mœurs
nom, féminin
Définitions
Habitudes de vie et de comportement d'une personne, d'un groupe ou d'une société, en particulier sur le plan moral : les mœurs de l'époque.
On jugeait sévèrement les mœurs de cette société.
« Les mœurs consistent dans la conformité d'un grand nombre de volontés »Diderot (1713-1784)
« Le vice auprès des mœurs n'est jamais sans effroi »Ducis (1733-1816)
Ensemble des usages et coutumes propres à un peuple ou à une époque : les mœurs françaises.
Les mœurs de cette région ont peu changé en un siècle.
Synonyme : usages.
« Si un observateur aussi exact que M. de Manoncour ne nous avait pas fait connaître les mœurs de cet oiseau, il ne serait guère possible de le reconnaître à la simple inspection pour un fourmilier »Buffon (1707-1788)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : de bonne vie et mœurs · de mœurs légères · la musique adoucit les mœurs
Grammaire et formes (1)
- mœurs : pluriel
Témoignages historiques
Littré (1873) · 7 sens
s. f. pl.
Habitudes considérées par rapport au bien ou au mal dans la conduite de la vie. De mauvaises mœurs. Certificat de vie et de mœurs, de vie et mœurs, de bonne vie et mœurs, certificat attestant qu'il n'y a rien à reprocher à une telle personne. Faire information de vie et mœurs, se dit de l'autorité judiciaire ou autre qui prend des informations sur la conduite d'une personne.
La France devant [avant] ces orages, Pleine de mœurs et de courages Qu'on ne pouvait assez louerMalherbe (1555-1628)
Enfin chez les chrétiens les mœurs sont innocentesPierre Corneille (1606-1684)
Absolument. Mœurs se dit pour bonnes mœurs. N'avoir point de mœurs, en avoir de mauvaises. Un homme, une femme sans mœurs. Cet homme a des mœurs, c'est-à-dire il est sage, de conduite régulière. Dans un sens plus restreint, avoir des mœurs, être d'une conduite régulière par rapport aux femmes.
Les mœurs sans épithète s'entendent toujours des bonnes mœursCharles Pinot Duclos (1704-1772)
La sainteté, la paix, les mœurs vont disparaîtreVoltaire (1694-1778)
Il se dit de la manière de vivre, des usages, coutumes, préjugés, qui varient chez les différents peuples et dans les différents siècles. Autres temps, autres mœurs. Cela est, n'est pas dans les mœurs de telle nation, c'est-à-dire cela est, n'est pas conforme aux usages de telle nation.
Il est bon de savoir quelque chose des mœurs de divers peuples, afin de juger des nôtres plus sainement, et que nous ne pensions pas que tout ce qui est contre nos modes soit ridicule et contre raison, ainsi qu'ont coutume de faire ceux qui n'ont rien vuDescartes (1596-1650)
La corruption de la raison paraît par tant de différentes et extravagantes mœursPascal (1623-1662)
Les habitudes, les inclinations des individus. Cet homme a des mœurs simples, des mœurs douces.
Il était prêtre par son zèle, par la gravité de ses mœurs, par l'innocence de sa vieBossuet (1627-1704)
Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœursBoileau (1636-1711)
Les mœurs des animaux, les habitudes naturelles des différentes espèces d'animaux, les habitudes qui résultent de leur instinct.
Si un observateur aussi exact que M. de Manoncour ne nous avait pas fait connaître les mœurs de cet oiseau, il ne serait guère possible de le reconnaître à la simple inspection pour un fourmilierBuffon (1707-1788)
Terme de poétique. Ce qui est conforme aux habitudes morales des pays, des lieux, des personnages qui figurent dans un poëme, dans une pièce de théâtre, etc. (on dit aujourd'hui plus souvent couleur locale). Les mœurs sont bien gardées dans cette tragédie, dans ce poëme. Terme de peinture. Le costume, les usages des différents temps, des différents lieux. Les mœurs sont bien observées dans ce tableau.
Vous savez en quel état se trouvait la scène française, lorsqu'il [Corneille] commença à travailler.... les auteurs aussi ignorants que les spectateurs, la plupart des sujets extravagants et dénués de vraisemblance, point de mœurs, point de caractères,Jean Racine (1639-1699)
On appellerait fausses les mœurs d'un poëme dans lequel un auteur aurait transféré aux Romains les usages, les coutumes, le culte religieux et tous les préjugés des Grecs,
Terme de rhétorique. La partie de l'éloquence qui a pour objet de gagner la confiance des auditeurs. Terme de musique. Partie de la musique grecque qui en fixait les convenances et l'utilité.
Dans la rhétorique, la probité, la modestie, la bienveillance et la prudence, voilà les mœurs que l'orateur doit constamment montrer, et ce sont là les mœurs considérées dans l'orateur ; mais on doit les considérer aussi dans l'auditeur : si l'art prescrit à l'orateur de connaître les mœurs de ceux à qui il parle, c'est afin de proportionner son discours à leur intelligence, à leurs sentiments, de remuer les passions qui leur sont le plus familièresBATTEUX
Étymologie : Provenç. mor, s. f. ; du lat. mos, moris, mores, habitude, mœurs, qui se rattache au sanscrit mâ, mesurer, faire.
Historique : XIIe s. La grace Deu vus fist enuindre e coruner ; Pur ce vous devez mult constraindre e guverner, E tute nostre vie en buens murs afermer, Que vus puissiez as autres buens essamples duner Cil fu bons emperere ; Deus li duna sa grace ; Saint Iglise l'eshauce ; il voit Deu face à face ; Li reis devreit ensivre et ses mors et sa trace XIIIe s. Humles et frans, de boines mours, Très gentix et de grans honors Convenence qui est fete contre bonnes meurs.... ne sunt pas à tenir Qui porroit toutes ces mours traire El cuer à un riche jone home, Hon en feroit bien un preudome Honors muent et varient le…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée mœurs#101106.