femme
nom, féminin · /famə/
Usage : parmi les mots les plus fréquents du français (1023 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Être humain de sexe féminin ; adulte, par opposition à la fille ou à la jeune fille.
Cette femme dirige une entreprise de transport.
« C'étaient principalement des femmes qui dogmatisaient sous le voile de la sainteté.... on ne les épargna pas sous prétexte qu'elles étaient femmes et qu'elles étaient ignorantes »Bossuet (1627-1704)
« Madame Dorval, c'était son nom, était ce qu'on appelle une bonne femme »Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0), relu en interne · méthode.
Expressions : femme d'intérieur · femme de petite vertu · femme de tête · femme fatale · maîtresse femme
Grammaire et formes (2)
- femmes : pluriel · /famə/
- femme : singulier · /famə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 17 sens
s. f.
L'être qui dans l'espèce humaine appartient au sexe féminin ; la compagne de l'homme. Elle est femme, elle est bien femme, elle a les penchants, les qualités, les grâces, les faiblesses ordinaires à son sexe. Être femme à, n'être pas femme à, avec un verbe à l'infinitif, être capable de, n'être pas capable de. Elle est femme à se marier, si on ne la marie. Elle n'est pas femme à se laisser séduire. Terme d'ancienne législation. Femme de corps, femme de condition serve. Femme franche, femme de condition libre et non serve.
Et perdez-vous encor le temps avec des femmes ?Pierre Corneille (1606-1684)
Que la vengeance est douce à l'esprit d'une femme !Pierre Corneille (1606-1684)
Familièrement. Une bonne femme, une femme dont le caractère est simple et bon. Par extension. Bonne femme, une femme âgée. Une bonne femme, une femme d'une condition inférieure. Contes de bonne femme, contes qui ne méritent aucune créance, et que peut seule croire une vieille femme ignorante. Remède de bonne femme, un de ces remèdes dont la connaissance est familière aux femmes âgées.
Madame Dorval, c'était son nom, était ce qu'on appelle une bonne femmeCharles Pinot Duclos (1704-1772)
Elle vit sous la conduite d'une bonne femme de mère qui est presque toujours maladeMolière (1622-1673)
Une maîtresse femme, femme pleine de fermeté, qui sait bien gouverner sa maison.
Épouse. Ma femme, expression dont un mari se sert en parlant à sa femme ou en parlant d'elle. Prendre femme, se marier. Chercher femme, chercher à se marier. Femme de bien, femme d'honneur, femme qui se conduit bien. Terme de jurisprudence. Femme commune, femme mariée sous le régime de la communauté. Femme non commune, se dit au contraire de celle dont le contrat porte qu'il n'y a point de communauté entre elle et son mari.
Il vaut mieux demeurer avec un lion et avec un dragon que d'habiter avec une méchante femmeLemaistre de Sacy (1613-1684)
Ô mère, ô femme, ô reine admirable et digne d'une meilleure fortune, si les fortunes de la terre étaient quelque chose !Bossuet (1627-1704)
Celle qui est ou a été mariée, par opposition à fille. Les femmes et les filles.
Il se dit quelquefois et familièrement de celle qui est parvenue à la nubilité. La voilà bientôt femme.
Femme de qualité, femme appartenant à la noblesse. Femme d'épée, se disait pour femme appartenant à la noblesse d'épée ; et femme de robe, pour femme appartenant à la noblesse de robe.
Je ne veux voir que des femmes de qualité, s'il vous plaît. - Eh bien ! oui, des femmes de robe. - Non, monsieur, des femmes d'épée ; c'est mon faible que les femmes d'épée, je vous l'avoueDancourt (1661-1725)
Je lui dis des duretés qu'un petit-maître n'oserait dire à une femme de robeLesage (1668-1747)
La femme une telle, se dit en parlant d'une femme d'une condition peu relevée. La femme une telle, se dit aussi en justice.
Cet ami pourra-t-il trouver la femme Armand ?Collin d'Harleville (1755-1806)
Envie, fantaisie de femme grosse, désir subit, appétit pressant, souvent désordonné, qui saisit parfois une femme enceinte. Fig. Il se dit de toute espèce de désir vif et peu raisonnable.
Femme de chambre, femme attachée, moyennant salaire, au service intérieur et particulier d'une personne du sexe. Au plur. et absolument. Femmes, se dit de plusieurs femmes de chambre attachées au service de la même personne. Elle appela ses femmes. Femme de charge, femme attachée au service d'une maison, pour avoir soin du linge, de la vaisselle d'argent, etc. Femme de ménage, femme du dehors par laquelle on fait faire son ménage. Se dit aussi de la maîtresse de maison. C'est une excellente femme de ménage. Femme de journée, femme qu'on emploie à la maison pour un travail quelconque, et que l'on paye à tant la journée.
Tel prince qui écrit comme une femme de chambre, a été fort mal élevéVoltaire (1694-1778)
Où trouver une femme de chambre discrète ? voilà la sixième à laquelle je donne ma confianceMme de Genlis (1746-1830)
Femme publique, femme qui se livre à la prostitution. Femme de mauvaise vie, femme perdue, femme livrée à la débauche.
Charlemagne avait tâché de bannir absolument de Paris les femmes publiques ; il avait ordonné qu'elles seraient condamnées au fouet, et que ceux qui les auraient logées, ou chez qui on les aurait trouvées, les porteraient sur leur cou jusqu'au lieu de l'exécutionSaint-Foix (1698-1776)
Sage-femme, voy. SAGE-FEMME.
Fig. C'est une femme, une vraie femme, se dit d'un homme sans énergie, sans courage. Demi-femme, se dit quelquefois d'un homme efféminé, mou comme une femme. En vérité, c'est une demi-femme. On dit qu'un homme fait la femme, lorsqu'il est oisif, efféminé.
Femme, dans le langage très familier, signifie souvent maîtresse. Faire une femme. À chaque instant il change de femme.
Femme, se prend quelquefois adjectivement.
Rien ne pèse tant qu'un secret ; Le porter loin est difficile aux dames ; Et je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmesLa Fontaine (1621-1695)
J'ai été très contente de Mme la duchesse de Guiche ; elle m'a paru moins femme que je n'avais cruMme de Maintenon (1635-1719)
Femme, pour femelle, en parlant d'animaux.
Le castor est jaloux, et tue quelquefois sa femme pour cause ou soupçon d'infidélitéChateaubriand (1768-1848)
Terme de zoologie. Femmes marines, ou poissons-femmes, nom vulgaire donné aux lamentins, aux dugongs, etc.
Étymologie : Wallon, feume ; bourguign. fanne ; ni vernais, fonne ; provenç. feme, femma, femena ; anc. catal. fembra ; espagn. hembra ; portug. femea ; ital femmina ; du latin foemina ou faemina ; d'après les derniers étymologistes, d'un radical foe, qui se trouve dans fœtus, fecundus, et de mina, suffixe participial, de sorte que foemina, participe du moyen, signifierait celle qui nourrit, allaite.
Historique : XIe s. Ki abate femme à terre pur faire lui forze [Ils] ne reverront lur meres ne lur femmes XIIe s. Puis tourne arriere comme famme adoulée [affligée] XIIIe s. De là s'en ala il vers le roi Phelipe d'Alemaigne, qui sa serour avoit à fame Ne qu'à Pepin le ber [je] soie fame espousée, Berte, XLIII Pourquoi ne prenez fame ? serez toujours ainsi ? Après mourut sa fame, la royne au vis clair Une jeune pucele.... Qui gentis fame estoit, li rois ot fait nourrir [élever] Honeste coze est et bone à bailli qu'il ne sueffre pas que feme soit mise en prison por fas [faux] accusement ne por nul cas, se n'…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 18 sens
n. f.
être humain du sexe féminin, la compagne de l’homme. Un caprice de femme. Une femme mariée. Une jolie femme. Une belle femme. Une femme coquette. Une femme auteur. Une femme de lettres. Elle n’est pas femme à se laisser séduire.
Prov. et fig., Ce que femme veut, Dieu le veut, Les femmes veulent ardemment ce qu’elles veulent, et elles finissent ordinairement par l’obtenir.
Bonne femme, outre sa signification ordinaire, veut dire aussi Femme âgée. La bonne femme n’en peut plus. Quelquefois même, Bonne femme se dit par familiarité et par hauteur en parlant à une femme du peuple ou de la campagne.
Contes de bonne femme, Remèdes de bonne femme, Contes, remèdes traditionnels et populaires, transmis par la mémoire des femmes.
C’est une maîtresse femme, se dit d’une Femme habile, ferme, et qui sait se faire obéir.
Elle est femme, elle est bien femme, se dit pour faire entendre que Celle dont on parle a les charmes, tous les traits caractéristiques de son sexe.
Femme de chambre, Celle qui est attachée au service intérieur d’une maison. On disait absolument, au pluriel, Femmes, en parlant de Plusieurs femmes de chambre attachées au service de la même personne. Elle appela ses femmes. Elle envoya une de ses femmes.
Femme de charge, Femme attachée au service d’une maison et ayant une certaine autorité sur la tenue et l’économie intérieure de cette maison.
Femme de ménage, Femme du dehors qui vient faire le ménage et qu’on paie le plus souvent à l’heure.
Femme de journée, Femme qu’on emploie à la maison pour un travail quelconque et qu’on paie à la journée.
Femme publique. Voyez
PUBLIC. Femme de mauvaise vie, femme perdue, Femme livrée à la débauche.
Un homme adonné aux femmes, Un débauché. Un homme à femmes, Un homme recherché des femmes.
FEMME se dit encore de Celle qui est nubile. La voilà bientôt femme.
Il se dit de même de Celle qui est ou qui a été mariée; et, dans ce sens, il est opposé à Fille. Les femmes et les filles. Femme en puissance de mari. Mari et femme. Avoir une femme. Femme infidèle. Femme sage. Femme de bien. Honnête femme. Femme grosse. Femme veuve. C’est sa femme légitime. Femme divorcée. Femme séparée de son mari. Votre femme vous a-t-elle accompagné? Femme commune en biens. Femme autorisée en justice.
Prendre femme, Se marier. Ce vieux garçon a enfin pris femme.
Prov. et fig., Le diable bat sa femme, et marie sa fille. Voyez
DIABLE.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée femme#27005.