hôte
nom, masculin · /otə/
Usage : fréquent (20 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Personne qui reçoit et héberge quelqu'un chez elle.
L'hôte accueillit ses invités sur le perron et les conduisit au salon.
« T'ai-je encore décrit la dame brelandière Qui des joueurs chez soi se fait cabaretière, Et souffre des affronts que ne souffrirait pas L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas ? »Boileau (1636-1711)
« À table d'hôte ? je vous entends, tant par tête ; combien êtes-vous, s'il vous plaît ? »Dancourt (1661-1725)
Personne qui est reçue ou hébergée par quelqu'un chez elle.
Synonyme : invité.
« Lycus lui-même emplit une coupe profonde, L'envoie à l'étranger : salut, mon hôte, bois »André Chénier (1762-1794)
« Le divers langage des hôtes du désert nous paraît calculé sur la grandeur ou le charme du lieu où ils vivent »Chateaubriand (1768-1848)
Biologie. Organisme qui héberge un autre organisme, notamment un parasite.
Le moustique transmet le virus à son hôte.
« ....Notre bonne commère [la grenouille] S'efforce de tirer son hôte au fond de l'eau »La Fontaine (1621-1695)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine hôtesse
Expressions : hôte de marque · table d'hôte
Grammaire et formes (2)
- hôtes : pluriel · /otə/
- hôte : singulier · /otə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 8 sens
s. m. et f.
Celui, celle qui reçoit et traite quelqu'un sans rétribution, qui lui donne l'hospitalité, par humanité, par amitié, par bienveillance. Nous remerciâmes notre hôte de l'accueil qu'il nous avait fait. Il s'est dit des paysans ou bourgeois qui étaient contraints de loger les soldats, les officiers du roi. Fig.
Mon hôte, maintenant que, sous tes nobles toits, De l'importun besoin j'ai calmé les aboisAndré Chénier (1762-1794)
Tous autres nœuds brisés, Seul hôte de toi-même et maître de la placePierre Corneille (1606-1684)
Celui, celle qu'on reçoit et qu'on traite bien. Régaler ses hôtes. Dans l'ordre des chartreux, se disait d'un religieux qui demeurait dans une chartreuse dont il n'était pas profès. Par extension. Fig.
Le fameux Scipion de qui vous fûtes l'hôtePierre Corneille (1606-1684)
....Notre bonne commère [la grenouille] S'efforce de tirer son hôte au fond de l'eauLa Fontaine (1621-1695)
Familièrement. Les animaux qui fréquentent, habitent la demeure de l'homme. Les rats sont des hôtes incommodes.
Habitant. Les hôtes des bois, les animaux qui les habitent.
Et vous, hôtes du ciel, saintes légions d'anges....Rotrou (1609-1650)
Vous êtes le phénix des hôtes de ces boisLa Fontaine (1621-1695)
Celui, celle qui tient une auberge, une hôtellerie. L'hôte, l'hôtesse du Cheval blanc. Table d'hôte, table où plusieurs personnes réunies mangent à heure et à prix fixes. Vivre à table d'hôte. Fig. Il est l'hôte et l'hôtellerie, se dit d'un homme qui fait toutes sortes de fonctions dans une maison, qui se mêle de toutes sortes d'affaires.
T'ai-je encore décrit la dame brelandière Qui des joueurs chez soi se fait cabaretière, Et souffre des affronts que ne souffrirait pas L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas ?Boileau (1636-1711)
À table d'hôte ? je vous entends, tant par tête ; combien êtes-vous, s'il vous plaît ?Dancourt (1661-1725)
Celui qui vient manger ou loger dans une hôtellerie, une auberge. Cet aubergiste a en ce moment des hôtes qui payent bien.
Celui qui donne à loyer une portion de sa maison. L'hôte est tenu des grosses réparations. Celui qui tient à loyer une portion de maison. Ce propriétaire a chez lui des hôtes commodes. Hôte a vieilli dans ces deux sens ; on dit aujourd'hui : propriétaire et locataire.
Terme de pêche. Hôte ou bourgeois, celui à qui appartient le bateau pêcheur.
Étymologie : Provenç. hoste, oste, osde ; espagn. huesped ; portug. hospede ; ital. oste ; du lat. hospitem, dont on conjecture deux étymologies : sanscrit, gosha, station des vaches, et pati, maître : le maître de la station des vaches où s'arrête le voyageur ; ou bien ghaspati, le maître qui donne à manger. Des étymologistes l'ont aussi rattaché à un radical qui se trouve dans les langues slaves : lithuanien, gaspada, hôtellerie ; mais voy. à HOSPODAR ce qui fait objection.
Historique : XIIe s. Chez un hoste [ils] hebergent, qui moult estoit prudhom [Elle] Crioit en haut : aïe, aïe, Chevaliers, tu qui es mes ostes Tant qu'il aert parmi les temples [saisit par les tempes] Celui qui efforçoit s'ostesse XIIIe s. Du cuer toute grieté [chagrin] [il, l'amour] lui oste ; Près du cuer lui heberge un oste Que on appelle vrai-confort La premiere nuit que ele fu venue en la meson de s'ostesse Hoste fu [je fus étranger] ; vous me recueillistes XVe s. Vrayement, s'il vous plaisoit, je seroye aujourd'hui vostre hoste, et vous feroye tout ayse de ce que nous avons Sebille dist au roy, qui à…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens
n.
Celui, celle qui donne l’hospitalité par humanité, par amitié, par bienveillance. Nous remerciâmes nos hôtes du bon accueil qu’ils nous avaient fait. Un hôte importum. Fig., Bon visage d’hôte, Bon accueil de celui qui donne à manger chez lui.
Il signifie aussi Celui, celle à qui on donne l’hospitalité. J’ai dans une maison des hôtes fort aimables. Régaler ses hôtes.
Il se dit aussi de Celui, de celle qui tient un cabaret, un hôtel, une auberge et aussi de Celui qui vient y manger. Dans cette double acception il a vieilli.
Table d’hôte, Table servie à heure fixe, dans un hôtel ou ailleurs, et où l’on peut aller manger moyennant un prix réglé d’avance. Vivre à table d’hôte. Manger à table d’hôte. Tenir table d’hôte. Propos de table d’hôte. Plaisanterie de table d’hôte.
Prov. et fig., Qui compte sans son hôte compte deux fois. Voyez
COMPTER.
Il se dit quelquefois, par extension et familièrement, des Animaux qui fréquentent, qui habitent ordinairement la demeure de l’homme. Les rats sont des hôtes fort incommodes.
Il se dit, figurément et poétiquement, pour Habitant. Les hôtes des bois, Les animaux qui y font leur demeure.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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