dame
nom, féminin · /damə/
Usage : très fréquent (131 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Femme adulte, dans une désignation courtoise ou respectueuse.
Une dame âgée m'a aidé à retrouver la bonne rue.
« Ces hommes qui prêtaient foi et hommage à leur Dieu, leur dame et leur roi »Chateaubriand (1768-1848)
« Le hibou fut trop heureux de se cacher dans son trou et d'épouser la chouette qui fut une digne dame du lieu »Fénelon (1651-1715)
Jeux. Carte à jouer portant une figure féminine, située entre le roi et le valet.
Il a posé une dame de cœur sur la table et a gagné le pli.
Jeux. Pièce la plus puissante du jeu d'échecs, capable de se déplacer en tous sens.
Elle a sacrifié sa dame pour piéger le roi adverse.
Jeux. Pièce d'un jeu de pions qui, après avoir atteint la dernière rangée du plateau, acquiert des mouvements et des pouvoirs accrus, souvent équivalents à ceux d'une dame aux échecs.
Dès que son pion est arrivé sur la dernière rangée, il l'a transformé en dame.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : dame de compagnie · dame nature · grande dame
Grammaire et formes (2)
- dames : pluriel · /damə/
- dame : singulier · /damə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 3 · 1 sens
s. f.
Terme d'architecture hydraulique. Nom qu'on donne, en creusant les terres, particulièrement pour un canal, à de petites digues qu'on laisse d'espace en espace pour arrêter l'eau qui s'y trouve, ou à de petites langues de terre qu'on conserve dans d'autres vues. Terme de ponts et chaussées. Petits cônes de terre laissés dans les fouilles pour servir de témoins lors du métré des déblais. Terme d'art militaire. Dame de mine, masse de terre qui est restée debout après une explosion. Dame de fortification, petite tour à centre plein, en maçonnerie, qui surmonte le milieu d'un bâtardeau de fossé inondé.
Étymologie : Allem. Damm, digue.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 1 · 18 sens
s. f.
Titre qu'on donnait à la femme d'un seigneur, d'un châtelain, d'un chevalier, d'un gentilhomme, par opposition aux femmes mariées de la bourgeoisie qui ont porté pendant longtemps le nom de demoiselles. Fig. Titre qu'on donnait à la femme qui possédait une seigneurie. Celle qui a la seigneurie, l'autorité. Brevet de dame, brevet par lequel le roi conférait à une fille de qualité, non mariée, le titre de dame. Notre-Dame, nom donné par les chrétiens à la sainte Vierge.
Le hibou fut trop heureux de se cacher dans son trou et d'épouser la chouette qui fut une digne dame du lieuFénelon (1651-1715)
Surtout soyez de vous la maîtresse et la dameMathurin Régnier (1573-1613)
La femme noble à laquelle un chevalier consacrait ses soins. Combattre, mourir pour sa dame. La dame de ses pensées. La femme à qui l'on rend d'assidus hommages. Être dévoué, fidèle à sa dame.
Ces hommes qui prêtaient foi et hommage à leur Dieu, leur dame et leur roiChateaubriand (1768-1848)
Ah ! si ma dame me voyait, disait Fleuranges en montant le premier à l'assautSaint-Foix (1698-1776)
Aujourd'hui, titre donné à toute femme mariée qui n'est pas de la dernière classe. C'est une dame fort estimable. Devenir dame, se marier.
Par civilité et politesse, dame se dit de toutes les femmes, qu'elles soient mariées ou non. Être poli avec les dames. Dans ce bal, les toilettes des dames étaient fort élégantes. Grande dame, dame appartenant à la haute société. C'est une grande dame. Faire la grande dame, affecter un luxe et des airs au-dessus de sa condition. Dame galante, femme d'une conduite légère. En courant la bague, en jouant à la paume, on disait que la première course, le premier coup étaient pour les dames, c'est-à-dire pour faire honneur aux dames, sans que le coup fût compté pour la course du prix ou pour le gain de la partie. Cela s'appelait à la paume Les dames, et à la dague La course pour les dames. Ce mot s'est employé souvent quand on parle des femmes de l'antiquité. Les dames carthaginoises coupèrent leurs cheveux en une nécessité publique pour faire des cordages aux navires.
Rien ne pèse tant qu'un secret ; Le porter loin est difficile aux dames ; Et je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmesLa Fontaine (1621-1695)
Répondez-moi, seigneur, comme dame romainePierre Corneille (1606-1684)
Titre d'honneur ou d'office donné à certaines femmes. Les dames de France, les filles du roi.
Titre donné à certaines religieuses et aux chanoinesses. Les dames du Sacré-Cœur. Les dames de Longchamp. Les dames chanoinesses de Remiremont. Les dames du chœur, les mères qui siégent au chœur, par opposition aux sœurs converses et aux novices. Dames de charité, dames qui, dans l'étendue d'une paroisse, d'un quartier, forment une association chargée de recueillir et de distribuer les aumônes. Dame du lit, dame du palais, dame d'honneur, dame d'atour, dame de compagnie, femmes de qualité qui remplissent diverses fonctions auprès des reines et des princesses. Fig. Dame de compagnie, se dit aussi d'une dame qui demeure dans une maison pour y tenir compagnie à une autre dame ou pour faire les honneurs de la maison d'un homme âgé, et qui, bien que payée pour cela, est dans une sorte d'égalité avec les maîtres de la maison.
Nos compliments à vos dames de la charité ; elles m'ont bien remercié de ce que vous avez fait pour ellesMme de Maintenon (1635-1719)
Plus l'obstacle est puissant, plus on reçoit de gloire, Et les difficultés dont on est combattu, Sont les dames d'atour qui parent la vertuMolière (1622-1673)
On se servait, et on se sert encore, mais rarement, de ce mot par civilité en parlant aux femmes du petit peuple, et en y ajoutant leur nom propre : Dame Barbe, faites-moi ce plaisir, je vous prie ; de là il est passé dans le langage familier et le style badin. Les dames de la halle, la corporation des marchandes de fruits, de légumes ou de poissons. Terme de pratique. La dame une telle. La susdite dame.
Car la dame Indignation Est une forte passionMathurin Régnier (1573-1613)
Du palais d'un jeune lapin Dame belette, un beau matin, S'empara : c'est une ruséeLa Fontaine (1621-1695)
Dames blanches, êtres surnaturels dans les anciennes croyances des Écossais et des Allemands.
Figure du jeu de cartes. La dame de cœur. La dame de pique. Un brelan de dames.
Aux échecs, la pièce la plus considérable après le roi, et qui réunit les deux marches du fou et de la tour, c'est-à-dire qu'elle peut parcourir tout l'échiquier, soit carrément, soit en diagonale, à moins qu'une autre pièce ne l'arrête. On dit également la reine. Aller à dame, se dit, aux échecs, d'un pion qui, poussé jusqu'au dernier rang des cases de l'adversaire, devient dame et remplace la dame qui avait été perdue auparavant dans le cours de la partie.
Parbleu ! Dorval a perdu sa dame ; il joue son roi, je prends sa dameGOLDONI
Chez les unes [nations], le roi [aux échecs] peut faire deux pas, chez d'autres il n'en fait qu'un ; ici on va à dame, là on n'y va pasVoltaire (1694-1778)
Jeu de dames, jeu qui se joue sur l'échiquier avec 24 petites rondelles toutes semblables, les unes blanches, les autres noires. Chaque joueur en a douze. Le jeu de dames à la polonaise, beaucoup plus usité aujourd'hui, se joue sur un damier ou échiquier de 100 cases ; il y a alors 40 rondelles, et chaque joueur en a 20. Ces rondelles s'appellent en général des dames, mais plus exactement des pions. La dame est le pion mené sur une des cases de la rangée qui est du côté de l'adversaire ; on le couvre d'un autre pion d'entre ceux qui ont été déjà pris, et alors il peut parcourir tout le damier en diagonale comme la reine ou dame des échecs, au lieu de faire un pas seulement comme les pions ordinaires. Cette circonstance, empruntée au jeu des échecs, est probablement l'origine du nom de jeu de dames, jeu que l'on prétend avoir été inventé à Paris, vers l'époque de la régence, par un Polonais qui s'y trouvait alors. Aller à dame, mener un pion à dame, conduire un de ses pions sur une des cases de la dernière rangée du côté de l'adversaire ; on dit alors que le pion devient dame damée, ou, simplement, dame. Prendre une dame. Battre une dame, la mettre en prise. Aux échecs et aux dames, dame touchée, dame jouée, c'est-à-dire que, dès qu'on a touché une pièce, on est obligé de la jouer.
Au jeu de trictrac, nom des rondelles avec lesquelles on joue. Dame découverte, dame placée seule sur une flèche. Dame surnuméraire. la 3e dame placée sur une case déjà faite. Dame passée, celle qui ne peut plus servir à faire le plein. Dames rabattues, sorte de jeu différent du trictrac, mais qui se joue avec les mêmes pièces.
Nom vulgaire de différents oiseaux : le grèbe huppé, l'effraye, la hulotte, la mésange. Belle-dame ou bonne-dame, nom d'un papillon.
Terme de botanique. Dame d'onze heures, plante liliacée à fleurs blanches qui ont l'extérieur des pétales vert. Belle-dame ou bonne-dame, l'arroche des jardins.
Masse dont se servent les paveurs et autres ouvriers pour battre et enfoncer. On dit plutôt demoiselle ; le nom propre est hie. Pièce de fonte qui ferme la porte du creuset dans les grosses forges.
Terme de marine. Nom de deux chevilles de fer plantées sur l'arrière d'une embarcation de chaque côté d'un grelin pour le fixer. Doubles tolets plats servant à retenir les avirons qui n'ont pas d'estropes.
Terme d'astrologie judiciaire. On dit d'une planète qui domine dans un thème céleste, qu'elle est dame de l'ascendant.
En langage de matrones, chargées jadis de faire des rapports, dame signifiait la partie moyenne de la membrane hymen.
Étymologie : Bourguig. daime ; provenç. dama, et plus habituellement dompna, domna, dona et par abréviation na, et encore dons ; espagn. doña et dueña ; ital donna ; du latin domina. Le changement de l'o en a n'est pas très rare dans l'ancien français : en pour on, dam pour dom, etc. On trouve quelquefois dome : XIIIe s. L'aumone que ma dome Teeline aveit fait à De [Dieu] e aus hospitaulers
Historique : XIe s. Pur sa bealté dames lui sont amies XIIe s. Et tantes dames veuves de lor maris Mais à dame de valor Doit on penser nuit et jor Et se je truis [trouve] ma dame o le douz nom Pleine d'orgueil et dame sans guerdon Bele dame me prie de chanter Aussi comme en la mer est puissanz la baleine, Sur tous autres poissons est dame et chastelaine Les gentix dame, chascune ot son sautier, Et si faisoient le dame Dieu mestier [le service du Seigneur Dieu] XIIIe s. Dame, ce dist Pepins, on ne doit pas douter [La serve] En la chambre s'en va [à] Berte sa dame dire De tel geu, com l'en fait des mains, Es…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 23 sens
n. f.
Celle qui possédait une seigneurie avec autorité et commandement sur des vassaux. Haute et puissante dame.
Notre-Dame, Nom donné par les chrétiens à la Sainte Vierge. On le donne par ellipse aux églises et aux fêtes qui lui sont consacrées. Notre-Dame de Paris. La Notre-Dame d’août.
Il est aussi un Simple titre que l’on donnait par honneur aux femmes de qualité. Les dames de la cour. On dit ironiquement Elle fait la dame, elle fait la grande dame.
Dame d’honneur, dame d’atour, dame du palais, Femmes de qualité qui remplissaient diverses fonctions auprès des reines ou des princesses
Les dames de France, Les filles du roi. Voyez
MADAME.
Dame de compagnie. Voyez
COMPAGNIE.
C’était pareillement un Titre donné aux religieuses des abbayes et de certaines autres communautés, ainsi qu’aux chanoinesses. Les dames de Fontevrault. Les dames de Poissy. Les dames de Remiremont. On dit encore Les dames du Sacré-Coeur.
Dames du choeur, Religieuses qui siègent dans les hautes stalles du choeur, à la différence des novices, qui sont dans les stalles basses, et des soeurs converses qui n’ont été reçues que pour le service de la maison.
Dames de charité, se dit des Dames qui, dans l’étendue d’une paroisse, forment une association chargée de recueillir et de distribuer les aumônes.
Il est également le Titre qu’on donne à toutes les femmes mariées. Une jeune dame. C’est une fort aimable dame. En termes de Procédure, La dame une telle. La dame veuve une telle. Ladite dame s’engage, etc.
Il se prend aussi dans un sens plus général et s’étend à Toutes les femmes et à toutes les filles. être aimé des dames. Plaire aux dames. Les dames de la ville.
Il désignait particulièrement, dans le langage de la Chevalerie, la Femme à laquelle un chevalier consacrait ses soins et ses exploits. Il a rompu des lances pour sa dame. La dame de ses pensées. Porter une écharpe aux couleurs de sa dame.
Les dames de la halle, Les marchandes de la halle, qui étaient admises sous ce titre chez le roi et chez les princes à certaines époques et à l’occasion de certains événements.
En termes de Botanique, Dame d’onze heures, Plante liliacée à fleurs blanches qui ont l’extérieur des pétales vert.
Il se dit figurément, en termes de jeu de Cartes, de Chacune des quatre cartes sur lesquelles est peinte la figure d’une dame. La dame de pique. La dame de coeur. La dame de trèfle. La dame de carreau. Avoir une tierce, une quatrième, une quinte à la dame.
Il désigne, en termes de jeu d’échecs, la Pièce du jeu la plus considérable après le roi. Dame blanche. Dame noire. On l’appelle aussi Reine.
Il se dit aussi de Chacune des pièces rondes et plates avec lesquelles on joue sur un échiquier au jeu appelé, du nom de ces pièces, Jeu de dames, ou simplement Les dames. Jouer aux dames. Faire une partie de dames.
Il se dit également des Pièces de même figure, mais ordinairement plus grandes, dont on se sert au jeu de Trictrac et à quelques autres jeux analogues. Poser une dame sur une flèche. Lever une dame. Battre une dame.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée dame#20055.