cou
nom, masculin · /ku/
Usage : fréquent (80 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Partie du corps reliant la tête au tronc.
Elle a noué un foulard autour du cou.
« Je voulus me jeter à son cou pour l'embrasser »Fénelon (1651-1715)
« Elle offre, en détournant sa tête éblouissante, D'un cou semé de lis la beauté ravissante »Jacques Delille (1738-1813)
Partie étroite et allongée d'un objet, comparable à cette partie du corps.
Le vase a un cou étroit et un large pied.
Synonyme : col.
« Le héron au long bec emmanché d'un long cou »La Fontaine (1621-1695)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : être dans la merde jusqu'au cou · prendre ses jambes à son cou · sauter au cou de quelqu'un · tordre le cou à
Grammaire et formes (2)
- cous : pluriel · /ku/
- cou : singulier · /ku/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. m.
La partie du corps qui unit la tête au tronc. Populairement et par pléonasme. Il sera pendu par son cou. Avoir un cou de grue, le cou d'une grue, avoir le cou long et grêle. Avoir un cou de cygne, avoir le cou blanc et gracieux, en parlant d'une femme. On dit aussi pour louer le cou d'une femme : cou d'ivoire, d'albâtre, de lis. Se jeter au cou de quelqu'un, l'embrasser avec effusion. Mettre la corde au cou, passer la corde autour du cou de quelqu'un pour le pendre ; et fig. ruiner, perdre. Se mettre la corde au cou, se perdre soi-même, se mettre dans une position d'où on ne peut se tirer. Mettre le pied sur le cou de quelqu'un, lui faire violence. Couper le cou, trancher la tête. Tordre le cou, donner la mort. Pour le dîner on tordra le cou à quelques poulets. Être dans l'eau jusqu'au cou. Y être presque totalement plongé. Et fig. Fig. Tendre le cou, s'offrir comme une victime, subir quelque grande violence ou injustice sans résister. Fig. Rompre le cou à quelqu'un, à une affaire, l'empêcher de réussir. Se rompre, se casser le cou, se blesser grièvement en tombant ; et fig. perdre tous ses avantages, toutes ses espérances. Prendre ses jambes à son cou, s'enfuir au plus vite.... Avoir son cou chargé de quelque chose, porter une charge considérable, avoir une grave responsabilité. Fig.
Le héron au long bec emmanché d'un long couLa Fontaine (1621-1695)
Voyez un peu ce cou d'ivoire s'arrondir sur ces belles épaulesMarmontel (1723-1799)
Le cou ou le col d'une bouteille, la partie longue et étroite par laquelle on l'emplit et on la vide. Cou de chemise, voy. COL.
Cou de cygne, partie courbée de l'avant-train d'une voiture. Terme de marine. Cou de cigogne, cou de cygne, tige en fer fixée au pont. Terme de manége. Cou de cygne, encolure en cou de cygne, encolure de certains chevaux.
Terme de zoologie. Cou-blanc, nom du motteux. Cou-jaune, nom de la fauvette de St-Domingue (sylvie pendante de Latham). Cou-rouge, le rouge-gorge. Cou-tors, le torcol. Cou-coupé, le gros bec du Sénégal.
Terme de botanique. Cou de chameau, narcisse des prés (narcissus pseudo-narcissus, L.). Cou de cigogne, géranium commun dans les bois.
Étymologie : Picard et bourguig. co ; provenç. col, espagn. cuello ; ital. collo ; du latin collum. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li cols ou li cous (cou, prononciation qui est devenue la plus habituelle parmi nous) ; au régime, le col (col, prononciation qui est restée dans quelques cas exceptionnels).
Historique : XIe s. De son col [il] jete ses grandes pels de martre XIIe s. Au col le comte [au cou du comte] Et son col blanc, son chef blond et luisant XIIIe s. Asseiz plus, ce poeiz savoir, L'acheta [le paradis] sainz Piere et sainz Poulz, Qui de si precieux avoir, Com furent la teste et li coux, L'aquistrent, se teneiz à voir [vrai] Les bras au col doit l'en [l'on] mener Son anemi pendre ou noier XVe s. Et ce est l'aise des Brabançons ; car, où que ils soient, ils veulent estre en vins et en viandes et en delices jusques au cou
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 11 sens
n. m.
Partie du corps qui joint la tête aux épaules. Les vertèbres du cou. Porter un enfant à son cou. Appréhender quelqu’un au col. Par extension, Le cou d’un cheval, d’un chien. Le cou d’une cigogne, d’un héron. Tordre le cou à un poulet.
Sauter au cou, se jeter au cou de quelqu’un, L’embrasser avec beaucoup d’empressement, de tendresse, d’affection. On dit aussi familièrement Se pendre au cou de quelqu’un, Avoir les bras passés autour de son cou et l’embrasser à plusieurs reprises. Cet enfant est toujours pendu au cou de sa mère.
Fig. et pop., Prendre ses jambes à son cou, Partir au plus vite.
Couper le cou à quelqu’un. Voyez
DÉCAPITER.
Fig., Tendre le cou, S’offrir en victime, subir la violence et l’injustice sans résister. Devant cette indigne persécution il ne sut que tendre le cou.
Fam. et par exagération, Se casser le cou, Se blesser en tombant.
Fig. et fam., Mettre la corde au cou à quelqu’un, Le mettre sous sa sujétion. Se mettre la corde au cou, Se mettre sous la domination de quelqu’un.
Fig. et fam., être plongé jusqu’au cou dans les affaires, dans les plaisirs, Y être profondément engagé.
Cou-de-pied, Partie supérieure et antérieure du pied près de son articulation avec la jambe.
Le col ou le cou d’une bouteille, d’une cruche, d’un matras, etc., Cette partie longue et étroite par laquelle on emplit et on vide ces vases.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée cou#18553.