naufrage
nom, masculin · /nofʁaʒə/
Usage : d'usage courant (7.33 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Destruction ou perte d'un navire en mer, par submersion ou échouement.
Le naufrage du cargo a fait deux victimes.
« Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages »Boileau (1636-1711)
« Ceux qui sont échappés du naufrage disent un éternel adieu à la mer et aux vaisseaux »Bossuet (1627-1704)
Échec total, effondrement d'une entreprise, d'un projet ou d'une existence.
La crise a été le naufrage de toute une industrie.
Synonyme : débâcle.
« Aussi bien, que ferais-je en ce commun naufrage ? »Jean Racine (1639-1699)
« La vocation vient échouer et faire un triste naufrage »Massillon (1663-1742)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : la vieillesse est un naufrage
Grammaire et formes (2)
- naufrages : pluriel · /nofʁaʒə/
- naufrage : singulier · /nofʁaʒə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. m.
Perte d'un vaisseau sur une côte de mer, sur un banc de sable, sur un écueil, etc. Faire naufrage au port, échouer quand on est hors de péril et qu'on est arrivé ; et fig. réussir mal sur la fin de quelque affaire.
Alger sera toujours pour moi partout où vous serez ; et, quoique je sois à Bruxelles, je ne fus jamais plus près de la captivité et du naufrageVoltaire (1694-1778)
Il vendit son troupeau, Trafiqua de l'argent, le mit entier sur l'eau ; Cet argent périt par naufrageLa Fontaine (1621-1695)
Il se dit aussi des bâtiments et barques qui naviguent sur les lacs et les rivières. La gabare heurta contre une pile du pont et fit naufrage.
Fig. Perte, malheur, chute morale. Le naufrage du temps, l'oubli que le temps amène dans la mémoire des hommes.
Ô beauté, qui de mes amours êtes le port et le naufrageMalherbe (1555-1628)
Pour suivre Cléopâtre, il quitta son bonheur, Et, s'embarquant ainsi, fit naufrage d'honneurTristan L'Hermite (1601-1655)
Étymologie : Lat. naufragium, de navis, nef, et frangere, briser (voy. FRAGILE). Naufrage s'est dit pour naufragé : Je semble dépiter [braver], naufrage audacieux, L'infortune....
Historique : XVIe s. Eussé je, o souverain, comme le second pere, Au naufrage du monde une arche à me sauver ! Cest estranger, pauvre, chetif, et nu, Un vif naufrage à ma rive venu Les costes et rivages d'alenviron par plusieurs jours furent pleins et semez de corps morts et de naufrages que les vagues de la mer y jetterent Il n'avoit à gouverner que les reliques du naufrage de son païs. - à dire la verité, Demades estoit luymesme le naufrage [la perte] de sa ville Demetrius se retira en la Grece, en intention de recueillir et ramasser encore les pieces et reliques de son naufrage Leur chef assassiné ; et …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. m.
Perte d’un bateau résultant, en principe, du fait qu’il se brise, et, par extension, d’un accident quelconque éprouvé sur mer. Les naufrages sont fréquents sur cette côte. Ces écueils ont cause de nombreux naufrages. Ce vaisseau a disparu corps et biens dans un naufrage.
Faire naufrage, Se perdre, en parlant des Bateaux. Ce superbe paquebot a fait naufrage. Il se dit aussi des Personnes. Ce marin a fait trois fois naufrage.
Fig., Faire naufrage au port, Voir tous ses projets ruinés, renversés au moment où l’on était près de réussir.
NAUFRAGE se dit figurément de Toute sorte de pertes, de ruines et de malheurs. Le naufrage de son honneur, de sa réputation, de sa fortune. Cette maison, voilà tout ce qu’il a pu sauver du naufrage.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée naufrage#42323.