Aller au contenu

éternité

éternité

nom, féminin · /etɛʁnite/

Usage : fréquent (25 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Durée sans commencement ni fin.

    Les philosophes se demandent si l'univers existe de toute éternité.

    « [J'ai] Quelquefois, sur l'Atlas, médité, près des dieux, L'éternité du temps, l'immensité des cieux »Ducis (1733-1816)

    « J'ai réservé pour moi L'éternité qui te précède, L'éternité qui s'avance est à toi »Jacques Delille (1738-1813)

  2. Religion. Vie après la mort, selon certaines croyances religieuses.

    Les fidèles espèrent le repos de l'éternité après leur mort.

    « C'est un fait constant que l'Église chrétienne a toujours cru la divinité de Jésus-Christ, l'immortalité de l'âme et l'éternité des peines »Bossuet (1627-1704)

    « La bonté de Dieu n'exclut point l'éternité des peines, ni l'éternité des peines n'est point contraire à la bonté de Dieu »Bourdaloue (1632-1704)

  3. Familier. Fam. Durée qui paraît extrêmement longue.

    On a attendu le médecin pendant une éternité.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : de toute éternité

Grammaire et formes (2)
  • éternités : pluriel · /etɛʁnite/
  • éternité : singulier · /etɛʁnite/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 7 sens

s. f.

  1. Durée qui n'a ni commencement ni fin. Dieu est de toute éternité. De toute éternité, dans l'éternité, c'est-à-dire d'après le dessein éternellement le même de Dieu. De toute éternité, signifie aussi de temps immémorial. Cela est ainsi de toute éternité.

    Je vois ces effroyables espaces de l'univers qui m'enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu'en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m'est donné à vivre m'est assigné à ce point plutôt qu'à un autre de toute l'éternité qui m'a précédé et de toute celle qui me suitPascal (1623-1662)

    Quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée dans l'éternité précédant et suivant.... je m'effraie....Pascal (1623-1662)

  2. Temps qui n'aura point de fin.

    Et j'estimerai plus une mort qui lui plaise.... Qu'une éternité qui ne lui plairait pasRotrou (1609-1650)

    C'est un fait constant que l'Église chrétienne a toujours cru la divinité de Jésus-Christ, l'immortalité de l'âme et l'éternité des peinesBossuet (1627-1704)

  3. La vie future. L'éternité bienheureuse, le bonheur sans fin des élus. L'éternité malheureuse, le malheur sans fin des damnés.

    Il est une autre voie et plus sûre et plus prompte Que dans l'éternité j'aurais lieu de bénirPierre Corneille (1606-1684)

    Près du grand voyage de l'éternitéMme de Sévigné (1626-1696)

  4. Au plur. Éternités, l'éternité passée et l'éternité à venir. Le bonheur éternel des élus, le malheur éternel des damnés.

    Un philosophe nommé Timée a dit, il y a plus de deux mille cinq cents ans, que notre existence se trouve entre deux éternités ; et les jansénistes, ayant trouvé ce mot dans les paperasses de Pascal, ont cru qu'il était de luiVoltaire (1694-1778)

    La nature m'a donné la permission de passer encore quelque temps dans ce monde, c'est-à-dire une seconde entre ce qu'on appelle deux éternités, comme s'il pouvait y en avoir deuxVoltaire (1694-1778)

  5. Par exagération, un temps fort long. Cela est solide et durera une éternité. Cette heure si douloureuse m'a paru une éternité.

  6. Titre que l'on donnait aux empereurs romains.

    Prince sublime [Galérius], je vais commencer à punir les factieux qui blasphèment ton éternitéChateaubriand (1768-1848)

  7. Mémoire éternelle.

    Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanitéMalherbe (1555-1628)

Étymologie : Provenç. eternitat ; espagn. eternidad ; ital. eternità ; du lat. æternitatem (voy. ÉTERNEL).

Historique : XIIIe s. Devant le commencement n'estoit nul tens, mais sa eternité [de Dieu]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens

n. f.

  1. Durée qui n’a ni commencement ni fin. L’éternité de Dieu. Dieu est de toute éternité. Le temps n’est qu’une partie de l’éternité.

  2. Il se dit aussi d’une Durée qui a un commencement, mais qui n’aura point de fin. L’Empire romain s’était promis l’éternité. Dans ce sens on l’emploie surtout en parlant de la Vie à venir. éternité bienheureuse. Il ne songe point à l’éternité.

  3. Il désigne encore, par exagération, un Temps fort long. Ces bâtiments dureront une éternité. En voilà pour une éternité. Cette année d’attente fut pour moi une éternité.

  4. De toute éternité, De temps immémorial.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée éternité#67093.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.