crime
nom, masculin · /kʁimə/
Usage : fréquent (75 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Infraction grave à la loi ou à la morale, punie par la justice.
Le meurtre est un crime puni de la réclusion criminelle.
« Le crime heureux fut juste et cessa d'être crime »Boileau (1636-1711)
« C'est ainsi que le crime, à lui-même odieux, Jusque dans son repos se trahit à ses yeux »Ducis (1733-1816)
Faute grave, acte moralement répréhensible.
Trahir un ami qui vous a tout donné est un crime.
« Le clergé a trouvé des terres incultes : il y a fait croître des moissons.... il a appliqué ses revenus à des monuments publics, vous l'accusez à la fois du crime de deux bienfaits »Chateaubriand (1768-1848)
« Un détail que certaines gens qui voient du crime à tout ne manqueraient pas d'accuser d'irréligion »Diderot (1713-1784)
Familier. Action que l'on juge très regrettable ou inadmissible, par exagération familière.
Jeter toute cette nourriture, c'est un crime !
« Gourmands, cessez de nous donner La carte de votre dîner ; Tant de gens qui sont au régime Ont droit de vous en faire un crime »Béranger (1780-1857)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : crime de lèse-majesté · crime parfait · crime passionnel · le crime ne paie pas · le criminel revient toujours sur les lieux de son crime
Grammaire et formes (2)
- crimes : pluriel · /kʁimə/
- crime : singulier · /kʁimə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. m.
Très grave infraction à la morale ou à la loi, ou punie par les lois, ou réprouvée par la conscience. Le crime de meurtre, de faux. Un crime politique. Crime de trahison, de lèse-majesté. Crime contre nature, se dit des crimes qui outragent la nature, le parricide par exemple, et quelquefois, plus particulièrement, des débauches contre nature. Crime d'État, crime commis contre la sûreté de l'État et aussi crime politique, crime qui a pour but de conserver ou de prendre le pouvoir. Fig. Faire un crime d'État de quelque chose, y attacher un blâme excessif, injuste. Terme de jurisprudence. Infraction punie d'une peine afflictive ou infamante et jugée par la cour d'assises, par opposition à délit ou simple contravention.
Il y a quatre sortes de crimes : ceux de la première espèce choquent la religion ; ceux de la seconde, les mœurs ; ceux de la troisième, la tranquillité ; ceux de la quatrième, la sûreté des citoyensMontesquieu (1689-1755)
Les crimes contre la religion doivent être punis par la privation des biens que la religion procure ; les crimes contre les mœurs, par la honte ; les crimes contre la tranquillité publique, par la prison ou l'exil ; les crimes contre la sûreté, par les supplicesD'Alembert (1717-1783)
En général, faute, acte répréhensible. L'ingratitude est un crime. Jésus-Christ a porté la peine de nos crimes.
Hélas ! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur ?Jean Racine (1639-1699)
Des offenses d'autrui malheureuses victimes, Que nous servent, hélas ! des regrets superflus ? Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus, Et nous portons la peine de leurs crimesJean Racine (1639-1699)
Par exagération, action blâmable. C'est un crime d'avoir abattu de si beaux arbres. Faire un crime à quelqu'un d'une chose, 'en blâmer et souvent avec injustice. Voir du crime à une chose, blâmer, incriminer une chose innocente ou indifférente. Imputer à crime, accuser quelqu'un de quelque chose comme d'un crime. Son crime est, tout son crime est, se dit de légers manquements qu'on veut atténuer contre des gens qui les exagèrent. Tout mon crime est d'avoir parlé avec trop de franchise. Ce n'est pas un grand crime, est-ce donc un grand crime ? se dit pour atténuer un reproche excessif au sujet de quelque infraction que nous regardons comme légère ou même comme indifférente. Tenir à crime, regarder comme un crime.
Le clergé a trouvé des terres incultes : il y a fait croître des moissons.... il a appliqué ses revenus à des monuments publics, vous l'accusez à la fois du crime de deux bienfaitsChateaubriand (1768-1848)
Ô ciel ! m'auriez-vous fait un crime De cette insensibilité ?Molière (1622-1673)
Fig. Au sing. nom collectif de ceux qui sont criminels.
Je ne sais de tout temps quelle injuste puissance Laisse le crime en paix et poursuit l'innocenceJean Racine (1639-1699)
C'est ainsi que le crime, à lui-même odieux, Jusque dans son repos se trahit à ses yeuxDucis (1733-1816)
Vie de désordre. L'habitude du crime. Être porté au crime. Être endurci dans le crime.
Ainsi que la vertu, le crime a ses degrésJean Racine (1639-1699)
Le crime quelques fois suit de près l'innocenceVoltaire (1694-1778)
Étymologie : Provenç. et catal. crim ; espagn. crimen, portug. crime ; ital. crimine ; du latin crimen, grec ϰρῖμα, jugement, de ϰρίνειν, juger (voy. CRISE).
Historique : XIVe s. Pour quelque crim ou excès, se le crim n'est capital XVe s. Cas de crime est trop vilain XVIe s. Le roy voyant la grant crime et forfaict Que Genevoys envers luy avoient faict
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 7 sens
n. m.
Infraction très grave à la morale ou à la loi. Il y a des crimes que la loi ne peut atteindre, mais ils n’échappent pas à la conscience. Crime contre nature. Sa fin malheureuse fut la juste punition de ses crimes.
Au point de vue juridique, un crime est une Action que la loi punit d’une peine afflictive et infamante. Crime de lèse-majesté. Crime d’état. Crime de haute trahison. Crime contre la sûreté de l’état. Crime de taux. Crime de fausse monnaie. Crime contre les personnes, contre les propriétés. Commettre, faire un crime. Se rendre coupable d’un crime, complice d’un crime. Il est l’auteur de ce crime. Le crime est avéré. être prévenu d’un crime. Punir un crime. Accuser d’un crime. Convaincre d’un crime. Imputer un crime à quelqu’un. Imputer à crime. La peine, la punition d’un crime.
Il se dit, par exagération, des Fautes légères, des actions que l’on blâme. C’est un crime d’avoir laissé perdre ces manuscrits, d’avoir abattu de si beaux arbres.
Faire un crime à quelqu’un de quelque chose, Considérer une faute légère comme un Crime, l’exagérer par injustice, par haine. On dit de même Faire un crime d’êtat, Exagérer, grossir injustement une faute légère. Ce n’est qu’une bagatelle et vous en faites un crime d’état. Faire un crime signifie aussi Blâmer en quelqu’un ce qui devrait au contraire lui attirer des éloges. On lui faisait un crime de ses exploits, de ses vertus. On dit de même Imputer à crime.
Fam., Ce n’est pas un grand crime, se dit pour Excuser ou diminuer quelque faute. On dit dans le même sens Est-ce un si grand crime? Est-ce donc un crime?
Tout son crime est de... se dit en parlant d’une Personne à qui une faute légère, une action indifférente ou même louable attire le même traitement, les mêmes malheurs que si elle est commis une action condamnable. Tout son crime est d’avoir cru à l’honnêteté de ses adversaires. On dit de même Voilà tout son crime, tout mon crime.
Il se dit quelquefois, surtout dans le style soutenu, des Personnes criminelles. Châtier le crime. Désarmer le crime. Le crime allait tête levée.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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