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moine

moine

nom, masculin · /mwanə/

Usage : fréquent (23 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Homme qui a fait vœu de vivre selon la règle d'un ordre religieux, en communauté, séparé du monde.

    Le moine a passé la journée en prière dans son monastère.

    « Une femme de chambre accourt avec une bougie, elle trouve un moine dont on avait chauffé le lit, que la Furstemberg n'avait pas senti »Saint-Simon (1675-1755)

    « On demande pourquoi on permet à des moines de reprendre un de leurs moines qui s'est fait soldat, et pourquoi un capitaine ne peut reprendre un déserteur qui s'est fait moine »Voltaire (1694-1778)

Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : l'habit ne fait pas le moine · un travail de moine

Grammaire et formes (2)
  • moines : pluriel · /mwanə/
  • moine : singulier · /mwanə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 11 sens

s. m.

  1. Homme qui s'est engagé par des vœux à suivre une certaine règle autorisée par l'Église. Moines gris, s'est dit des moines de Cîteaux, au commencement de leur institution. Familièrement. Gras comme un moine, fort gras. Attendre quelqu'un comme les moines font l'abbé, c'est-à-dire se mettre à table et dîner sans l'attendre (locution née de ce que dans les monastères l'heure de chaque chose est réglée).

    Les chevaliers de Malte... cadets de bonne maison qui ne veulent rien savoir, rien valoir, mais qui voudraient bien tout avoir ; au reste, gens de bien et d'honneur, moines d'épée...Gui Patin (1601-1672)

    Ils ont jugé plus à propos et plus facile de censurer que de repartir, parce qu'il leur est bien plus facile de trouver des moines que des raisonsPascal (1623-1662)

  2. Moine lai, laïque, ordinairement homme de guerre invalide, que le roi plaçait dans une abbaye de nomination royale, pour y être entretenu.

  3. Moine bourru, voy. BOURRU.

  4. Caisse doublée de fer-blanc, où l'on suspend un réchaud pour chauffer un lit ; ou cylindre de bois creusé, doublé de tôle, dans lequel on introduit un fer chaud pour ce même usage.

    Une femme de chambre accourt avec une bougie, elle trouve un moine dont on avait chauffé le lit, que la Furstemberg n'avait pas sentiSaint-Simon (1675-1755)

  5. Feuille de papier dont on couvre la traînée de poudre qui doit porter le feu au saucisson d'une mine. Terme de marine. Se dit de petits cônes de poudre humectée avec du vinaigre, que l'on brûle dans l'entre-pont pour chasser le mauvais air. Artifice que l'on nomme aussi feu de conserve.

  6. Sorte de masse ou de marteau à peu près pointu.

  7. Partie intérieure du moule qui sert à faire les coupelles.

  8. Boursouflure qui paraît quelquefois dans le fer et dans l'acier quand on le forge.

  9. Les imprimeurs appellent moines des feuilles mal imprimées qui, n'ayant pas bien pris l'encre, paraissent noires et blanches comme l'habit de certains moines. Moine se dit aussi, en imprimerie, de la partie blanche elle-même.

  10. Coquille univalve du genre cône (voy. SARCORAMPHE).

  11. Donner le moine, se disait d'une certaine malice que pratiquaient les écoliers, les pages et les laquais, en attachant une petite corde au gros doigt du pied d'un homme endormi, et la tirant de temps en temps ; on ne connaît pas l'origine de cette locution. Au XVIe siècle, bailler le moine, signifiait porter malheur.

Étymologie : Bourg. mone ; Provenç. monge, mongue, mongue, moncgne, moyne ; cat. monjo ; esp. et port. monge ; ital. monacho. Le français moine vient non du latin monachus, mais d'un thème monius, qui se trouve dans le bas-latin monialis (en des textes du VIIe siècle) ; monius est une autre forme de monachus, grec μοναχὸς, dérivé de μόνος, seul.

Historique : XIe s. Ainz [il] deit moine estre en un de ces moustiers XIIe s. E quant li moinie [prononcé moine] vindrent lur complie chanter Muine e cou [cuisinier] e sergant, escuier e garçun, Chascun aveit sun pain e dreite livreisun XIIIe s. Et puis [il] se rendit moine dedans une abeïe La robe ne fait pas le moine XVe s. Ja ne verrez moine c'on face abbé, De bien servir eglise entalenté [désireux] Convoitise de moines blans, envie des moines ners [dicton né de la convoitise des nouveaux ordres vêtus de blanc, et de l'envie des anciens ordres vêtus de noir] Et pour ce dit-on : pour la pitié de la nonna…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens

n. m.

  1. Religieux faisant partie d’un ordre dont les membres vivent sous une règle commune et séparés du monde, comme les Bénédictins, les Dominicains, les Chartreux. Les moines de l’abbaye de Cluny. Un moine défroqué.

  2. Fam., Gras comme un moine. Voyez

  3. GRAS.

  4. Prov. et fig., L’habit ne fait pas le moine. Voyez

  5. HABIT.

  6. Prov. et fig., Pour un moine l’abbaye ne faut pas. Voyez

  7. ABBAYE.

  8. Moine bourru. Voyez

  9. BOURRU.

  10. MOINE se dit aussi de Divers appareils destinés à chauffer les lits.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée moine#40316.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.