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cendre

Sur cette page : cendre · cendré

cendre

nom, féminin · /sɑ̃dʁə/

Usage : fréquent (23 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Résidu poudreux qui subsiste après la combustion d'une matière.

    Il a vidé la cendre du poêle dans un seau.

    « Une ville qui sera mise en cendres comme Troie »Fénelon (1651-1715)

    « Brûlez le capitole et mettez Rome en cendre »Jean Racine (1639-1699)

  2. Au pluriel, ce qui reste d'un corps après incinération, par extension sa dépouille.

    Ses cendres ont été dispersées dans la mer.

    « Que j'unisse ta cendre à celle de ton père »André Chénier (1762-1794)

    « C'est ainsi que la justice divine, justement irritée de notre orgueil, le pousse jusqu'au néant, et que, pour égaler à jamais les conditions, elle ne fait de nous tous qu'une même cendre »Bossuet (1627-1704)

  3. Couleur grisâtre évoquant celle de ce résidu.

    Elle a choisi une peinture gris cendre pour le salon.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : réduire en cendres · renaître de ses cendres · se couvrir la tête de cendres

Grammaire et formes (2)
  • cendres : pluriel · /sɑ̃dʁə/
  • cendre : singulier · /sɑ̃dʁə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 7 sens

s. f.

  1. Poudre qui reste après la combustion du bois et autres matières. Cendre chaude. Faire cuire sous la cendre, dans les cendres. Lessive de cendres, lessive faite avec des cendres. Mettre en cendre, réduire en cendre, brûler. La cendre qui couvre le feu, au propre et au figuré. Le feu couve sous la cendre.

    Leurs trônes mis en cendresPierre Corneille (1606-1684)

    Brûlez votre recueil et faites-en des cendresLa Fontaine (1621-1695)

  2. La cendre en tant que signe de deuil, de mortification, au propre et au figuré. Fig. Faire pénitence avec le sac et la cendre ou dans le sac et la cendre, éprouver une vive affliction de ses péchés, des offenses commises contre Dieu. Fig. Au plur. Les cendres, cendre des linges de l'autel ou des rameaux bénits dont le prêtre fait une croix au front des fidèles le premier jour de carême. Recevoir, prendre les cendres. Le jour des Cendres, le mercredi des Cendres.

    À ces vains ornemens je préfère la cendreJean Racine (1639-1699)

    Je l'ai trouvé couvert d'une affreuse poussière, Revêtu de lambeaux, tout pâle ; mais son œil Conservait sous la cendre encor le même orgueilJean Racine (1639-1699)

  3. Reste, débris d'une chose qui a été consumée par le feu ou par ce qui est comparé au feu.

    De son vain orgueil les cendres rallumées Poussent déjà dans l'air de nouvelles fuméesPierre Corneille (1606-1684)

    Une autre Rome sort des cendres de la premièreBossuet (1627-1704)

  4. Reste des morts (locution provenant de l'usage des anciens de brûler les cadavres) et, figurément, leur mémoire. Il ne faut pas remuer ou troubler les cendres des morts, il ne faut pas dire du mal de ceux qui ne sont plus.

    Et qu'ont fait tant d'auteurs pour remuer leur cendre ?Boileau (1636-1711)

    Ah ! ranimez les cendres de nos pèresMassillon (1663-1742)

  5. En chimie et dans les arts, certains résidus de la combustion. Cendre bleue, oxyde de cuivre précipité de la dissolution du sulfate de ce métal par la chaux. Cendre verte, couleur que les peintres emploient dans les paysages (variété terreuse de carbonate de cuivre). Cendre gravelée, proprement la cendre des vrilles de la vigne, ou la cendre du sarment ; et par extension et plus particulièrement, le produit de l'incinération du tartre brut ou lie de vin desséchée. Cendres du Levant, espèce de soude.

  6. Cendre de plomb, le plomb de chasse le plus menu ; on dit plutôt cendrée.

  7. Cendre rouge, variété terreuse de lignite brûlé. Cendre noire, variété terreuse de lignite à l'état naturel. Il faudrait les brûler pour en avoir de la cendre, se dit, pour exprimer la rareté des bons ménages de deux époux excellents l'un pour l'autre.

Étymologie : Picard, chaine ; bourguig. çarre ; provenç. cenre, cendre, cene ; catal. cendra ; ital. cenere ; du latin cinerem, le même que le grec ϰόνις.

Historique : XIIe s. Je ne pris [prise] pas plein poing de cendre Ta menace ne ton orgueil E vestirent eaus [eux] de haires, e mistrent cendres sor lor chef D'ire [il] devint vermeilz plus que carbuns sur cendre XIIIe s. A l'entrée de quaresme, après ce que on prent cendres Por cel païs qu'il voloit prendre Et les cités livrer à cendre De toute teinture fors de graine en charrete un denier ; neis [même] se il i a cendre clavelée qui appartient à teinture.... Encor te veuil assez aprendre De mesler tainture avec cendre Bien le doit-on ardoir en cendre XVIe s. Abattant boys, bruslant les grosses souches pour…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens

n. f.

  1. Poudre qui reste du bois et des autres matières combustibles après qu’elles ont été brûlées et consumées par le feu. Cendre chaude. Cendre de sarment. Feu couvert de cendre. Faire cuire une galette sous la cendre. Faire cuire des marrons dans les cendres. Réduire en cendres. Ce bel édifice n’est plus aujourd’hui qu’un monceau de cendres.

  2. Par exagération, Réduire, mettre en cendres une ville, un pays, Les ravager, y mettre tout à feu et à sang. Tamerlan mit l’Asie en cendres.

  3. Fig., C’est un feu caché sous la cendre, se dit d’une Passion qui n’est pas bien éteinte. C’est un feu qui couve sous la cendre, se dit en parlant d’une Personne qui dissimule un désir de vengeance en attendant l’occasion de le satisfaire.

  4. Fig., Renaître de ses cendres, se dit des Choses qui prennent une existence nouvelle après avoir été presque entièrement détruites. Cette ville renaît enfin de ses cendres.

  5. Au pluriel, il se dit de la Cendre faite de linges qui ont servi à l’autel ou de branches de rameaux bénits et dont le prêtre marque le front des fidèles en forme de croix le premier jour de carême. Recevoir les cendres. Aller prendre les cendres. Le prêtre donne des cendres, les cendres. Le jour des Cendres. Le mercredi des Cendres.

  6. Il désigne aussi, poétiquement ou dans le style élevé, les Restes de ceux qui ne sont plus, par allusion à la coutume que les Grecs et les Romains avaient de brûler les morts et d’en recueillir les cendres dans des urnes. La cendre ou les cendres des morts. C’est là que reposent ses cendres chéries. Les cendres de Germanicus furent rapportées en Italie. Le retour des Cendres. Ses cendres furent jetées au vent.

  7. Figurément, Honorer les cendres des morts, Honorer leur mémoire. Il ne faut point remuer, il ne faut pas troubler les cendres des morts, Il ne faut point rechercher leurs actions pour les blâmer, pour flétrir inutilement leur mémoire.

  8. En termes de Chimie et d’Arts, il se dit en général de Certaines poudres ou résidus qui sont le produit de la combustion ou de quelque autre décomposition analogue. Cendres végétales, cendres animales. Cendres gravelées. Cendres volcaniques. Cendres bleues, Carbonate de cuivre artificiel.

  9. Cendre de plomb. Voyez

  10. CENDRÉE.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée cendre#13979.

cendré

adjectif · /sɑ̃dʁe/

Usage : d'usage courant (1.07 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui a la couleur grise de la cendre.

    Elle avait des cheveux d'un blond cendré.

    « Les sourcils sont plus châtains et les cheveux plus cendrés »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    « Les peuples étaient de couleur cendrée au septentrion »Voltaire (1694-1778)

  2. Astronomie. Qualifie la faible lumière qui permet d'apercevoir les parties de la lune non éclairées par le soleil ; terme d'astronomie.

    On observe la lumière cendrée de la Lune quelques jours après la nouvelle lune.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • cendrées : pluriel féminin · /sɑ̃dʁe/
  • cendrés : pluriel masculin · /sɑ̃dʁe/
  • cendrée : singulier féminin · /sɑ̃dʁe/
  • cendré : singulier masculin · /sɑ̃dʁe/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 3 sens

adj.

  1. De couleur de cendre. Gris cendré.

    Les peuples étaient de couleur cendrée au septentrionVoltaire (1694-1778)

    Les sourcils sont plus châtains et les cheveux plus cendrésJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. Terme de fonderie. Mêlé avec les cendres.

  3. Terme d'astronomie. Lumière cendrée, lumière faible qui nous permet d'apercevoir les parties de la lune qui ne sont pas actuellement éclairées par le soleil. Cet effet est surtout sensible trois jours après la nouvelle lune ; il est attribué par les uns à une qualité phosphorescente du globe lunaire, par les autres, avec plus de vraisemblance, à la lumière réfléchie de notre globe sur la lune.

Étymologie : Cendrer.

Historique : XVIe s. De couleur cendrée ou livide

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens

adj.

  1. Qui est de couleur de cendre. Gris cendré. Couleur cendrée. Des cheveux d’un blond cendré.

  2. En termes d’Anatomie, La substance cendrée du cerveau, Nom donné par quelques auteurs à la substance grise ou corticale du cerveau.

  3. En termes d’Astronomie, La lumière cendrée, Lumière pâle et un peu bleuâtre qui permet d’apercevoir les parties de la lune qui ne sont pas actuellement éclairées par le soleil.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée cendré#13984.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.