flanc
nom, masculin · /flɑ̃/
Usage : fréquent (26 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Chacun des côtés du corps, entre les côtes et la hanche.
Le cheval avait les flancs couverts de sueur.
« Tout me pèse [au malade] et me lasse ; aide-moi, je me meurs ; Tourne-moi sur le flanc, ah ! j'expire ! ô douleurs ! »André Chénier (1762-1794)
« Il a observé que les Tartares de Crimée et de la province de Cuban jusqu'à Astracan, sont de taille médiocre, qu'ils ont les épaules larges, le flanc étroit, les membres nerveux, les yeux noirs et le teint basané »Buffon (1707-1788)
Côté d'une chose, d'un relief.
Les chèvres broutaient sur le flanc de la montagne.
Synonyme : versant.
« Des torrents écumeux se précipitent le long des flancs de cette montagne »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
« En défilant si près de l'ennemi, il fallait marcher serré pour ne pas lui prêter un flanc trop allongé »Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Familier. Dans l'expression familière être sur le flanc, état d'une personne épuisée de fatigue, incapable de poursuivre son effort.
Après le marathon, il était sur le flanc pour la journée entière.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : à flanc de coteau · être sur le flanc · prêter le flanc à la critique · tirer au flanc
Grammaire et formes (2)
- flancs : pluriel · /flɑ̃/
- flanc : singulier · /flɑ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
s. m.
Chaque côté du corps, depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Par extension. Familièrement. Être sur le flanc, être alité. Voilà trois semaines qu'il est sur le flanc. Terme de manége. On dit qu'un cheval a du flanc quand ses côtes sont amples et bien tournées. On dit qu'il a les flancs cousus, lorsqu'il y a si peu d'épaisseur de l'un à l'autre flanc qu'ils semblent cousus. Battre du flanc ou des flancs, se dit d'un cheval essoufflé. Fig. Se battre les flancs pour quelque chose, s'agiter, se donner beaucoup de mouvement sans succès, métaphore prise du lion qui se bat les flancs de sa queue quand il est irrité.
Se repose la nuit sur l'un et l'autre flancMathurin Régnier (1573-1613)
Le lion hérisse sa crinière.... il bat ses flancs avec sa longue queueFénelon (1651-1715)
Le sein, les entrailles. Poétiquement. Le sein d'une mère.
Mes yeux ont vu son sang Couler à gros bouillons de son généreux flancPierre Corneille (1606-1684)
Je vois que votre honneur demande tout mon sang, Que tout le mien consiste à vous percer le flancPierre Corneille (1606-1684)
Se dit des objets creux et enfoncés.
Et dans les flancs affreux de leurs roches sanglantes Remportent à grands cris ces dépouilles vivantesVoltaire (1694-1778)
Soit dans les flancs obscurs des rochers d'InistoreARNAULT
Côté d'une chose. Le flanc d'un vaisseau. Terme de géographie. Pente d'une montagne ; la partie comprise entre la cime et le pied. Terme d'architecture. Le côté d'un pavillon par lequel il est joint à un autre corps de bâtiment.
En août 1773, à Montigny-sur-Braine, bailliage de Châlon, vicomté d'Auxonne, en creusant le puits de la cure, on a trouvé, à trente-trois pieds de profondeur, un arbre couché sur son flanc, dont on n'a pu découvrir l'espèceBuffon (1707-1788)
Des torrents écumeux se précipitent le long des flancs de cette montagneBernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Terme de fortification. Partie du bastion qui est entre la face du bastion et la courtine et qui sert à défendre la courtine, le flanc et la face du bastion opposé. Un flanc bas. Un flanc rasant.
Terme militaire. Le côté d'une troupe, par opposition à son front. Le flanc d'un bataillon. Par le flanc droit, par le flanc gauche, commandement dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner à droite ou à gauche. On dit dans le même sens : faire par le flanc gauche, par le flanc droit. Marche de flanc, marche d'une armée qui se dirige par le côté qu'un de ses flancs occupe. Une troupe prête le flanc, quand son flanc, qui est son côté faible, est exposé aux attaques de l'ennemi. Fig. Prêter le flanc, donner prise aux attaques de la critique.
Il avait chargé le maréchal en flancMme de Sévigné (1626-1696)
Si, après avoir mis en désordre l'aile gauche qui lui était opposée, il eût pris le reste des ennemis en flanc et eût pénétré jusqu'au centre où était Artaxerce, il y a très grande apparence qu'il aurait remporté une victoire complèteRollin (1661-1741)
Étymologie : Provenç. flanc ; espagn. et portug. flanco ; ital. fianco. Les étymologistes tirent d'ordinaire ce mot du haut allemand lancha, flanc, auquel répond une forme rare, hlancha ; à quoi Diez objecte que la forme flancha, dont on aurait besoin, n'a pas encore été trouvée ; que l'articulation germanique hl ne se rend pas en français par fl, ni en italien par fi (cependant on cite, des Reali di Francia, Fiovo dérivé de Chlodoveus) ; et que les noms germaniques féminins en a gardent d'ordinaire leur genre dans les langues romanes. De là il conclut que l'origine germanique est peu probable, et que l'or
Historique : XIe s. Greles ès flancs et larges les costez XIIe s. Que mauvais homs vous ait au flanc pendue [la bonne épée Durandal] Le cors e le ventrail durement freit [froid] [il] aveit, E de sun mal del flanc achaisenus [maladif] esteit, E pur ço tut adès chaudement se vesteit XIIIe s. Diex confonde la mere qu'en [qui en] ses flans la porta XVIe s. Ilz vouloient que leurs gens feissent teste et flanc en tout sens, selon que l'affaire et le besoing s'en presenteroit Il feit marcher les siens contre les Lacedaemoniens, qui avoient les flancs desnuez de gens de cheval La navire capitainesse, pendant que l…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 11 sens
n. m.
Chacune des parties latérales du corps de l’homme ou des animaux, qui est depuis le défaut des côtes jusqu’aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Il eut le flanc percé d’un coup de flèche.
Pour les Quadrupèdes, il se dit de la Partie qui va de la patte d’avant à la patte d’arrière. Les flancs d’un cheval. Presser les flancs de sa monture. Le lion se bat les flancs avec sa queue. Un cheval qui bat du flanc.
Fig. et fam., être sur le flanc, être très fatigué.
Fig. et fam., Se battre les flancs. Voyez
BATTRE.
Il désigne par extension le Ventre, ou la partie du ventre qui est comprise entre les deux flancs. Le fils que ses flancs ont porté. Le flanc qui l’a conçu.
Il se dit, par analogie, du Côté de diverses choses. Le flanc d’un vaisseau. Le flanc, les flancs d’une montagne; en termes de Fortification : Le flanc d’un bastion. Un flanc bas. Un flanc rasant; en termes de Guerre : Le flanc d’un bataillon, d’un escadron. Les flancs d’une colonne, d’une armée. Une marche de flanc. Couvrir le flanc d’un bataillon. Prêter le flanc à l’ennemi. Découvrir le flanc. Attaquer l’ennemi par le flanc. Une attaque de flanc, Une attaque sur le flanc, contre le flanc de l’ennemi, Prendre les ennemis de flanc.
Par le flanc droit, par le flanc gauche. Termes de commandement militaire dont on se sert pour ordonner aux soldats d’une troupe de se tourner chacun à droite ou à gauche.
Fig., Prêter le flanc, Donner prise sur soi. Prêter le flanc à la critique, au ridicule.
Tirer au flanc, Terme d’argot militaire, S’épargner, par de petites ruses, une corvée ou un ouvrage.
Bat-flanc, Pièce de bois suspendue qui sépare les chevaux à l’écurie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée flanc#27505.