fard
nom, masculin · /faʁ/
Usage : d'usage courant (4.63 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Produit cosmétique appliqué sur le visage pour en modifier ou en embellir l'apparence.
Elle a mis un peu de fard sur ses joues.
Synonyme : maquillage.
« C'est pour eux [les étrangers] qu'elle étale et l'or et le brocard, Que chez toi se prodigue et le rouge et le fard »Boileau (1636-1711)
« La sévérité des femmes est un ajustement et un fard qu'elles ajoutent à leur beauté »La Rochefoucauld (1613-1680)
Soutenu. Dissimulation ou apparence trompeuse, dans un registre soutenu, notamment dans l'expression « sans fard ».
Il a dit la vérité sans fard.
« Sans envie, sans fard, sans ostentation, toujours grand dans l'action et dans le repos, il parut à Chantilly comme à la tête des troupes »Bossuet (1627-1704)
« Les bons esprits.... Qui savent, avisés, avecque différence, Séparer le vrai bien du fard de l'apparence »Mathurin Régnier (1573-1613)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : piquer un fard
Grammaire et formes (2)
- fards : pluriel · /faʁ/
- fard : singulier · /faʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 2 sens
s. m.
Composition destinée à embellir le teint, en remédiant aux défauts qu'il a.
C'est pour eux [les étrangers] qu'elle étale et l'or et le brocard, Que chez toi se prodigue et le rouge et le fardBoileau (1636-1711)
Une courtisane qui tire toutes ses grâces du fard, qui n'a qu'une beauté empruntée, et qui sait tout au plus charmer les oreilles par le son d'une voix douce et mélodieuseRollin (1661-1741)
Fig. Déguisement, feinte, dissimulation dans les discours. Terme de littérature. Faux ornements.
Leurs paroles n'ont point de fardMalherbe (1555-1628)
Les bons esprits.... Qui savent, avisés, avecque différence, Séparer le vrai bien du fard de l'apparenceMathurin Régnier (1573-1613)
Étymologie : Diez, trouvant que le lat. tincta, teinte, est traduit en vieil haut allemand par gi-farwit, gifarit, de farwjan, teindre, tire de là le mot fard. Scheler cite de Palsgrave : paynting of ones face, farcement ; ce qui supposerait un verbe farcer. C'est une faute de Palsgrave ; le verbe est farder ; et non farcer (voy. FARDER).
Historique : XIIIe s. Renart, qui set assez de fart, Li avoit dit.... XVIe s. Fard est perdu dessus mine de singe Et d'eau de fard son visage ne lave Les regrets de quelque femmelette, qui regrette la perte des bouettes où estoient ses fards Si on y adjouste demie dragme de sublimé, lavé et preparé comme celui des fars, il sera de grande efficace
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. m.
Enduit qu’on applique sur la peau pour la colorer ou pour la protéger. Elle met du fard pour donner plus d’éclat à son teint. L’acteur met du fard avant d’entrer en scène. Sa table de toilette était couverte de fards.
Il signifie encore, figurément, Déguisement, feinte, dissimulation. Un aveu sans fard. C’est un homme sans fard. Parlez-moi sans fard.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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