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interdit

interdit

adjectif · /ɛ̃tɛʁdi/

Usage : fréquent (13 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui est défendu, non autorisé par une règle ou une loi : stationnement interdit.

    Il est interdit de fumer dans les trains.

    Synonymes : défendu, prohibé.

    « Les Grecs prenaient d'autres libertés qui nous sont rigoureusement interdites ; par exemple, de répéter souvent dans la même page des épithètes, des moitiés de vers, des vers même tout entiers »Voltaire (1694-1778)

    « Les ouvriers, d'abord interdits d'avoir un souverain [le czar Pierre] pour compagnon, s'y accoutumèrent familièrement »Voltaire (1694-1778)

  2. Littéraire. Surpris au point de ne plus savoir que dire ou que faire : il resta interdit devant cette nouvelle.

    Devant son air grave, elle resta interdite.

    Synonymes : interloqué, stupéfait.

    « Hamilton, plus interdit et plus confondu que lui, n'était pas trop en état de lui donner des conseils »Antoine Hamilton (1646-1720)

    « Ils jetèrent tous les yeux sur Pauline, qui parut assez interdite »Fontenelle (1657-1757)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • interdites : pluriel féminin · /ɛ̃tɛʁditə/
  • interdits : pluriel masculin · /ɛ̃tɛʁdi/
  • interdite : singulier féminin · /ɛ̃tɛʁditə/
  • interdit : singulier masculin · /ɛ̃tɛʁdi/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 4 sens

part. passé

  1. Dont il est défendu d'user.

    Les Grecs prenaient d'autres libertés qui nous sont rigoureusement interdites ; par exemple, de répéter souvent dans la même page des épithètes, des moitiés de vers, des vers même tout entiersVoltaire (1694-1778)

  2. À qui il est défendu d'exercer ses fonctions soit ecclésiastiques, soit civiles.

    On croit M. de Paris interdit ; il ne dit plus la messeMme de Sévigné (1626-1696)

  3. Qui est privé, par autorité de justice, de la libre disposition de ses biens et même de sa personne. Un fou interdit. Substantivement.

    L'interdit est assimilé au mineur pour sa personne et pour ses biens

  4. Étonné, troublé, qui ne peut répondre, ou qui ne sait ce qu'il fait. ce qu'il dit.

    Notre abord le rend tout interditPierre Corneille (1606-1684)

    Je ne m'étonne plus qu'interdit et distrait, Votre père ait paru nous revoir à regretJean Racine (1639-1699)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée interdit#34479.

interdit

nom, masculin · /ɛ̃tɛʁdi/

Usage : d'usage courant (5.75 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Chose ou pratique prohibée par une norme sociale, morale ou légale.

    Franchir cette limite est un interdit absolu dans leur famille.

    Synonyme : tabou.

  2. Religion. Sanction religieuse privant un lieu ou une personne de certains actes du culte.

    Le pape a jeté l'interdit sur la ville rebelle.

    « Ce qui est singulier, les souverains eux-mêmes priaient quelquefois les évêques de prononcer un interdit sur les terres de leurs vassaux »Voltaire (1694-1778)

    « Innocent III, cet homme sous lequel le saint-siége fut si formidable, mit l'Angleterre en interdit »Voltaire (1694-1778)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • interdits : pluriel · /ɛ̃tɛʁdi/
  • interdit : singulier · /ɛ̃tɛʁdi/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 3 · 1 sens

s. m.

  1. Terme de droit romain. Ordonnance du préteur prononcée sur un cas litigieux, surtout en matière de possession. Les interdits du droit romain sont devenus nos actions possessoires.

Étymologie : Lat. interdictum. On en propose deux origines : 1° interdictum, ordre prohibitif donné par le préteur, pour empêcher de troubler celui qui était en possession ; le nom du cas particulier aurait été étendu à tous les ordres émanés du préteur en cas de litige ; 2° inter duos dictum, jussion du magistrat interposée entre les deux plaideurs. Cette seconde étymologie paraît seulement ingénieuse, et c'est la première qui est la plus probable.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 2 · 1 sens

s. m.

  1. Sentence ecclésiastique par laquelle l'Église défend l'administration des sacrements, la célébration de l'office divin, à cause de quelque péché et de quelque désobéissance notable et scandaleuse. Fulminer un interdit sur.... Jeter, lancer, lever l'interdit. Interdit local, interdit qui frappe les habitants d'un lieu. Interdit personnel, celui qui atteint directement un individu.

    Innocent III, cet homme sous lequel le saint-siége fut si formidable, mit l'Angleterre en interditVoltaire (1694-1778)

    Ce qui est singulier, les souverains eux-mêmes priaient quelquefois les évêques de prononcer un interdit sur les terres de leurs vassauxVoltaire (1694-1778)

Étymologie : Provenç. entredich ; catal. entredit ; esp. entredicho ; ital. interdetto ; du lat. interdictum, de interdicere, interdire.

Historique : XIIe s. Quant il sera generaus entredis en tiere... XIVe s. Un intredit que li eveskes de Cambrai envoya au prouvost et as jurés

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 1 sens

n. m.

  1. T. de Discipline ecclésiastique — Sentence qui défend à un ecclésiastique en particulier l’exercice des ordres sacrés, ou à tout ecclésiastique la célébration des sacrements et du service divin dans les lieux marqués par la sentence. Mettre une église, une ville entière en interdit. Fulminer un interdit sur un prêtre. Jeter, lancer, lever l’interdit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée interdit#34478.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.