fade
adjectif · /fadə/
Usage : d'usage courant (8.49 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui manque de saveur, de goût.
Cette soupe est fade, il faut la saler.
Synonyme : insipide.
« Ce gros bec leur donne [aux toucans] une physionomie triste et sérieuse que leurs grands yeux fades et sans feu augmentent encore »Buffon (1707-1788)
Qui manque d'intérêt, de piquant ou de personnalité.
Son discours était fade et sans le moindre éclat.
Synonyme : terne.
« Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant »Boileau (1636-1711)
« Y a-t-il rien de plus fade que la louange que vous vous donnez au commencement de la troisième catilinaire ? »Fénelon (1651-1715)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- fades : pluriel · /fadə/
- fade : singulier · /fadə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
adj.
Qui est sans saveur. Se sentir le cœur fade, avoir, éprouver du dégoût. Fig.
À côté de ce plat paraissaient deux salades, L'une de pourpier jaune et l'autre d'herbes fadesBoileau (1636-1711)
Un vin.... Et qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux, N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreuxBoileau (1636-1711)
Fig. Il se dit de ce qui n'est ni piquant, ni vif, ni animé. Qui est donné comme piquant et ne l'est pas. Un compliment fade. Une plaisanterie fade. Un jeu de mots fade.
Mon Dieu ! laissons là vos comparaisons fadesMolière (1622-1673)
Cela est bien fade à imaginerMme de Sévigné (1626-1696)
En parlant de l'air et du visage, qui est, qui offre le caractère de l'insipidité déplaisante. En parlant des personnes, insipide et prétentieux. Substantivement.
C'était un visage d'homme ; rien de fade, rien d'efféminéHAMILTON
Son teint délicat sans être fadeJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Étymologie : Provenç. fad ; ital. fado ; du latin fatuus, insipide (comparez FAT). L'u est tombé comme dans le provençal vax, de vacuus.
Historique : XIIIe s. Ou s'il avient qu'il soit malades Et truist [trouve] toutes viandes fades Li oil andui [les deux yeux] à ce malade, Ki erent mal, de culur fade, Devenent sain e cler e pur Bien sait qu'elle a esté malade, Qu'encor en a le cuer tot fade XVIe s. C'est le sel pour donner goust et saveur à toute doctrine, qui autrement seroit fade Il treuve puis après tous les autres propos fades, bas et indignes de son exaulcement
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
adj. des deux genres
Qui est sans saveur ou de peu de goût. Un mets fade. De la viande fade. Une sauce fade. Une douceur fade.
Fig., Se sentir le coeur fade, Avoir, éprouver du dégoût.
Il signifie figurément Qui n’a rien de piquant, de vif. Une couleur fade. Un teint fade. Une beauté fade. Un blond fade. Un discours, une conversation fade. C’est un fade complimenteur. Un éloge fade.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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