prouesse
nom, féminin · /pʁuɛsə/
Usage : d'usage courant (3.15 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Action remarquable et difficile à réaliser, qui témoigne d'une habileté, d'un courage ou d'une force exceptionnels
Le gymnaste a réussi une prouesse technique.
Synonyme : exploit.
« Mais bientôt, rappelant son antique prouesse, Il [le prélat] tire du manteau sa dextre vengeresse »Boileau (1636-1711)
« Ces pleurs vont enfanter d'incroyables prouesses »Casimir Delavigne (1793-1843)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- prouesses : pluriel · /pʁuɛsə/
- prouesse : singulier · /pʁuɛsə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Action de preux, vaillance.
Le lion, terreur des forêts, Chargé d'ans et pleurant son antique prouesseLa Fontaine (1621-1695)
Et déjà dans le port Tout retentit de nos prouessesMolière (1622-1673)
Familièrement, il se dit de choses comparées à des prouesses. Conter ses prouesses, raconter ce qu'on a fait de vaillant soit à la guerre, soit ailleurs. Ironiquement. Voilà une belle prouesse, se dit de quelque action blâmable ou ridicule.
Le comédien Destin fit des prouesses à coups de poing, dont on parle encore dans la ville du MansScarron (1610-1660)
Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses, Se retranchant toujours sur leurs sages prouessesMolière (1622-1673)
Certains excès de débauches.
Leurs prouesses sont d'avoir bu d'autantLE P. SIM. MARS
Le duc de Lauzun fit le lendemain [de ses noces] trophée de ses prouessesSaint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Preux ; prov. proeza ; cat. proesa ; espagn. proeza ; ital. prodezza.
Historique : XIe s. Qui de son cors feïst tantes proecces. XIIe s. [il] Ne fud pas de la pruesce as treis premiers [ci-dessus nommés] XIIIe s. Tout ainsi com la nois [neige] remest [se fond] Quant li rais du soleil l'ataint, Tout ainsi remest et estaint El cuer de l'home la proesche, Si tost qu'avarice l'esteche Et quant aucuns à honor monte Par son sens ou par sa proece, C'est la chose qui plus la blece [l'envie] Après, te garde de retraire Chose des gens qui face à taire : N'est pas proesce de mesdire XIVe s. Celle vertu que l'en seult en françoys appeller proesce XVe s. Et me sambloit, à voir enquerre […
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. f.
Action de preux, vaillance. Dans cette extrémité il se rappela son antique prouesse. Cette armée aussi célèbre par ses prouesses que par ses malheurs. Dans ce sens on l’emploie aussi ironiquement. Il va partout contant ses prouesses.
Il se dit, figurément et par plaisanterie, de Certains excès, surtout d’un excès de débauche.
Ironiquement, Voilà une belle prouesse, se dit en parlant de Quelque action ridicule ou blâmable.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée prouesse#49697.