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haine

haine

nom, féminin · /ɛnə/

Usage : fréquent (43 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Sentiment violent d'aversion ou d'hostilité profonde envers quelqu'un ou quelque chose.

    Sa haine envers son rival n'a jamais disparu.

    « C'est en haine des Juifs et d'Esdras, et en haine du premier et du second temple qu'ils [les Samaritains] ont inventé leur chimère de Garizim »Bossuet (1627-1704)

    « La haine irréconciliable qu'ont les hommes vicieux contre ceux qui déclarent la guerre aux vices »Fléchier (1632-1710)

Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : avoir la haine · discours de haine · prendre quelqu'un en haine

Grammaire et formes (2)
  • haines : pluriel · /ɛnə/
  • haine : singulier · /ɛnə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 4 sens

s. f.

  1. Action de haïr. Familièrement. Haine de prêtre, haine implacable. La Haine est quelquefois personnifiée, et alors le mot prend une majuscule. Objet de la haine. Activement. La haine de..., sentiment éprouvé contre. La haine des tyrans. Passivement. Haine de..., sentiment éprouvé par. Haines nationales, inimitiés des peuples entre eux. Terme de théologie. Haine d'abomination, l'horreur pour le péché, sans aversion néanmoins pour la personne du pécheur.

    Au lieu de répondre par la haine à la haine que me portent mes rivaux, je sens que je dois me venger d'eux en leur faisant du bien et du plaisirNicolas Poussin (1594-1665)

    La haine que les cœurs conservent au dedans Nourrit des feux cachés, mais d'autant plus ardentsPierre Corneille (1606-1684)

  2. Sentiment d'aversion qu'on éprouve pour certaines choses. La haine du changement. Quand il s'agit de choses, tandis que haïr se dit même des répugnances physiques, par ex. haïr le froid, haine ne se dit que des grandes aversions morales, et l'on ne dirait pas la haine du froid.

    Ce sont là toutes choses que j'ai en haine, dit le SeigneurLemaistre de Sacy (1613-1684)

    Une doctrine qui les engageait à la haine du mondeFléchier (1632-1710)

  3. Ce qu'il y a d'odieux, l'odieux.

    S'il y avait quelque bataille perdue, s'il arrivait quelque inondation ou quelque sécheresse, on les chargeait [les chrétiens] de la haine de toutes les calamités publiquesBossuet (1627-1704)

    Pour se donner la gloire de la réussite, et pour détourner sur les autres la haine d'un mauvais succèsLa Bruyère (1645-1696)

  4. En haine de, loc. prép. En haïssant, par animosité contre.

    En haine de ce que son mari avait épousé RodogunePierre Corneille (1606-1684)

    En haine de cet empereur, Dèce, qui le tua, renouvela la persécution avec plus de violence que jamaisBossuet (1627-1704)

Étymologie : Wall. haïme, hèïme (voy. HAÏR). L'ancien français avait haür et haenge à côté de haine. Haïne, d'où par contraction haine, vient de haïr, comme saisine de saisir. Quant au wallon haïme, l'm y est sans doute pour n, comme dans rancume et rancune. L'ancien haenge représente une forme fictive hademia ; enge équivalant au latin emia, comme on le voit dans vendange de vindemia.

Historique : XIIIe s. Bien lui monstra Constance qu'à lui n'a pas haïne [qu'elle n'a pas de haine contre elle] Se li parrastres ou le [la] marrastre mainent malvese vie as enfans, ou qu'il lor monstre sanllant de hayne XIVe s. Adès [toujours] ha vielle haine novele mort portée XVe s. Si s'engendrerent et nourrirent en Gascogne, pour ces besognes, plusieurs haines couvertes, dont plusieurs meschefs depuis en naquirent Long conseil orgueil et envie, Grant haïne, et petit confort Pour la grant hayne qu'ilz avoient audit connestable XVIe s. La haine n'est qu'ire enracinée Je n'eusse rapporté du college que la …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens

n. f.

  1. Violente aversion qu’on a pour quelqu’un. Haine invétérée. Haine mortelle, implacable, enracinée. Sujet de haine. Avoir de la haine pour quelqu’un, contre quelqu’un. Fomenter, exciter les haines. Assoupir les haines. Concevoir de la haine. S’attirer la haine de quelqu’un. être l’objet, devenir l’objet de la haine publique. Braver la haine de quelqu’un. Prendre quelqu’un en haine. Avoir quelqu’un en haine.

  2. Il signifie aussi Violente aversion, profonde répulsion qu’on a pour quelque chose. Avoir de la haine pour le vice, pour le péché, pour le mensonge, pour la flatterie. Inspirer la haine du vice, la haine du mensonge. Prendre la société en haine.

  3. EN HAINE DE

  4. loc. prép.

  5. , Par aversion, par vengeance, par animosité, par ressentiment. Il fait cela en haine d’un tel. Cet ouvrage a été écrit en haine de la religion, en haine de nos institutions.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée haine#31017.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.