loup
nom, masculin · /lu/
Usage : fréquent (37 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Mammifère carnivore sauvage proche du chien, au pelage gris, vivant et chassant en meute.
On a entendu hurler un loup dans la forêt.
« Le chien est doux et courageux ; le loup, quoique féroce, est timide »Buffon (1707-1788)
Personne jugée cruelle, avide ou dangereuse pour son entourage.
Cet homme est un loup pour ses subordonnés.
« Et même par sa mort leur fureur mal éteinte N'aurait jamais laissé ses cendres en repos, Si Dieu lui-même ici de son ouaille sainte à ces loups dévorants n'avait caché les os »Boileau (1636-1711)
« C'est ainsi que sont les hommes, naturellement loups les uns aux autres »Bossuet (1627-1704)
Poisson marin à chair estimée, appelé aussi bar sur certaines côtes.
Nous avons mangé un loup grillé au bord de la mer.
Synonyme : bar.
Petit masque couvrant le tour des yeux, porté dans les bals ou les fêtes costumées.
Elle portait un loup noir au bal masqué.
« Elles devaient changer d'habits l'une avec l'autre, mettre de grandes écharpes, et porter des loups »Antoine Hamilton (1646-1720)
« Elle a levé son loup, comme par nonchalance, Et s'est pendant ce temps condamnée au silence »Hauteroche (1617-1707)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine louve
Expressions : à pas de loup · avoir une faim de loup · crier au loup · enfermer le loup dans la bergerie · entre chien et loup · être connu comme le loup blanc · hurler avec les loups · introduire le loup dans la bergerie · jeune loup · la faim fait sortir le loup du bois · se jeter dans la gueule du loup · un froid de loup · un loup solitaire · un vieux loup de mer
Grammaire et formes (2)
- loups : pluriel · /lu/
- loup : singulier · /lu/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 23 sens
s. m.
Animal du genre chien, à oreille droite, queue horizontale, pelage fauve, sauvage et carnassier. Familièrement. Il fait un froid de loup, le temps est très rigoureux. Être enrhumé comme un loup, être fort enrhumé. Manger comme un loup, manger beaucoup. Marcher à pas de loup, marcher sans bruit et à dessein de surprendre. Loup gris, loup blanc, vieux loup renommé pour ses déprédations. Fig. Il est connu comme le loup gris, comme le loup blanc, il est très connu. Il est décrié comme le loup blanc, se dit d'un homme très décrié. Fig. Être au vieux loup, s'est dit anciennement en parlant d'un terme vieilli. Courir un homme comme un loup gris, le poursuivre vivement. Il est comme les loups, il n'a jamais vu son père, se dit d'un bâtard, parce que, dit-on, les loups par jalousie déchirent celui qui a couvert la louve. Ces gens vont queue à queue, comme les loups, se dit quand des gens arrivent à la suite les uns des autres. Il a vu le loup, se dit d'un homme enrhumé, à cause d'une vieille erreur populaire qui faisait croire à une action malfaisante du regard du loup. Il a vu le loup, se dit aussi d'un homme aguerri, qui a vu le monde, qui a été aux occasions. Avoir vu le loup, en parlant d'une fille exprime qu'elle a eu des galanteries. Il a vu le loup, se dit aussi quelquefois d'un homme qui se tait subitement, voyant survenir celui dont il parlait. Savoir la patenôtre du loup, savoir certaines paroles prétendues magiques pour empêcher que le loup n'étrangle les brebis. Entre chien et loup, voy. CHIEN. Mme de Sévigné a dit par une singulière ellipse : On soupe pendant le chien et le loup, Lett. 29 juin 1689. Fig. Tenir le loup par les oreilles, ne savoir quel parti prendre. Donner la brebis à garder au loup, mettre quelque chose en une main infidèle. Enfermer le loup dans la bergerie, mettre quelqu'un dans un lieu où il peut faire aisément beaucoup de mal. Enfermer le loup dans la bergerie, signifie aussi fermer une plaie, un abcès, sans qu'elle ait suffisamment suppuré. Saut de loup, voy. SAUT.
Il défend que son corps [de Polynice], sang d'Œdipe et de nous, Ait d'autre monument que le ventre des loupsRotrou (1609-1650)
Le loup a beaucoup de force, surtout dans les parties antérieures du corps, dans les muscles du cou et de la mâchoireBuffon (1707-1788)
Fig. Homme cruel, méchant.
Quiconque est loup agisse en loup ; C'est le plus certain de beaucoupLa Fontaine (1621-1695)
Puisqu'entre humains ainsi vous vivez en vrais loups, Traîtres, vous ne m'aurez de ma vie avec vousMolière (1622-1673)
Fig. La gueule du loup, le péril imminent. Se mettre à la gueule du loup. On a dit aussi la gueule au loup.
J'ai vite donné toutes les copies dont je me suis pu aviser, pour me tirer, moi, de la gueule du loupPaul-Louis Courier (1772-1825)
Cette guerre me touche donc au dernier point ; il [Charles de Sévigné] est présentement dans l'armée du roi, c'est-à-dire à la gueule au loup, comme les autresMme de Sévigné (1626-1696)
Loup du Mexique, ou loup rouge, espèce de chien. Loup noir, espèce de chien. Loup doré, chacal.
Nom vulgaire de phoques : le macrorrhin proboscidé, l'otarie de Péron. Loup de mer, nom du bars, poisson acanthoptérygien voisin des perches (labrax lupus), l'un des meilleurs des côtes de France. Loup de mer est aussi le nom donné, à cause de sa voracité insatiable, à l'anarhicas lupus, L. appelé par les Anglais sea-wolf. Fig. et familièrement. Loup de mer, nom qu'on donne quelquefois familièrement à de vieux et intrépides marins, peu habitués aux usages du monde. Les vieux brochets sont aussi parfois nommés loups par les pêcheurs.
On distingue deux sortes de loups marins : ceux de la plus grosse espèce pèsent jusqu'à deux mille livres, et semblent avoir le nez plus pointu que les autresRaynal (1713-1796)
Tribu d'aranéides qui chassent et attaquent leur proie à la course.
Terme d'astronomie. Constellation appelée parfois la Bête, la Lance du Centaure ou la Panthère.
Espèce de masque de velours noir que les femmes ont porté pendant quelque temps pour se préserver du hâle ; il n'était point attaché, et elles le tenaient avec un bouton dans la bouche ; ainsi dit parce que d'abord il faisait peur aux petits enfants.
Elle a levé son loup, comme par nonchalance, Et s'est pendant ce temps condamnée au silenceHauteroche (1617-1707)
Elles devaient changer d'habits l'une avec l'autre, mettre de grandes écharpes, et porter des loupsAntoine Hamilton (1646-1720)
Nom donné autrefois à certains ulcères rongeants que l'on comparait à des loups dévorants. Nom vulgaire donné à une gastro-entérite compliquée d'hématurie, qui a été observée sur les vaches du département de l'Oise.
Terme d'atelier. Défaut capital dans une pièce de bois. Faire un loup ; faire un travail qui ne peut pas servir, s'appliquer.
Terme de librairie. Instrument de bois aplati pour dresser les paquets quand ils sont cordés.
Espèce de verrou ou de crochet qui arrête le chien d'une arme à feu.
Terme de marine. Sorte de levier plus souvent nommé dent de loup.
Terme de construction. Forte pince courbée avec laquelle on arrache les gros clous.
Morceau d'ivoire brut attaché à un manche, dont les orfévres se servent pour polir.
Portion de la machine à carder la laine.
Nom donné aux anciennes machines cylindriques ou coniques employées à ouvrir le coton en balles.
Terme de pêche. Plusieurs genres de filets.
Terme de métallurgie. Masse de fonte qui s'affine ou se refroidit dans un creuset, s'y coagule et l'obstrue.
Ce minerai extra-réfractaire [un minerai de fer] est plus propre à donner des loups que des gueusesGRANDEAU et LAUGEL
Broderie, découpure à dents de loup, broderie, découpure qui forme une suite d'angles aigus.
Étymologie : Wallon, leu ; Berry, loube, des deux genres, loup et louve ; picard, leu ; provenç. lup, lop ; catal. llop ; espagn. lobo ; ital. lupo ; du lat. lupus ; grec, λύϰος ; lithuan. vilka ; slave, vlŭkŭ ; anc. pers. varka ; sanscr. vrĭka. Le slave vrĭka explique la transition de varka, forme primitive de vrĭka, en valka, vlaka, et, par affaiblissement de l'a, vluka ; de là ϝλύϰος, λύϰος, et le latin lupus, par changement de la gutturale en labiale.
Historique : XIe s. N'en mangeront [de nos corps] ne lu, ne porc, ne chien XIIe s. Unques od [avec] lou, ce m'est avis, Ne fu unquore autre lou pris XIIIe s. Les leus [elle] oït uller [hurler], et li huans [chat-huant] hua Quar cis siecles est si changiez, Que uns leus blans a toz mangiés Les chevaliers loiaus et preus Li lous le prent par grant aïr, As denz le houcepaigne et mort Li leu qui mouton sembleroit, S'il o les brebis demorast, Cuidiés vous qu'il nes devorast ? La grant ardeur de son courage Le fait semblant à loup ramage [sauvage] Adès i aura il du poil du leu [toujours y aura-t-il de la trahiso…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 31 sens
n. m.
Quadrupède du genre Chien, sauvage et carnassier. Loup gris. Peau de loup. La chasse au loup.
Fam., Il fait un froid de loup, Un froid très rigoureux.
Fam., être enrhumé comme un loup. Voyez
ENRHUMER.
Fam., Manger comme un loup, Manger beaucoup.
Marcher à pas de loup, Marcher sans bruit et dans le dessein de surprendre.
Fig. et fam., être connu comme le loup blanc, être extrêmement connu.
Prov. et fig., La faim chasse le loup hors du bois, fait sortir le loup du bois. Voyez
FAIM.
Prov., fig. et pop., Quand on parle du loup on en voit la queue, se dit Lorsque quelqu’un survient au moment où l’on parle de lui.
Prov. et fig., Il faut hurler avec les loups. Voyez
HURLER.
Prov. et fig., Qui se fait brebis, le loup le mange. Voyez
BREBIS.
Prov. et fig., Brebis comptées, le loup les mange, Les précautions ne garantissent pas toujours d’être trompé, l’excès de précaution est dangereux.
Prov. et fig., Les loups ne se mangent pas entre eux, Les méchants s’épargnent entre eux.
Fig., Entre chien et loup. Voyez
CHIEN.
Fig. et fam., Se mettre dans la gueule du loup, S’exposer à un péril évident qu’on pouvait éviter.
Fig. et fam., Tenir le loup par les oreilles, être dans une situation difficile, pressante, et ne savoir comment en sortir.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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