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entier

entier

adjectif · /ɑ̃tje/

Usage : très fréquent (112 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui comprend toutes ses parties, sans qu'il en manque aucune.

    Il a mangé la tarte entière.

    Synonyme : complet.

    « Le Parthénon subsista dans son entier jusqu'en 1687 »Chateaubriand (1768-1848)

  2. Qui n'a subi aucune diminution, total, complet.

    Elle m'a donné sa confiance entière.

    Synonyme : total.

    « Ce n'était pas une explication qui laissât en son entier le fond du mystère »Bossuet (1627-1704)

  3. Qui affirme ses positions sans nuance et ne transige pas.

    C'est un homme entier, qui ne revient jamais sur ses opinions.

    « Ce vieux plaideur, quoique inflexible et entier presqu'autant que son adversaire, n'a pu résister à l'ascendant qui nous a tous subjugués »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  4. Mathématiques. Se dit d'un nombre qui ne comporte pas de fraction.

    Sept est un nombre entier.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : à part entière

Grammaire et formes (4)
  • entières : pluriel féminin · /ɑ̃tjɛʁə/
  • entiers : pluriel masculin · /ɑ̃tje/
  • entière : singulier féminin · /ɑ̃tjɛʁə/
  • entier : singulier masculin · /ɑ̃tje/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 12 sens

adj.

  1. Qui a toutes ses parties, toute son étendue. L'univers entier. Le gâteau est encore entier. Terme de botanique. Se dit des feuilles et des pétales dont la circonférence n'est ni incisée ni dentelée. Terme de féodalité. Homme lige entier, vassal qui n'est attaché par le serment de fidélité qu'à un seul seigneur.

    Du corps du grand Rantzau tu n'as qu'une des parts ; L'autre moitié resta dans les plaines de Mars ; Il dispersa partout ses membres et sa gloire ; Et Mars ne lui laissa rien d'entier que le cœur

    Personne [pendant une bataille] ne sentit un tremblement de terre qui arriva dans cette contrée, et qui renversa des villes entièresRollin (1661-1741)

  2. Qui n'est pas châtré. Cheval entier.

  3. Terme d'arithmétique. Unité entière, celle qui n'indique pas de fraction. Nombre entier, tout nombre qui ne renferme que des unités entières.

  4. Fig. Il se dit des choses abstraites, morales, qui sont dans leur totalité. Une entière confiance. Une entière indépendance. Une soumission entière.

    Je l'envisage entier [notre malheur], mais je n'en frémis pointPierre Corneille (1606-1684)

  5. Qui n'a pas subi de diminution, de déchet, de modification. La question reste entière, c'est-à-dire elle n'est pas résolue du tout, on a répondu à des difficultés accessoires, mais non à la véritable qui faisait le fond même de la question. Qu'est-ce que les comètes ? les anciens pensaient que c'étaient des vapeurs ; mais l'observation a montré que c'étaient des corps bien au delà du cercle de la lune ; la question a changé de face, mais elle reste entière. Les choses ne sont plus entières, c'est-à-dire les circonstances ne sont plus les mêmes. Ne laisser rien d'entier, toucher à tout, innover en tout, changer tout.

    Un homme d'une réputation peu entièreSaint-Simon (1675-1755)

    Il abusa de ce secours [les calmants], si c'était en abuser que de l'employer à diminuer ses peines et à conserver plus entières les facultés de son âmeCondorcet (1743-1794)

  6. Qui maintient entières ses idées, ses volontés. C'est un homme entier. Terme de manége. Cheval entier, celui qui refuse de tourner. Il peut être entier à une main ou aux deux mains, suivant qu'il a de la peine à tourner d'un seul côté ou des deux côtés.

    En tous ses sentiments elle est assez entièreTristan L'Hermite (1601-1655)

    Plus entier que jamais en son impiétéRotrou (1609-1650)

  7. Il se joint à tout ; ce qui lui donne plus de force. Le pays tout entier se souleva. Cette affaire, cette fonction exige un homme tout entier, c'est-à-dire elle exige toutes les forces et tout le temps d'un homme. Tout entier à, uniquement occupé de. Livré tout entier à mon nouveau goût. Se livrer tout entier à, se donner tout entier à, se donner, consacrer tout son temps, se dévouer à. Il se donne tout entier à l'étude. Se donner tout entier à son pays. On dit dans un même sens se donner entier. Mourir tout entier, mourir sans laisser de postérité, de souvenir, de renommée. En un autre sens, il est mort tout entier, il est mort avec ses facultés entières, avec toutes ses facultés.

    La haine sur Titus tombera tout entièreJean Racine (1639-1699)

    Quand pourront les neuf sœurs, loin des cours et des villes, M'occuper tout entier, et m'apprendre des cieux Les divers mouvements inconnus à nos yeux !La Fontaine (1621-1695)

  8. S. m. La totalité, l'ensemble d'une chose. Ce passage est rapporté dans son entier. En son entier, dans un état d'intégrité, intact, dans le même état qu'auparavant. Remettre les choses en leur entier.

    Ce n'était pas une explication qui laissât en son entier le fond du mystèreBossuet (1627-1704)

    Le Parthénon subsista dans son entier jusqu'en 1687Chateaubriand (1768-1848)

  9. Terme d'arithmétique. Un entier, un nombre entier.

  10. Le mot qui fait le sujet d'une charade et qui se divise le plus souvent en deux parties nommées le premier et le dernier. On dit aussi le tout.

  11. Un entier, un cheval entier.

  12. En entier, loc. adv. Entièrement, complétement. Il a récité le morceau en entier. Terme de droit. Restitution en entier, voy. RESTITUTION.

Étymologie : Bourguig. antei ; provenç. entier, entieyr, enteir ; catal. enter ; espagn. et ital. intero ; portug. inteiro ; du latin integrum (avec l'accent sur te), entier (voy. INTÈGRE).

Historique : XIIe s. Set ans aconplis et entiers Ja cil d'Espaigne n'eschaperont entier Bien [je] peüsse ma joie avoir entiere D'esgarder, de veoir Il tenoit un espié dont la hante est entiere Idunc l'en comencierent al mustier amener ; Mais parmi l'entier mur lur estoveit [il leur fallait] aler, E par les huis fermez, s'il volsissent passer XIIIe s. Et les ronces n'ont pas laissé sa robe entiere Qui veïst Blanchefleur la dame au cuer [cœur] entier [excellent] Dame, voici, il est mes sire ; Je sui son home lige entiers XIVe s. Et requeroient que la chose fust gardée entiere jusques à la venue de lui XVe s.…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 11 sens

adj.

  1. Qui a toutes ses parties, ou que l’on considère dans toute son étendue. Un pain entier. Un jour entier. Une province entière. L’univers entier. On y joint quelquefois le mot tout, pour s’exprimer avec plus de force. Attendre une heure tout entière. Lire un livre tout entier.

  2. Il s’emploie aussi comme nom. En son entier. En leur entier. Façons de parler qu’on emploie pour marquer qu’il n’y a rien de changé, d’altéré dans les choses dont on parle, qu’elles sont encore au même état qu’auparavant. Ce passage est rapporté en son entier dans tel livre. Ce temple est encore en son entier. Remettre les choses en leur entier.

  3. En entier, En totalité, entièrement. J’ai lu l’ouvrage en entier. Il faut le refaire en entier.

  4. En termes d’Arithmétique, Unité entière se dit d’une Unité quelconque par opposition aux nombres qui indiquent des fractions. Il s’emploie comme nom dans le même sens. Un entier. Deux entiers et un cinquième. Quatre quarts font un entier. On appelle de même Nombre entier Tout nombre qui ne renferme que des unités entières.

  5. En termes de Botanique, Feuille entière Feuille qui n’a aucune découpure sur ses bords. Les feuilles de lilas sont entières. On dit de même Pétale entier.

  6. Il signifie figurément Qui n’a subi aucune altération. Vivre dans un entier détachement des choses du monde. Avoir une entière confiance en Dieu. Une entière soumission. Conserver sa raison tout entière. Laisser une entière liberté à ses amis. Conserver sa réputation entière, sa vertu entière. La confiance entière qu’on avait en cette banque a causé la ruine de bien des gens.

  7. La question reste entière, La question reste intacte, est toujours la même. On dit aussi, surtout dans le langage des affaires, Les choses ne sont pas entières, L’état des choses a changé, les circonstances ne sont plus les mêmes.

  8. Fig., Cette affaire, cette fonction, cette science prend l’homme tout entier, Il est nécessaire d’y employer tous ses soins, toute son attention et tout son temps. On dit dans un sens analogue Se donner, se livrer tout entier à un travail, à une étude, etc.

  9. Mourir tout entier, Ne laisser aucun souvenir, aucune renommée après sa mort.

  10. Cheval entier, Qui n’a pas été châtré.

  11. Il signifie en outre, figurément, Qui ne supporte aucune atténuation dans ses opinions, dans ses convictions, qui ne se laisse point entamer par la discussion. C’est un homme entier, bien entier, fort entier dans ses opinions. C’est un esprit très entier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée entier#25399.

entier

nom, masculin · /ɑ̃tje/

Usage : d'usage courant (5.02 occurrences par million, Lexique 3.83).

Voir aussi : forme féminine entière

Grammaire et formes (2)
  • entiers : pluriel · /ɑ̃tje/
  • entier : singulier · /ɑ̃tje/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée entier#25398.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.