cuisine
nom, féminin · /kɥizinə/
Usage : très fréquent (112 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Pièce d'un logement destinée à la préparation des repas.
Nous prenons le petit déjeuner dans la cuisine.
« Dans sa retraite où le pauvre homme n'eut Pour le servir qu'une vieille édentée, Cuisine froide et fort peu fréquentée »La Fontaine (1621-1695)
Art et manière de préparer les aliments, propre à une région ou une personne.
La cuisine italienne est réputée pour ses pâtes.
« Enfin son goût pour cette nation [Anglais] était si décidé qu'il en préférait même la cuisine à la nôtre trop justement célèbre dans toute l'Europe »D'Alembert (1717-1783)
« Et Malherbe et Balzac, si savants en bons mots, En cuisine peut-être auraient été des sots »Molière (1622-1673)
Nourriture préparée, repas servis dans un lieu donné.
On mange bien ici : la cuisine est excellente.
« Si c'est sur mon bien seul qu'il fonde sa cuisine, Je t'assure déjà qu'il mourra de famine, Et qu'il n'aura pas lieu de rire à mes dépens »Regnard (1655-1709)
Familier et péjoratif : ensemble de manœuvres ou de tractations peu claires, notamment en politique.
On ne sait pas qui a décidé, c'est de la cuisine interne au parti.
Synonyme : magouille.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : latin de cuisine
Grammaire et formes (2)
- cuisines : pluriel · /kɥizinə/
- cuisine : singulier · /kɥizinə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 7 sens
s. f.
Pièce d'une maison, où l'on fait cuire les mets. Portez ces provisions à la cuisine. Ustensile de cuisine. Chef, garçon, aide de cuisine. Fonder la cuisine, pourvoir à la subsistance. Dans un nouveau ménage, il faut commencer par fonder la cuisine. Se ruer en cuisine, manger avidement beaucoup ; et fig. dépenser beaucoup pour la bonne chère. Fig. La cuisine est bien froide, n'est guère échauffée dans cette maison, on y fait maigre chère. Faire aller, faire rouler la cuisine, avoir soin de ce qui regarde la dépense ordinaire de la table. Familièrement. Du latin de cuisine, du latin mauvais et plat tel que le faisaient les cuisinières et les marmitons dans les anciens colléges, où c'était la règle que tout le monde parlât latin. Cuisine-bouche, cuisine où l'on apprête les mets qui doivent être servis au roi. Cuisine-poêle, ustensile propre à chauffer les appartements et à faire cuire les mets.
Si c'est sur mon bien seul qu'il fonde sa cuisine, Je t'assure déjà qu'il mourra de famine, Et qu'il n'aura pas lieu de rire à mes dépensRegnard (1655-1709)
La beauté, les attraits, l'esprit, la bonne mine Échauffent bien le cœur, mais non pas la cuisinePierre Corneille (1606-1684)
Le personnel de la cuisine. Il a laissé sa cuisine à Paris.
L'ordinaire d'une maison, la chère qu'on y fait. Faire maigre cuisine. Faire la cuisine, apprêter à manger. Flaireur de cuisine, parasite. Fig. et familièrement. Être chargé de cuisine, être gras, avoir gros ventre.
Jamais idole, quel qu'il fût, N'avait eu cuisine aussi grasseLa Fontaine (1621-1695)
Qui vous a pu plonger en cette humeur chagrine ? , A-, t-on par quelque édit réformé la cuisine ?Boileau (1636-1711)
L'art d'apprêter les mets. Savoir la cuisine. La cuisine française. La cuisine anglaise.
Et Malherbe et Balzac, si savants en bons mots, En cuisine peut-être auraient été des sotsMolière (1622-1673)
Qu'importe qu'elle manque aux lois de Vaugelas, Pourvu qu'à la cuisine elle ne manque pasMolière (1622-1673)
Fig. et familièrement, cuisine se dit quelquefois des préparatifs et tripotages pour les affaires. La cuisine politique. La cuisine électorale.
Boîte longue à différents compartiments, où l'on mettait divers ingrédients propres pour les ragoûts.
Terme de marine. Caisse de tôle, divisée en plusieurs parties, pour mettre les chaudières, casseroles, etc.
Étymologie : Saintong. cheunne ; wallon, couhène ; namurois, coujène ; rouchi, cuiséne ; bourguig. cusène ; provenç. cozina ; espagn. cocina ; portug. cozinha ; ital. cucina ; du latin coquina, de coquere, cuire (voy. CUIRE).
Historique : XIIe s. Par devers la quisine sunt entré el vergier E à sa quesine furent asis, chascun jur, dis bues gras de guarde e vint ki veneient de la cumune pasture XIIIe s. Si prist la reube à un garchon et se mist en la quisine à tourner les capons Chacun jor jusqu'à quaroime, cosine à huile, et à chacun un haran Que touz ceulz qui voudront tenir estal ou fenestre à vendre cuisine, sachent appareillier toute maniere de viandes conmunes et prouffitables au peuple Et vit la cuisine fumer Où il ot fait feu alumer Vins en pos ou en barix, ou viandes prestes à envoier à la quisine XIVe s. Tost et isnelem…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens
n. f.
Endroit d’une maison ou d’un appartement où l’on apprête et où l’on fait cuire les mets, les aliments. Cuisine claire, obscure. Batterie de cuisine. Aide de cuisine. Fig., Latin de cuisine. Voyez LATIN.
CUISINE se dit aussi d’un Ensemble d’ustensiles servant à préparer les aliments et qu’on peut transporter d’un lieu dans un autre. Cuisine roulante. Cuisine régimentaire. Par extension, Une cuisine de poupée.
Il se dit, par extension, de l’Ordinaire d’une maison, de la chère qu’on y fait habituellement. La cuisine est bonne dans cette maison. Cet hôtel est réputé pour sa cuisine. Je ne pus longtemps m’accommoder d’une si maigre, d’une si pauvre cuisine.
Faire la cuisine, Apprêter à manger.
Il signifie aussi l’Art d’apprêter les mets, les aliments. Il apprend la cuisine. Il sait bien la cuisine. Livre de cuisine. Cuisine bourgeoise. La cuisine française. La cuisine italienne. La cuisine anglaise.
Il s’emploie figurément et familièrement pour signifier Manoeuvre, intrigue. La cuisine électorale, parlementaire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée cuisine#19492.