége, la scrofulaire aquatique ; ce nom vient de ce qu'au siége de la Rochelle les feuilles de cette plante servirent exclusivement, assure-t-on, à défaut d'autres médicaments, pour panser les protestants qui défendaient cette place. État de siége, état des places fortes dans lequel les pouvoirs passent de l'autorité civile à l'autorité militaire. L'état de siége peut être déclaré par une loi ou un décret ; il résulte nécessairement de l'investissement ou de toute tentative de l'ennemi contre la place. En temps de paix, suspension, pour cause de révolte ou de sédition, de l'action des lois, et mise d'une ville, d'une province sous le régime militaire. En 1832, après l'insurrection des 5 et 6 juin, Paris fut mis en état de siége.

    M. le Duc fait le siége de LimbourgMme de Sévigné (1626-1696)

    Un capitaine également redoutable dans les siéges et dans les bataillesBossuet (1627-1704)

Étymologie : Wallon, sîg, établissement ; prov. setge, sege, siége d'une place de guerre, et ses, siége ; ital. sedio, seggio. Le vieux français a deux formes : siet et siege, toutes deux masculines, qui supposent un bas-lat. sedium ou sidium ; comparez le lat. obsidium, de sedere (voy. SEOIR 1).

Historique : XIe s. Al siege [en sa demeure] ad Aix en serez amenet Sieges arez al greignor pareïs [paradis] Il vint à Ais le mellor siet de France XIIe s. Que s'il le vunt devant l'apostolie apeler, K'ensi le purrunt bien de sun sié deposer E ore ai fait temple e à tun ues [ton service], où tu purras, se tes plaisirs est, habiter en sied estable parmanablement XIIIe s. Sangs est chaus et moistes, et a son siege au foie À Rome.... U est du mund li maire sege [le plus grand siége du monde] Si vous dirons dou roi qui tenoit son siege devant Damiette Touz cilz qui ont cordouan ou bazanne en la foire St Ladre,…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0, entrée SIÉGE.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.