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marchandise

marchandise

nom, féminin · /maʁʃɑ̃dizə/

Usage : fréquent (16 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Bien destiné à être vendu ou acheté dans le cadre d'un commerce.

    Les camions déchargent la marchandise au port.

    « Je ne m'échauffe point dans un barreau ; je ne risque rien dans la marchandise ; je n'assiége pas la porte des grands »Bossuet (1627-1704)

    « Sire Guillaume, allant en marchandise.... »La Fontaine (1621-1695)

  2. Ensemble des produits mis en vente par une entreprise.

    Le magasin renouvelle sa marchandise à chaque saison.

    « Quand il s'agit d'examiner l'enfant, on lui fait déployer sa marchandise »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    « Je commençai à parcourir des yeux la compagnie, qui me parut de la marchandise bien mêlée. »Lesage (1668-1747)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : livrer la marchandise · tricher sur la marchandise · tromper sur la marchandise · vanter sa marchandise

Grammaire et formes (2)
  • marchandises : pluriel · /maʁʃɑ̃dizə/
  • marchandise : singulier · /maʁʃɑ̃dizə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 5 sens

s. f.

  1. Ce qui est meuble et objet de commerce. Marchandise étrangère. Marchandise de traite, de pacotille. Fig. Marchandises de contre-bande, celles qu'en fraude on fait entrer dans un pays ou sortir d'un pays. Faire valoir sa marchandise, en faire remarquer les qualités. Fig. Faire valoir sa marchandise, faire valoir ce qu'on a de bon, faire valoir son mérite, louer ce qu'on possède. On dit dans le même sens déployer, étaler sa marchandise. Ne pas farder sa marchandise, montrer les choses telles qu'elles sont. Bien débiter sa marchandise, faire valoir ce qu'on dit par la manière dont on le dit. Marchandise mêlée, marchandises qui ne sont pas toutes de même qualité. Fig. et familièrement. C'est marchandise mêlée, se dit d'une compagnie composée de personnes, de gens de toute espèce. Ne vous y fiez pas trop, ces gens-là sont marchandise mêlée. Le pavillon couvre la marchandise, c'est-à-dire quelle que soit la marchandise à bord d'un navire, le pavillon qu'il porte l'empêche d'être visité par des vaisseaux de guerre étrangers. Moitié guerre, moitié marchandise, se dit d'un vaisseau chargé de marchandises et armé de manière à pouvoir se défendre. Vaisseau équipé moitié guerre, moitié marchandise. Fig. Moitié guerre, moitié marchandise, c'est-à-dire d'une manière équivoque et douteuse. Il a fait sa fortune moitié guerre, moitié marchandise. Moitié guerre, moitié marchandise, signifie aussi moitié de gré, moitié de force. Il l'a obligé à lui vendre sa maison, moitié guerre, moitié marchandise. En guerre et en marchandise, se disait pour signifier dans toutes les circonstances, sous toutes les conditions.

    Un pays qui envoie toujours moins de marchandises ou de denrées qu'il n'en reçoit, se met lui-même en équilibre en s'appauvrissant : il recevra toujours moins, jusqu'à ce que dans une pauvreté extrême il ne reçoive plus rienMontesquieu (1689-1755)

    J'ai des obligations infinies à notre cher d'Hacqueville ; il me donne tout le temps qu'il peut ; c'est une marchandise qui est chère chez lui ; car il n'en a pas à demi [pour ses amis]Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Marchandises en forêts, les bois façonnés en stères, en bois d'œuvre et charpente.

  3. Fig. Marchandise se dit quelquefois des personnes.

    Vous êtes bien heureuse, ma chère nièce, d'avoir fait une si bonne rencontre [un gouverneur pour son fils] ; c'est une marchandise qu'on ne trouve pas bien aisémentMme de Sévigné (1626-1696)

    Il ne faut amener aucun page ; c'est une marchandise de province qui n'est point bonne iciMme de Sévigné (1626-1696)

  4. Trafic, action de faire du commerce. Aller en marchandise, voyager pour affaires de commerce. Fig. Aller en marchandise, chercher quelque bon coup à faire. Fig. Faire métier et marchandise d'une chose, la faire habituellement. Il signifie aussi faire habituellement quelque chose dans des vues intéressées, en faire une espèce de trafic.

    Sire Guillaume, allant en marchandise....La Fontaine (1621-1695)

    Qu'un honnête homme une fois en sa vie Fasse un sonnet, une ode, une élégie, Je le crois bien ; Mais que l'on ait la tête bien rassise, Quand on en fait métier et marchandise, Je n'en crois rienL'ABBÉ RÉGNIER

  5. Autrefois, la marchandise, la profession de marchand. Le corps des marchands. Marchandise qui plaît est à demi vendue.

    Je ne m'échauffe point dans un barreau ; je ne risque rien dans la marchandise ; je n'assiége pas la porte des grandsBossuet (1627-1704)

    Ses similitudes [de Jésus-Christ] sont tirées des choses communes, de l'agriculture, de la pêche, du trafic, de la marchandiseBossuet (1627-1704)

Étymologie : Marchand ; Haut Maine, marchandise, bestiaux ; Berry, marchandie.

Historique : XIIIe s. Nous pierdons nos gaegnages et nos marceandises, et nous enchierist li viande cescun [chaque] jour Et leur venoit marcheandise à grant plenté de Rodestoc et de la marine La seconde maniere comment compaignie se fet, si est en marcheandises Doi compaignon avoient ensanlle compaignie en le [la] marceandise d'un bois Se clers est marceans, il ne pot pas afrancir se [sa] marceandise par le priviliege de se clergie XVe s. Ceux de Tournay desiroient aussi moult à avoir la paix pour la cause de la marchandise qui leur estoit clause sur la riviere de l'Escaut Quant Lyonnel les vist venir si r…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 9 sens

n. f.

  1. Ce qui se vend, se débite, soit en gros, soit en détail, dans les boutiques, magasins, foires, marchés, etc. Il ne vend que de bonne marchandise. Des marchandises de confiance. Des marchandises de rebut. Liquider des marchandises. Des marchandises au rabais. étaler sa marchandise, ses marchandises.

  2. Marchandises de contrebande, Celles qu’on fait entrer dans un pays ou qu’on en fait sortir en fraude.

  3. Faire valoir sa marchandise, La vanter, en faire remarquer les qualités; et, figurément et familièrement, Louer ce qu’on dit, ce qu’on fait, ce qu’on possède; chercher à donner une haute idée de son mérite.

  4. Fig. et fam., Bien débiter sa marchandise, Faire valoir ce qu’on dit par la manière dont on le dit.

  5. Marchandises de mauvais aloi. Voyez

  6. ALOI.

  7. Fig., Faire marchandise de, Faire habituellement quelque chose dans des vues intéressées, en faire une espèce de trafic. Les hypocrites font marchandise de dévotion.

  8. Le pavillon couvre la marchandise, En temps de guerre, on ne doit pas visiter un vaisseau qui porte un pavillon neutre, sous prétexte qu’il s’y trouve des marchandises de l’ennemi.

  9. Figurément, il se dit de la Réputation, de la signature d’un homme qui donnent autorité et crédit à ses actes et à ses paroles. Il s’emploie surtout avec une pointe d’ironie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée marchandise#38830.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.