émotion
nom, féminin · /emɔsjɔ̃/ ou /emosjɔ̃/
Usage : fréquent (43 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Réaction affective intense, souvent brève, provoquée par un événement ou une pensée.
L'émotion l'a empêchée de parler.
« Qui pourrait n'être pas ému à ce spectacle [la mort de la reine] ? mais ces émotions d'un jour, qu'opèrent-elles ? »Bossuet (1627-1704)
« Le peu d'émotion qu'il eut de sa contusion »Mme de Sévigné (1626-1696)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : aimer les émotions fortes · sous le coup de l'émotion
Grammaire et formes (2)
- émotions : pluriel · /emɔsjɔ̃/ ou /emosjɔ̃/
- émotion : singulier · /emɔsjɔ̃/ ou /emosjɔ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Mouvement qui se passe dans une population. Mouvement excité dans les humeurs, dans l'économie. Il a trop marché, cela lui a donné de l'émotion. Une émotion de fièvre, un léger mouvement de fièvre. Il n'a plus la fièvre, mais je lui trouve encore de l'émotion. Terme de médecine. Émotion du pouls, état d'un pouls qui s'écarte un peu, pour la vivacité et la fréquence, de l'état naturel. Ici émotion est pris au sens physique.
On ne parle que de la guerre ; le roi a deux cent mille hommes sur pied ; toute l'Europe est en émotionMme de Sévigné (1626-1696)
Agitation populaire qui précède une sédition, et quelquefois la sédition elle-même ; ce qui est un mouvement moitié physique, moitié moral.
Rome autrefois a vu de ces émotionsPierre Corneille (1606-1684)
Beautru et Nogent traitaient l'émotion de bagatelleCardinal de Retz (1613-1679)
Mouvement moral qui trouble et agite, et qui se produit sous l'empire d'une idée, d'un spectacle, d'une contradiction, et quelquefois spontanément sous l'influence d'une perturbation nerveuse, comme cela a lieu quelquefois dans l'hypocondrie. En un sens particulier, trouble heureux ou doux de l'âme.
Une des choses qui m'effrayait le plus, était que, lorsque j'étais bien haut et que je regardais en bas, la couverture [où on le bernait] me paraissait si petite qu'il me semblait impossible que je retombasse dedans ; et je vous avoue que cela me donnait quelque émotionVoiture (1597-1648)
Si ce grand silence à ton émotion fait quelque violencePierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Lat. emotionem, de emotum, supin de emovere, émouvoir (voy. ÉMOUVOIR).
Historique : XVIe s. Lors de l'emotion de Catilina [conspiration, soulèvement]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. f.
Trouble de l’âme. émotion vive, forte, légère. De douces, de tendres émotions. éprouver beaucoup d’émotion. Parler avec émotion. Il ne ressentit pas la moindre émotion en apprenant cette nouvelle.
Il se dit aussi des Mouvements populaires qui annoncent une disposition au soulèvement, à la révolte. Une émotion commenca de se dessiner dans la ville. Calmer l’émotion populaire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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