panne
nom, féminin · /panə/
Usage : fréquent (18 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Arrêt accidentel du fonctionnement d'un appareil, d'un véhicule ou d'un mécanisme.
La voiture est tombée en panne sur l'autoroute.
« Au commencement du XVIIe siècle, mettre en panne, c'était mettre à la bande ou faire pencher un vaisseau sur un bord avec ses voiles, pour étancher quelque voie d'eau qui se trouvait de l'autre bord »Auguste Jal (1795-1873)
« Nous la passâmes [la nuit] en panne sous les huniers, tous les ris pris et le cap au large »Bougainville (1729-1811)
Cuisine. Couche de graisse située sous la peau du porc, utilisée notamment en charcuterie.
Les rillettes se préparent souvent avec de la panne de porc.
« L'orateur voulut d'abord lui faire la révérence ; mais les trois étages de son menton et la panne épaisse et ferme de son ventre ne laissaient pas assez d'espace et de jeu pour y faire de nouveaux plis »Furetière (1619-1688)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : être en panne d'inspiration · panne sèche
Grammaire et formes (2)
- pannes : pluriel · /panə/
- panne : singulier · /panə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 2 sens
s. f.
Étoffe fabriquée à la façon du velours et de même largeur, mais dont le poil est plus long et moins serré. Employé seul, panne s'entend toujours de la panne de soie. Manteau doublé de panne. Terme de blason. Fourrure de vair ou d'hermine. Panne isabelle, variété d'anémone à peluches.
Un de ses frères [du président Jeannin] se piquait tellement de belles mains, qu'il ne les montrait que sur de la panne noire pour les faire paraître encore plus blanchesTALLEM. DES RÉAUX
Le velouté des pannes, soit en poil, soit en laine, sera toujours d'une même matière, et sans aucun mélange
Populairement. Être dans la panne, être dans la misère (probablement panne signifie ici haillon).
Étymologie : Prov. penna, pena, panne, et aussi paroi ; anc. esp. peña ; bas-lat. panna. Diez le tire du latin penna, plume, qui, il est vrai, n'a jamais eu le sens d'étoffe veloutée, mais par l'intermédiaire de l'allemand Feder, qui a signifié plume et velours, et qui aurait été traduit par penne dans les langues romanes. Il est peut-être plus naturel d'y voir une forme féminine du latin pannus, étoffe ; non sans influence de panus, fil de tisserand, à en juger par des textes où pienne signifie fil.
Historique : XIIIe s. Dou mantiel fu la pene chiere Delez la penne de l'escu Parmi l'espaule l'a feru Et le jayant [géant] parmi la pane De l'escu le fiert de sa mache Les robes et les pennes grises Quar il la trova el chastel Afublée d'un viez mantel, Dont la pane le drap passoit XIVe s. On ne peut tixtre en une couverture de laine plus de deux aulnes de piennes, puisqu'il y a lisieres Ce iert [ce sera] bien dras selonc la penne XVe s. Plus donnons à notre dite belle seur deux de nos pannes, l'une de martre, et l'autre d'armines, des meilleures de nos longues robes
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 5 · 1 sens
s. f.
Nom donné, dans nos départements du Nord, à une tuile ayant la forme de deux tuiles faîtières, réunies de telle sorte que la coupe transversale serait une espèce d'S.
On se sert de pannes pour couvrir les maisonsBenjamin Legoarant (1792-1863)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 4 · 1 sens
s. f.
Pièce de bois posée horizontalement sur la charpente d'un comble pour porter les chevrons. Panne de brisis, celle qui soutient le pied des chevrons à l'endroit où le comble est brisé.
Étymologie : Autre forme de pan, dans le sens de pièce, morceau.
Historique : XIVe s. Pour la couverture du four, pour essaule et painne, douze sols XVIe s. Si aucun veut lever sa maison plus haut que celle de son voisin, doit mettre une panne de bois de son costé
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 6 · 1 sens
s. f.
Partie du marteau opposée au gros bout, ou tête. Frapper de panne. Terme de métallurgie. Partie inférieure du marteau par laquelle s'opère la percussion.
Étymologie : Allem. Bahn, panne du marteau.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 3 · 2 sens
s. f.
Terme de marine. Guipon de panne, morceaux d'une grossière étoffe de laine, cloués à l'extrémité du bâton, dont les calfats se servent pour étendre le brai.
Mettre en panne, brasser certaines voiles sur le mât pour équilibrer celles qui reçoivent le vent sur leur face postérieure et arrêter par là l'élan du navire. Rouler panne sur panne, se dit d'un navire qui roule beaucoup et dont les oscillations sont également grandes à droite et à gauche. Fig. et familièrement. Se tenir en panne, rester en panne, cesser d'agir en attendant un moment plus favorable. Panne sèche, se dit lorsqu'on met en panne sans aucune voilure, et par le seul effet de la barre du gouvernail ; dans les autres cas on dit panne courante.
En panne, se dit de l'état où est un navire, lorsque, une partie de ses voiles tendant à le faire aller en avant et l'autre partie le poussant vers l'arrière, il reste, sinon absolument immobile, du moins s'agitant presque sur place, dérivant un peu et ne faisant pas de routeAuguste Jal (1795-1873)
Nous la passâmes [la nuit] en panne sous les huniers, tous les ris pris et le cap au largeBougainville (1729-1811)
Étymologie : Le même que panne 1, c'est-à-dire pièce d'étoffe, ici appliqué aux voiles.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 1 sens
s. f.
Graisse qui garnit la peau du cochon et de quelques autres animaux.
L'orateur voulut d'abord lui faire la révérence ; mais les trois étages de son menton et la panne épaisse et ferme de son ventre ne laissaient pas assez d'espace et de jeu pour y faire de nouveaux plisFuretière (1619-1688)
Étymologie : Génev. penne, graisse du ventre d'un porc. Peut-être, par assimilation à une étoffe, est-il le même que le précédent.
Historique : XIIIe s. Sains [graisse] fondus ne doit point de coustume à Petit-pont, ne penne d'oint ne doit noiant
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 1 sens
n. f.
Graisse qui se trouve sous la peau du porc et de quelques autres animaux, principalement au ventre.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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