précaution
nom, féminin · /pʁɛkosjɔ̃/ ou /pʁekosjɔ̃/
Usage : fréquent (23 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Mesure prise à l'avance pour prévenir un risque ou éviter un inconvénient
Il a pris la précaution de sauvegarder ses fichiers avant la mise à jour.
« J'aime mieux craindre sans sujet que de m'exposer sans précaution »Beaumarchais (1732-1799)
« Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Mesure de prudence prise pour éviter un risque ou un inconvénient dans une situation donnée.
Il manipule ces produits avec beaucoup de précautions.
« Tous les raisonnements que l'on fait sur ces malheureux états du mariage [l'infidélité de la femme] vont à conclure que les précautions sont inutiles avant le mal, et la vengeance odieuse après »Antoine Hamilton (1646-1720)
« Je ne sortis pas de la journée ; je m'étais purgée par précaution »Dancourt (1661-1725)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : par mesure de précaution · précautions oratoires · s'entourer de précautions
Grammaire et formes (2)
- précautions : pluriel · /pʁekosjɔ̃/ ou /pʁɛkosjɔ̃/
- précaution : singulier · /pʁekosjɔ̃/ ou /pʁɛkosjɔ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Ce qu'on fait par prévoyance, pour éviter un mal.
Borée et le Soleil virent un voyageur Qui s'était muni par bonheur Contre le mauvais temps ; on entrait dans l'automne, Quand la précaution aux voyageurs est bonneLa Fontaine (1621-1695)
Il me semble que nous ne serons pas surpris, et que nous avons assez bien pris nos précautionsMme de Sévigné (1626-1696)
Circonspection, ménagement. Se conduire avec précaution.
Tant de précaution commence à me lasserPierre Corneille (1606-1684)
Terme de rhétorique. Toute forme de style par laquelle on cherche à éviter ce qu'il y a de blessant dans ce qu'on va dire. La précaution se rapporte à l'euphémisme, ce n'est pas une figure particulière. Précautions oratoires, certains ménagements que prend l'orateur pour se concilier la bienveillance de ses auditeurs. Trop de précaution nuit.
Lecteurs, ne craignez pas de moi des précautions indignes d'un ami de la véritéJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Étymologie : Lat. praecautionem, de prae, en avant, et cautio, garde (voy. CAUTION).
Historique : XVIe s. Il faut marcher en ces aultres amitiez [les amitiés ordinaires] la bride à la main, avecques prudence et precaution Que s'ils veulent prester leur mains, tant à la vengeance d'une si grande perfidie qu'à la precaution d'un peril tant eminent Que nous troublions le roiaume par precaution du trouble, comme nous mettans en l'eau de peur de la pluie
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. f.
Ce qu’on fait par prévoyance, pour ne pas tomber en quelque inconvénient, pour éviter quelque mal. Précaution nécessaire. Précaution inutile. Prendre ses précautions. Apporter toutes les précautions nécessaires à une chose. User de précaution. Prendre certaines mesures par précaution.
Précautions oratoires, Moyens détournés qu’on emploie pour se concilier la bienveillance de ses auditeurs, ou pour affaiblir des préventions qui seraient contraires à l’objet qu’on se propose.
PRÉCAUTION signifie aussi Circonspection, ménagement, prudence. On ne doit attaquer certains préjugés qu’avec précaution. Se conduire avec précaution.
Prov., Trop de précaution nuit, Une précaution excessive tourne souvent au désavantage de celui qui la prend.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée précaution#49820.