étude
nom, féminin · /etydə/
Usage : fréquent (54 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Travail intellectuel destiné à acquérir ou approfondir une connaissance.
Elle consacre ses soirées à l'étude de l'arabe.
« J'ai su, pauvre et content, savourer à longs traits Les muses, les plaisirs, et l'étude et la paix »André Chénier (1762-1794)
« Je songe à me connaître et me cherche en moi-même, C'est là l'unique étude où je veux m'attacher »Boileau (1636-1711)
Ensemble des enseignements suivis au cours d'une scolarité, le plus souvent au pluriel.
Il a financé ses études en travaillant tous les étés.
« L'abbé d'Olivet avait dirigé au collége des jésuites les premières études de cet écrivain célèbre [Voltaire] »D'Alembert (1717-1783)
Travail préparatoire et analyse menés avant la réalisation d'un projet.
Une étude de faisabilité sera menée avant le début des travaux.
« Les études de ces artistes montrent combien ils ont encore besoin d'en faire »Diderot (1713-1784)
« Considérez les avantages d'un homme [un orateur] qui n'apprend pas par cœur.... la chaleur qui l'anime lui fait trouver des expressions et des figures qu'il n'aurait pu préparer dans son étude »Fénelon (1651-1715)
Droit. Cabinet d'un notaire ou d'un huissier de justice, où l'on reçoit les clients et où l'on établit les actes : être clerc dans une étude.
Les actes ont été signés à l'étude du notaire vers midi.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : être à l'étude
Grammaire et formes (2)
- études : pluriel · /etydə/
- étude : singulier · /etydə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 12 sens
s. f.
Application d'esprit pour apprendre ou approfondir les sciences, les lettres, les beaux-arts. Passer les jours et les nuits à l'étude. L'étude des mathématiques.
J'estimais fort l'éloquence, et j'étais amoureux de la poésie ; mais je pensais que l'une et l'autre étaient des dons de l'esprit plutôt que des fruits de l'étudeDescartes (1596-1650)
L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipéMontesquieu (1689-1755)
Connaissances acquises. Avoir de l'étude. N'avoir point d'étude, nulle étude, être sans étude, se dit surtout de ceux qui n'ont point les études littéraires qu'on fait d'ordinaire dans la jeunesse. Au plur. Les différents degrés de l'instruction classique. Faire de bonnes études. de mauvaises études. Le cours des études. Traité des études. Faire ses études, passer par les différents degrés d'instruction qui doivent former l'esprit de la jeunesse. On dit de même faire des études. Il n'a pas fait d'études.
Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étudeBoileau (1636-1711)
Sitôt que j'eus achevé tout ce cours d'études, au bout duquel on a coutume d'être reçu au rang des doctesDescartes (1596-1650)
Terme de théâtre. Action d'apprendre par cœur un rôle. On dit plutôt aujourd'hui étudier un rôle. Mettre une pièce à l'étude, en commencer les répétitions. La pièce est à l'étude, elle est en cours de répétitions.
Il ne lui est rien arrivé que je ne lui aie prédit à elle-même, en lui disant adieu, quand je sus l'étude qu'elle faisait de ce rôlePierre Corneille (1606-1684)
Étude, se dit de tout travail préparatoire. L'étude d'une question. Les études d'un chemin de fer. Mettre un projet de loi à l'étude. Ce plan est encore à l'étude.
Un dessin ou un morceau de peinture, de sculpture, exécuté pour l'étude particulière d'un objet. Une étude de draperie, de paysage. Les études de Raphaël. Tête d'étude, tête dessinée pour servir de modèle. Terme de musique. Composition faite pour exercer au doigté, au jeu d'un instrument. Des études pour le violon.
Les études de ces artistes montrent combien ils ont encore besoin d'en faireDiderot (1713-1784)
Nous y vîmes aussi un grand nombre d'études qu'ils avaient faites d'après plusieurs beaux monuments, et en particulier d'après cette fameuse statue de Polyclète, qu'on nomme le canon ou la règleJean-Jacques Barthélemy (1716-1795)
Soin particulier que l'on apporte à quelque chose. Préméditation.
Tandis qu'autour des deux tu perdras ton étude [à deviner lequel des deux est ton fils], Mon âme jouira de ton inquiétudePierre Corneille (1606-1684)
Son âme semble en vivre [de soupçons], et je mets mon étude à trouver des raisons à son inquiétudeMolière (1622-1673)
Objet d'étude, de soin.
Votre exemple est partout une étude pour moiPierre Corneille (1606-1684)
J'ai.... de l'inquiétude De voir qu'un sot amour fait toute votre étudeMolière (1622-1673)
En mauvaise part. Affectation, recherche. Éviter l'apprêt et l'étude. Elle plaît sans étude.
Que ne puis-je vous représenter cet homme simple et sans étude ?Fléchier (1632-1710)
Toute notre vie est une étude de vanitéMassillon (1663-1742)
Étude est quelquefois un titre d'ouvrage, moins usité, il est vrai, que essai. Études sur la musique ancienne.
Anciennement, chambre, cabinet où l'on étudie, où l'on compose.
Et ces heureux hasards des fruits de mon étudePierre Corneille (1606-1684)
Ces vers, produits dans mon étude, Récitent tes commandementsRacan (1589-1670)
Aujourd'hui, lieu où l'on réunit les élèves pour étudier leurs leçons et faire leurs devoirs. Les études de ce collége sont vastes et bien aérées. On dit très souvent aussi : salle d'étude. Dans les lycées de Paris, au lieu d'étude, on dit ordinairement quartier. Le temps de ces exercices. L'étude la plus longue est celle du soir. Maître d'étude, maître chargé de la surveillance pendant les études, les récréations et les promenades. Le titre officiel est, depuis quelques années, maître-répétiteur.
Pièce où un notaire, un avoué, un huissier fait travailler ses clercs. Dépôt des minutes et des papiers que les notaires et les avoués conservent ; clientèle du notaire, de l'avoué, etc. Acheter une étude. Il cède son étude à son premier clerc.
Étymologie : Wallon, sitûd, s. f. ; provenç. estudi ; espagn. estudio ; portug. estudo ; ital. studio ; du lat. studium. Estudie au XIIe siècle est purement orthographique ; le vers montre que la prononciation était estuide. Plus tard estudie se dit, mais alors il est calqué sur le latin.
Historique : XIIe s. Ainz voliez poverte de vostre gré porter, En oreisun adès e en estudie ester XIIIe s. [Les rois qui] Fierement metent lor estuide à faire entor eus armer gens XVe s. Il ne vous est mie mestiers, Dame, dis-je, que le vous die ; Car, sans mettre y vostre estudie, Vous en savés là et avant Colleges, n'attendez demain ; Estudes [universités], vous deussiez aler Devers le roy pour enhorter Le concille, et chercher le voir [le vrai] En laquelle chose France a grand honneur, le roy et les princes d'icelle, avec la noble université de l'estude de Paris J'ai ma fille à marier, où j'ay grant est…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 12 sens
n. f.
Travail, application d’esprit en vue d’acquérir une connaissance. S’adonner, s’appliquer, se livrer à l’étude des sciences, des arts libéraux. Il a fait une étude particulière du latin, de l’histoire, de la géométrie, de l’architecture. étude approfondie. étude superficielle.
Dans les établissements d’instruction, Salle d’étude, ou simplement étude, Salle où l’on réunit les élèves pour leur faire étudier les leçons et composer les devoirs donnés par le professeur. Aller, se rendre à l’étude. Sortir de l’étude. On appelle Maître d’étude Celui qui surveille les élèves pendant les heures de travail et de récréation. On appelle encore étude Le temps que l’on passe à étudier dans la salle d’étude. L’étude du soir est la plus longue.
Faire ses études, Passer par les différents degrés d’instruction qui doivent former l’esprit de la jeunesse. On dit de même Faire de bonnes, de mauvaises études. Commencer, terminer ses études, le cours de ses études. La durée des études. Traité des études.
Il se dit aussi de Tout travail préparatoire d’une question, d’un projet, etc. Les études d’une ligne de chemin de fer. Mettre un projet de loi à l’étude.
En termes de Peinture et de Sculpture, il désigne un Dessin ou un morceau de peinture, de sculpture, qu’un artiste exécute pour bien connaître tel ou tel objet, et pour s’exercer à le bien représenter. Une étude de tête, de main, de draperie, d’arbre, de rocher, etc. étude de Raphaël, de Michel-Ange. Un recueil d’études des plus grands maîtres.
Tête d’étude, Dessin d’une tête, propre à servir de modèle et fait ordinairement d’après quelque tableau d’un grand maître.
En termes de Musique, il se dit d’une Composition faite pour exercer au doigté, au jeu d’un instrument. étude pour le violon, pour le piano.
En termes de Théâtre, étude d’un rôle, Travail que fait un acteur pour se pénétrer de l’esprit d’un rôle qu’il doit jouer. Mettre une pièce à l’étude, En distribuer les rôles.
Il s’emploie également comme Titre d’ouvrage. étude sur la musique grecque. études historiques. Dans ce sens on emploie aussi le mot ESSAI.
Il se dit, par extension, du Soin particulier qu’on apporte pour parvenir à quelque chose que ce soit. Il ne songe qu’à faire bonne chère, c’est là son étude. Il y met toute son étude. Il en fait son étude, toute son étude.
Il se dit également de l’Office, de la charge ou privilège d’un officier public ou ministériel. Ce notaire a vendu son étude. Cette étude vaut trois cent mille francs.
Il se dit encore du Lieu où un notaire, un avoué, un huissier, un commissaire-priseur travaille ordinairement et où il fait travailler ses clercs. Il y a cinq clercs dans cette étude. Fait et passé en l’étude de maître un tel.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée étude#67233.