détourné
adjectif · /detuʁne/ ou /dɛtuʁne/
Usage : d'usage courant (1.71 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui n'emprunte pas le chemin direct, qui fait un écart : prendre un chemin détourné.
Nous avons pris un chemin détourné pour éviter la foule.
« Il vous mènera de là dans une rue détournée »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
« Il y a, pour arriver aux dignités, ce qu'on appelle la grande voie ou le chemin battu ; il y a le chemin détourné ou de traverse qui est le plus court »La Bruyère (1645-1696)
Indirect, qui use de moyens obliques pour atteindre son but : des allusions détournées.
Il lui a fait comprendre par des moyens détournés qu'il n'était pas le bienvenu.
Synonymes : indirect, oblique.
« Ce n'est que par faiblesse et faute de connaître le droit chemin qu'on prend des chemins détournés et qu'on a recours à la ruse »Fénelon (1651-1715)
« Je reçois votre paquet par une voie détournée »Mme de Sévigné (1626-1696)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (4)
- détournées : pluriel féminin · /detuʁne/ ou /dɛtuʁne/
- détournés : pluriel masculin · /detuʁne/ ou /dɛtuʁne/
- détournée : singulier féminin · /detuʁne/ ou /dɛtuʁne/
- détourné : singulier masculin · /detuʁne/ ou /dɛtuʁne/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 10 sens
part. passé.
Qui ne suit plus son chemin direct. Une fois détourné de sa route, il n'hésita pas à aller plus loin. Fig. À qui on a fait perdre la droite conduite. Détourné de son devoir par de mauvais conseils. Absolument. Une mineure détournée, une jeune fille soustraite par fraude à ses parents.
Qui fait une sinuosité. Un fleuve détourné de son cours. Chemin, sentier détourné, chemin écarté et peu fréquenté. Fig. Voie détournée, moyen indirect, biais pour arriver à un but. Terme de grammaire. Sens détourné, toute signification qui n'est pas la signification propre du mot, et spécialement celles qui semblent le plus s'en éloigner. Demeure signifiant d'abord retard, délai, le sens d'habitation, de domicile est un sens détourné. Louange détournée, louange délicate, qui ne s'adresse pas directement à la personne qu'on veut louer. On dit de la même façon, reproche détourné, pour reproche indirect.
Il vous mènera de là dans une rue détournéeBernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Je reçois votre paquet par une voie détournéeMme de Sévigné (1626-1696)
Tourné d'un autre côté. Il avait la tête détournée. J'étais détourné, je ne le voyais pas venir.
Qui est à l'écart.
Qu'il [l'homme] e regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature, et que, de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même à son juste prixPascal (1623-1662)
Dont on est préservé. L'orage détourné, on n'y pensa plus. Des malheurs détournés à grand'peine.
Dont l'emploi est changé, en parlant d'argent et choses semblables. Un fonds détourné de sa destination.
Soustrait frauduleusement. De l'argent détourné par cet employé.
À qui l'on cause un dérangement.
Ma mère en ce devoir craint d'être détournéeJean Racine (1639-1699)
Détorqué. Un texte détourné de son vrai sens.
Dissuadé. Détourné de la dangereuse entreprise qu'il avait eu le dessein de tenter.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
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