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dieu

dieu

nom, masculin · /djø/

Usage : très fréquent (650 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Être suprême, créateur et principe de l'univers dans les religions monothéistes.

    « Qui frappe l'air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ? »Boileau (1636-1711)

    « Dans mes calculs, Dieu ! quel déboire, Si de ton héros je parlais ! »Béranger (1780-1857)

  2. Être surnaturel vénéré dans une religion polythéiste, chargé d'un domaine du monde ou de l'activité humaine.

    Les Grecs anciens vénéraient un dieu de la mer.

    « Je conçois qu'on reçut d'abord les oracles avec avidité et avec joie, parce que rien n'était plus commode que d'avoir des dieux toujours prêts à répondre sur tout ce qui causait de l'inquiétude ou de la curiosité »Fontenelle (1657-1757)

  3. Personne ou chose que l'on admire au point de lui vouer une sorte de culte.

    Pour ces fans, le chanteur est un dieu.

    « Diamants, brillants, et belles guinées de Dieu »Antoine Hamilton (1646-1720)

    « Cette engeance, qui ne connaît, comme vous le dites si bien, que deux dieux, l'intérêt et l'orgueil »D'Alembert (1717-1783)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : à Dieu ne plaise · Dieu merci · Dieu seul sait · être dans le secret des dieux · jurer ses grands dieux · le crépuscule des dieux

Grammaire et formes (2)
  • dieux : pluriel · /djø/
  • dieu : singulier · /djø/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 13 sens

s. m.

  1. Nom du principe, unique ou multiple, qui, dans toutes les religions, est placé au-dessus de la nature.

  2. L'être infini créateur et conservateur du monde dans la religion chrétienne, et aussi dans le mahométisme, dans le judaïsme, et parmi ceux qu'on nomme déistes. En ce sens il est employé sans article. Il est devant Dieu, c'est-à-dire il est mort. Dieu sur tout, locution dont on se sert pour dire que l'avenir est inconnu et qu'il adviendra selon la volonté de Dieu. Entre Dieu et soi, secrètement. Par la grâce de Dieu, formule qu'emploient les princes souverains pour indiquer qu'ils tiennent leur pouvoir de Dieu. Il ne relève que de Dieu et de son épée, se dit d'un souverain qui n'en reconnaît aucun autre au-dessus de lui, et se disait autrefois particulièrement du roi de France. Paix ou trêve de Dieu, paix imposée, durant le moyen âge, par l'autorité religieuse aux seigneurs féodaux à des époques déterminées. Adjectivement. L'Homme-Dieu, Jésus-Christ, par allusion au mystère de l'Incarnation. Il est aussi adjectif dans cette phrase de Bossuet : Tout était dieu, excepté Dieu lui-même, Hist. II, 3.

    C'est Dieu qui nous fait vivre, C'est Dieu qu'il faut aimerMalherbe (1555-1628)

    Et Dieu qui tient votre âme et vos jours dans sa mainPierre Corneille (1606-1684)

  3. Locutions composées où le nom de Dieu est employé. Familièrement. Cela va comme il plaît à Dieu ; cela va Dieu sait comme, se dit d'une affaire dont la conduite est négligée. S'il plaît à Dieu, avec l'aide de Dieu, Dieu aidant, se dit pour exprimer le désir, l'espoir qu'on a de réussir. Dieu merci, grâce à Dieu, se dit pour exprimer le contentement. Ne craindre ni Dieu ni diable, se dit d'un méchant homme ou d'un homme déterminé que rien n'arrête. C'est un homme de Dieu, tout de Dieu, tout en Dieu, se dit d'un homme fort pieux, fort dévot. Cela lui vient de la grâce de Dieu, lui vient de Dieu grâce, se dit de tout ce qui arrive d'avantageux sans qu'on y ait contribué par ses soins. Devant Dieu, Dieu m'est témoin, Dieu m'en est témoin, sur mon Dieu, formules d'affirmation. Dieu sait, locution qui exprime la négation ou le doute. Dieu sait si j'en ai la pensée, c'est-à-dire je n'en ai certainement pas la pensée. Dieu sait ce qu'il en arrivera, c'est-à-dire ce qui arrivera est caché dans l'avenir. Dieu le sait, locution qui exprime l'affirmation ou qui indique qu'on ignore. Je suis innocent, Dieu le sait. Où serons-nous l'an prochain ? Dieu le sait. Plaise à Dieu, plût à Dieu ! locution qui exprime le désir. Plaise à Dieu qu'il en soit ainsi ! Plût à Dieu qu'il vécût encore ! On dit dans le même sens : Dieu le veuille ! À Dieu ne plaise ! locution exprimant la crainte. À Dieu ne plaise qu'une vie si précieuse soit tranchée ! Dieu vous bénisse, Dieu vous assiste, Dieu vous entende, Dieu vous soit en aide ; façons de parler qu'on emploie (ou plutôt qu'on employait, car cette habitude se perd) quand quelqu'un éternue, et aussi pour adoucir le refus qu'on fait à un pauvre de lui donner l'aumône. Dieu vous entende signifie aussi : Plaise à Dieu. Votre enfant guérira. - Dieu vous entende ! Dieu vous gard' ou vous garde, ancienne façon de parler qui s'employait pour saluer quelqu'un en l'abordant. Dieu merci et vous, Dieu merci et à vous, locution dont le peuple se servait autrefois pour exprimer la reconnaissance d'un service. Pour l'amour de Dieu, dans la seule vue de plaire à Dieu et, par suite, sans aucun intérêt. Pour l'amour de Dieu, signifie aussi je vous prie en grâce. Comme pour l'amour de Dieu, ironiquement, exprime qu'une chose a été dite ou faite à contre-cœur. On lui en a donné comme pour l'amour de Dieu.

    Ne fût-ce que pour l'heur d'avoir qui vous salue D'un, Dieu vous soit en aide, alors qu'on éternueMolière (1622-1673)

    Dieu vous gard', mon frèreMolière (1622-1673)

  4. Locutions archaïques conservées où Dieu est joint sans préposition au mot qu'il détermine. Le lever-Dieu, le moment de la messe où le prêtre élève l'hostie. La fête-Dieu, la fète du Saint-Sacrement. Hôtel-Dieu, nom donné à l'hôpital principal de plusieurs villes.

  5. Il s'emploie explétivement, dans le langage familier, pour ajouter à la force de l'expression.

    Belles comtés, Beaux marquisats de Dieu qu'il possédaitLa Fontaine (1621-1695)

    Diamants, brillants, et belles guinées de DieuAntoine Hamilton (1646-1720)

  6. Diverses interjections, exclamations, où le nom de Dieu est employé. Jour de Dieu, exclamation de colère, d'indignation. Ainsi Dieu m'aide ou me soit en aide, vieille formule affirmant avec solennité. Dieu me pardonne, exclamation par laquelle on s'excuse de quelque chose qu'on a fait ou qu'on allait faire. Dieu me pardonne exprime aussi surprise, indignation. Dieu me pardonne, il m'a pris mon argent ! Dieu me damne, sorte de jurement. vec un article ou autre déterminatif, Dieu considéré à un point de vue particulier. Le Dieu des juifs. Le Dieu des chrétiens.

    Dieu ! Mon Dieu ! Grand Dieu ! Juste Dieu ! Bon Dieu ! Pour Dieu ! Bon Dieu ! je tremblePierre Corneille (1606-1684)

    .... Mon Dieu ! laissons là vos comparaisons fadesMolière (1622-1673)

  7. Le Dieu vivant, Dieu, l'Éternel. Le Dieu fort, le Dieu jaloux, le Dieu des armées, noms que Dieu a dans l'Écriture sainte et que les orateurs chrétiens lui donnent souvent en chaire. Dans un emploi analogue.

    Le Dieu vivant m'est témoin que son ange m'a gardéLemaistre de Sacy (1613-1684)

    Ainsi du Dieu vivant la colère étincelleJean Racine (1639-1699)

  8. Le bon Dieu, Dieu. Par extension, l'hostie consacrée et particulièrement le viatique. Porter, recevoir le bon Dieu. Un homme du bon Dieu, un homme simple, doux, crédule.

    Un enfant répète après sa mère une prière au bon DieuChateaubriand (1768-1848)

    Un vrai Parisien de Paris, un archiparisien du bon DieuJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  9. Dieu, être surhumain du polythéisme qui présidait au gouvernement d'une classe de phénomènes, d'un astre, d'un domaine de la nature. Les dieux des gentils. Les douze grands dieux, Jupiter, Mars, Neptune, Pluton, Vulcain, Apollon, Junon, Vesta, Minerve, Cérès, Diane et Vénus. Mercure était le dieu du commerce. Un dieu Gaulois. Rome ouvrit son Panthéon aux dieux des nations qu'elle avait soumises. Les dieux du premier, du second ordre. Les dieux de la fable, les dieux du polythéisme, considérés comme appartenant non plus à une religion, mais à la mythologie. En dieu, comme un dieu, comme un être divin, supérieur. Familièrement. Comme un dieu, très bien, parfaitement. Il parle comme un dieu. Dieux ! Justes dieux ! Grands dieux ! Bons dieux ! loc. interj. dont on se sert pour exprimer des sentiments très divers. Jurer ses grands dieux, affirmer avec de grandes protestations.

    Trop favorables dieux, vous m'avez écoutée, Quels foudres lancez-vous quand vous vous irritez ?Pierre Corneille (1606-1684)

    Pensez-vous que les dieux vengeurs des innocents D'une main parricide acceptent de l'encens ?Pierre Corneille (1606-1684)

  10. Demi-dieu, être surhumain d'un ordre inférieur dans le polythéisme, ou homme né d'un dieu et d'une mortelle, comme Hercule. Par extension, héros, homme supérieur à l'humanité.

    C'est par elle [la justice] qu'un roi se fait un demi-dieuPierre Corneille (1606-1684)

    De ces fameux proscrits, ces demi-dieux mortelsPierre Corneille (1606-1684)

  11. Par extension, les dieux de la terre, les rois, les puissants du jour.

    Ce qui flatte les ambitieux, c'est une image de la toute-puissance qui semble en faire des dieux sur la terreBossuet (1627-1704)

  12. Personnage qui excite l'enthousiasme, la vénération, l'amour. Ils le regardaient comme leur sauveur et leur dieu. Pour eux c'était un dieu. Vous êtes un dieu, se dit à quelqu'un dans l'ivresse de l'admiration et de la reconnaissance. Celui qui a une grande supériorité, qui domine. Le dieu de la poésie. Vestris fut surnommé le dieu de la danse.

    Il est le dieu du peuple et celui des soldatsPierre Corneille (1606-1684)

    Antoine est-il pour eux un dieu plus favorable ?Voltaire (1694-1778)

  13. Fig. L'objet d'un culte. L'argent est le dieu du jour. Faire son dieu, se faire un dieu de quelqu'un ou de quelque chose, avoir pour quelqu'un, pour quelque chose un attachement excessif. Il n'aime que les richesses ; il en fait son dieu.

    Délaissés des faux dieux en qui vous aviez mis votre espéranceMassillon (1663-1742)

    Elle se fait un dieu de ce prince charmant, Et vous doutez encor qu'elle en fasse un amant ?Jean Racine (1639-1699)

Étymologie : Picard, guiu, diu, djiu ; bourguig. dei ; franc-comtois, due ; provenç. deus, dieus ; catal. deu ; espagn. dios ; portug. deos ; ital. dio ; du latin deus. Dans le vieux français, deus, dex, diex, au nominatif ; deu, dieu, au régime.

Historique : IXe s. Pro Deo amur In quant Deus savir et podir me dunat [me donne de savoir et pouvoir] Xe s. Voldrent la veintre li Deo inimi [les ennemis de Dieu voulurent la vaincre] XIe s. Li reis Marsile la tient [l'Espagne] ki Deu nen aime Dient Franceis : Deus ! que pourrat-ce estre ? Cil premier cop est nostre, Deu merci Por Deu, [je] vous prie que ne seiez fuiant XIIe s. La loi Deo [de Dieu] Beau sires niés [neveu], entendez moi pour Dé Qui par nos dex [dieux] veut avoir sauvison Mi dame deu [mes seigneurs dieux], je vous ai mout servi Mais se Dieu plaist, ce ne m'aviendra mie Jà puis Dex ne me doi…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 38 sens

n. m.

  1. être suprême, créateur de l’univers. L’idée de Dieu. La croyance en Dieu. Nier qu’il y ait un Dieu. Nier Dieu. Dieu est infini, éternel, immuable, tout-puissant, tout bon, tout miséricordieux. Dieu est la souveraine sagesse. Traité de l’existence de Dieu. Les attributs de Dieu. La toute-puissance, la majesté infinie de Dieu. Le tribunal de Dieu. C’est une grâce de Dieu, une bénédiction de Dieu, un don de Dieu, une protection visible de Dieu. Croire en Dieu. Croire à Dieu. Aimer, adorer, honorer Dieu. Prier Dieu. Invoquer le nom de Dieu. Se recommander à Dieu. Servir Dieu. Obéir à Dieu. Mettre sa confiance, son espérance en Dieu. Dieu puissant, secourez-nous. Pardonnez-moi, grand Dieu. ô mon Dieu, je vous implore. élever ses enfants dans la crainte de Dieu. Rendre gloire à Dieu. Revenir à Dieu. Dieu l’a touché. Blasphémer le nom de Dieu. Le bras de Dieu l’a frappé. On reconnaît en cela le doigt de Dieu. JÉSUS-CHRIST est Dieu- Homme, est Homme-Dieu. Le Fils de Dieu. La Vierge est appelée la Mère de Dieu. Par opposition aux divinités du paganisme, on dit Le vrai Dieu. Le Dieu des chrétiens.

  2. Le bon Dieu s’emploie souvent, dans la religion catholique, pour Dieu. Prier le bon Dieu. Le bon Dieu vous bénira, vous récompensera. Il a reçu le bon Dieu, Il a communié. Porter le bon Dieu à un malade.

  3. être devant Dieu, être mort.

  4. Paraître devant Dieu, Mourir.

  5. Prov., L’homme propose et Dieu dispose. Voyez

  6. PROPOSER.

  7. Prov., La voix du peuple est la voix de Dieu, Proverbe qui suppose que le sentiment général est fondé sur la vérité.

  8. Prov., Ce que femme veut, Dieu le veut. Voyez

  9. FEMME.

  10. Fig., Cela va comme il plaît à Dieu, se dit d’une Affaire qui n’est pas dirigée. Tout va, dans cette maison, comme il plaît à Dieu.

  11. Fig., Ne craindre ni Dieu, ni diable. Voyez

  12. CRAINDRE.

  13. C’est un homme de Dieu, tout en Dieu, se dit d’un Homme fort pieux, fort dévot. On dit dans le même sens être abîmé en Dieu.

  14. Fig., Cela lui vient de la grâce de Dieu. Voyez

  15. GRÂCE.

  16. à la grâce de Dieu! Voyez

  17. GRÂCE.

  18. Par la grâce de Dieu. Voyez

  19. GRÂCE.

  20. S’il plaît à Dieu. Façon de parler conditionnelle dont on se sert en parlant des Choses qu’on souhaite ou qu’on a intention de faire. Il en réchappera, s’il plaît à Dieu. Je compte arriver demain, s’il plaît à Dieu. Dans une acception à peu près semblable, on dit aussi Avec l’aide de Dieu, et familièrement, Dieu aidant.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée dieu#20599.

dieu

interjection

Grammaire et formes (1)
  • dieu : forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée dieu#131710.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.