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moitié

moitié

nom, féminin · /mwatje/

Usage : fréquent (77 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Chacune des deux parties égales entre lesquelles un tout est divisé.

    Il a coupé la pomme en deux et m'a donné une moitié.

    « Avant que de ses deux moitiés Le vers que je commence ait atteint la dernière »André Chénier (1762-1794)

    « La moitié du genre humain périt avant l'âge de huit ans un mois, c'est-à-dire avant que le corps soit développé, et avant que l'âme ne se manifeste par la raison »Buffon (1707-1788)

  2. Part correspondant approximativement à la division d'un ensemble en deux parties égales.

    La moitié des élèves sont absents aujourd'hui.

    « Il n'en fallait pas la moitié tant pour.... »Antoine Hamilton (1646-1720)

    « Moitié par adresse, moitié par force, il se rendit le plus puissant »Bossuet (1627-1704)

  3. Plaisant. Conjoint ou conjointe d'une personne, dans un emploi plaisant et familier.

    Je vous présente ma moitié, elle adore les voyages.

    « Il est capable de nous rendre ridicules à la plus belle moitié du monde »Guez de Balzac (1597-1654)

    « Avez-vous pris la peine d'en parler à madame votre chère moitié ? »Hauteroche (1617-1707)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : ma tendre moitié · voir le verre à moitié plein

Grammaire et formes (2)
  • moitiés : pluriel · /mwatje/
  • moitié : singulier · /mwatje/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 9 sens

s. f.

  1. Une des deux parties égales dans lesquelles un tout est divisé. Les deux moitiés d'un cercle. La moitié de 12 est 6. Dans les assemblées, la moitié des voix plus une fait la majorité absolue. La moitié de cette succession lui appartient. Il a moitié dans tous les meubles. Couper, partager une chose par la moitié, la couper, la partager en deux parties égales. Le diamètre coupe le cercle par la moitié. Partager un différend, le différend par la moitié, se relâcher des deux côtés, dans un marché, dans une contestation, sur ce qui empêche de conclure, de s'entendre. Partager quelque chose par la moitié, prendre chacun la moitié d'une chose qui était à partager.

    Avant que de ses deux moitiés Le vers que je commence ait atteint la dernièreAndré Chénier (1762-1794)

    Je lui demandais mon congé et mes gages, il a partagé le différend par moitié ; il m'a donné mon congé et me retient mes gagesRegnard (1655-1709)

  2. Par extension, une part qui est à peu près la moitié. La moitié d'un pain, d'un poulet. Il n'a fait que la moitié de son ouvrage. Venez vous asseoir auprès de moi, je vous donnerai la moitié de ma place. La moitié du temps, pendant une bonne partie de son temps. La moitié du temps il est sans argent. Offrir la moitié de son lit à quelqu'un, offrir place dans son lit à quelqu'un. La moitié suffit, se dit pour mettre fin à des exhortations, représentations, reproches que l'on trouve inutiles ou déplacés. On dit, pour donner à entendre qu'un récit, un éloge, une plainte sont exagérés : il en faut rabattre la moitié. On dit de même : n'en croire que la moitié.

    Il fuit et le reproche et les yeux du sénat, Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de PharsalePierre Corneille (1606-1684)

    Quand vous me demanderiez la moitié de mon royaume, je vous la donneraisLemaistre de Sacy (1613-1684)

  3. Moitié de la vie, moitié de moi-même, termes d'affection.

    Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau : La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeauPierre Corneille (1606-1684)

    En faveur de Cinna je fais ce que je puis, Et tâche à garantir de ce malheur extrême La plus belle moitié qui reste de lui-mêmePierre Corneille (1606-1684)

  4. Femme, à l'égard de son mari, dans le style élevé et poétique. Hors de là, il ne se dit, aujourd'hui du moins, que dans le langage familier.

    Rends-toi digne du nom de ma chaste moitiéPierre Corneille (1606-1684)

    Ô d'un illustre époux noble et digne moitiéPierre Corneille (1606-1684)

  5. La plus belle moitié du genre humain, les femmes en général.

    Il est capable de nous rendre ridicules à la plus belle moitié du mondeGuez de Balzac (1597-1654)

  6. Moitié, pris adverbialement pour signifier à demi. Moitié sérieusement, moitié en plaisantant. Moitié guerre, moitié marchandise, voy. MARCHANDISE. Moitié figue, moitié raisin, voy. FIGUE. Moitié chair, moitié poisson, voy. POISSON.

    Moitié par adresse, moitié par force, il se rendit le plus puissantBossuet (1627-1704)

    Moitié vaincue par les raisons, et moitié attendrie de reconnaissance pour toute la peine que je lui voyais prendre, afin de me persuaderMarivaux (1688-1763)

  7. À moitié, avec le nom suivant sans article et sans préposition, en partageant par moitié ce dont il s'agit. Louer une terre à moitié fruits. À moitié chemin, à la moitié du chemin. À moitié prix, pour la moitié du prix ordinaire. Dans le langage rural, à moitié, pris absolument, signifie : en partageant par moitié les produits entre le tenancier et le propriétaire. Donner, prendre des terres à moitié. Il laboure cette terre à moitié. Il fait cette vigne à moitié. À moitié de, dans le même sens. À moitié de perte et de gain, et aussi à moitié perte et gain, en partageant également soit la perte soit le gain. Prendre un marché à moitié de perte et de gain. À moitié, en partie, à demi. De l'argent plus d'à moitié dépensé. Un fruit à moitié pourri. On dit plus rarement : plus qu'à moitié. De l'argent plus qu'à moitié dépensé.

    Elle était tombée malade dans une petite ville à moitié chemin d'ÉdimbourgMme de Staël (1766-1817)

    Une fille est une marchandise qu'on ne saurait garantir, et l'on n'en a pas plutôt fait l'emplette qu'on voudroit en être défait à moitié de perteRegnard (1655-1709)

  8. Être de moitié, se mettre de moitié, être, se mettre en société avec quelqu'un, de manière que la perte et le gain se partagent par moitié. Ils sont de moitié dans cette affaire. Mettons-nous de moitié pour cette partie d'écarté. Fig. Être de moitié, prendre part ; mettre de moitié, faire partager. Être de moitié, consentir.

    Si tu veux, avec toi je serai de moitiéPierre Corneille (1606-1684)

    Ma fille est de moitié de tout ce que je vous dis iciMme de Sévigné (1626-1696)

  9. De moitié, ou de la moitié, loc. adv. signifiant de beaucoup. En rabattre de moitié ou de la moitié, se dit pour exprimer qu'on diminue beaucoup l'estime qu'on avait pour une personne.

    Le moindre bruit que l'on peut faire Est le plus sûr de la moitiéLa Fontaine (1621-1695)

    Sa taille [de Mme de Montespan] qui n'est pas de la moitié si grosse qu'elle était, sans que son teint, ni ses yeux, ni ses lèvres en soient moins bienMme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Bourguig. mitié ; provenç. meitat, mitat ; espagn. mitad ; portug. metade ; ital. metà ; du latin medietatem, de medius (voy. MI).

Historique : XIe s. De la citet l'une meitiet est sue [sienne] XIIe s. Li reis Annon fist prendre les messages le rei David, e rere [raser] la meité des barbes, et colper lur vestures très par les nages [fesses] XIIIe s. Ele voloit partir [partager] en le [la] meson, moitié à moitié, et venir de se [sa] partie à l'ommage de son segneur Miex [elle] t'en prisera la moitié XIVe s. Nennil, ce dit Bertran ; par Dieu le fruit de vie, J'ai d'une femme assez, et trop de la moitié XVe s. Tout soit du conquest moitié à moitié Attendant le soleil levant, Moitié dormant, moitié veillant, Environ l'aube ou peu avant De…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 22 sens

n. f.

  1. L’une des parties d’un tout divisé, partagé également en deux. Les deux moitiés d’un cercle, d’un carré. La moitié de 4 est 2. Il en faut retrancher la moitié. La majorité absolue des suffrages se compose de la moitié des voix, plus une. La moitié de cette succession lui appartient. Il a moitié dans cette succession.

  2. Il désigne assez ordinairement, dans une acception moins rigoureuse, une Portion, une part qui est à peu près de la moitié. La moitié d’un pain. Mettre la moitié d’eau, moitié d’eau dans son vin. Faire bouillir un liquide jusqu’à ce qu’il soit réduit à la moitié, à moitié. Augmenter, diminuer une longueur de moitié, de la moitié. La moitié de la vie se passe à souffrir. Passer la moitié du temps à la campagne. La moitié du temps il est sans argent. Il a mangé la moitié de son bien. Il n’a fait encore que la moitié de son ouvrage. Je l’ai trouvé grandi de moitié. Venez auprès de moi, je vous donnerai la moitié de ma place.

  3. Une bonne moitié, Un peu plus de la moitié.

  4. Partager quelque chose par moitié, Prendre chacun la moitié d’une chose qui était à partager. Partager les revenus, les bénéfices par moitié.

  5. Couper, partager une chose par la moitié, La couper, la partager en deux moitiés. Le diamètre coupe le cercle par la moitié. Scier une pierre par la moitié.

  6. Partager un différend, le différend par la moitié, se dit en parlant d’un Marché où des deux côtés on a fait des concessions sur ce qui empêchait de conclure.

  7. MOITIÉ signifie, familièrement, Personne de petite taille. Une moitié d’homme.

  8. MOITIÉ se dit figurément d’une Femme par rapport à son mari. Il a perdu sa chère moitié.

  9. MOITIÉ s’emploie aussi adverbialement pour signifier à demi. Du pain moitié seigle, moitié froment. C’est une étoffe moitié soie, moitié laine. Il boit toujours moitié eau, moitié vin. Moitié l’un, moitié l’autre. Moitié de gré, moitié de force. On dit dans le même sens : Vous avez acheté ce livre moitié trop cher.

  10. Prov. et fig., Moitié figue, moitié raisin. Voyez

  11. FIGUE.

  12. à MOITIÉ

  13. loc. adv.

  14. En partie, à demi. Cela est à moitié pourri. Le tonneau est à moitié vide. La bouteille n’est qu’à moitié pleine. Il est à moitié ivre. Ce qu’on vous a dit n’est qu’à moitié vrai.

  15. à moitié se dit en parlant de Terres et d’affaires commerciales pour signifier que Le produit doit être partagé par moitié entre le propriétaire et le fermier, ou entre les deux associés. Donner, prendre des terres à moitié. Il laboure cette terre à moitié. Il fait ces vignes à moitié. Donner à moitié fruits. Prendre un marché avec quelqu’un à moitié de perte et de gain, à moitié perte et gain.

  16. à moitié chemin, à la moitié du chemin. Il est resté à moitié chemin.

  17. à moitié prix, Pour la moitié du prix ordinaire.

  18. DE MOITIÉ

  19. loc. adv.

  20. usitée dans certaines phrases, comme Il a été trop long de moitié dans son discours, Il a été beaucoup plus long qu’il ne fallait.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée moitié#40345.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.