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bouche

Sur cette page : bouche · bouché

bouche

nom, féminin · /buʃə/

Usage : très fréquent (187 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Cavité du bas du visage par laquelle on absorbe les aliments et on émet la voix.

    Il ouvre grand la bouche chez le dentiste.

    « La bouche pleine, osez-vous bien Chanter l'amour qui vit de rien ? »Béranger (1780-1857)

    « Faire ici de la petite bouche Ne sert de rien »La Fontaine (1621-1695)

  2. Organe de la parole, considéré dans ce qu'une personne dit.

    Il a appris la nouvelle de la bouche même du directeur.

    « La sentence fut prononcée par la bouche du prophète Élie »Bossuet (1627-1704)

    « David reproche aux païens des dieux qui ont une bouche et n'ont point de parole »Fontenelle (1657-1757)

  3. Personne considérée en tant qu'il faut la nourrir.

    Il a quatre bouches à nourrir depuis la naissance des jumeaux.

    « Le moyen le plus convenable est de les mener [les enfants] par leur bouche »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  4. Ouverture donnant accès à un conduit ou à un réseau, ou par laquelle débouche un fleuve.

    La bouche de métro est juste en face de la boulangerie.

    « Jusqu'aux bouches du Tibre un vaisseau m'a conduit »Marie-Joseph Chénier (1764-1811)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : de bouche à oreille · enlever les mots de la bouche de quelqu'un · faire la fine bouche · la vérité sort de la bouche des enfants · rester bouche bée

Grammaire et formes (2)
  • bouches : pluriel · /buʃə/
  • bouche : singulier · /buʃə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 12 sens

s. f.

  1. Cavité située à la face et par où les aliments sont introduits dans le corps. Mettre à quelqu'un les morceaux à la bouche. Emplir la bouche. Porter une coupe à sa bouche. Une bouche fendue jusqu'aux oreilles. Ouvrir la bouche. La bouche ouverte. Bouche amère. Bouche sèche. Faire venir l'eau à la bouche, se dit d'un aliment appétissant, qui en effet fait venir la salive à la bouche ; et, au figuré, de toute espérance qui nous flatte. Bonne bouche, saveur agréable dans la bouche. Cela fait ou donne bonne bouche. Laisser quelqu'un sur la bonne bouche, le laisser sur quelque chose de bon ou d'agréable. Garder pour la bonne bouche ou pour faire bonne bouche, réserver pour la fin ce qu'on croit être le meilleur ou le plus agréable. Cela est ainsi dit à cause des douceurs que l'on met sur la table au dessert. Avoir mauvaise bouche, avoir un mauvais goût dans la bouche. L'excès de la boisson donne mauvaise bouche. Au figuré, demeurer sur la mauvaise bouche, rester avec un échec, un affront, etc. Flux de bouche, abondance inaccoutumée de salive ; et figurément, bavardage ; on dit présentement d'ordinaire flux de paroles. Familièrement. Manger de la viande de broc en bouche, aussitôt qu'on l'a tirée de la broche.

    David reproche aux païens des dieux qui ont une bouche et n'ont point de paroleFontenelle (1657-1757)

    La bouche pleine, osez-vous bien Chanter l'amour qui vit de rien ?Béranger (1780-1857)

  2. Partie extérieure de la bouche, les coins et les lèvres. Il avait le sourire sur la bouche. Une bouche pincée, une bouche à lèvres minces et qui se tient fermée. Faire la petite bouche, serrer les lèvres pour paraître avoir une petite bouche ; et, figurément, faire le difficile, le dédaigneux. Fig. Faire la bouche en cœur, faire des minauderies, affecter des manières doucereuses.

    Faire ici de la petite bouche Ne sert de rienLa Fontaine (1621-1695)

    Les Pontchartrain ne firent pas la petite bouche de l'honneur qu'ils recevaientSaint-Simon (1675-1755)

  3. La bouche considérée comme organe de la parole. Parole bien digne de sortir de la bouche d'un si grand homme. Je le tiens de sa propre bouche. Dire tout ce qui vient à la bouche. Le front, les yeux mentent souvent, et la bouche plus souvent encore. La menace à la bouche. Dire quelque chose de bouche, non de cœur. Exercé dans la philosophie grecque qu'il ne professait que de bouche. Ouvrir la bouche, parler. Ne pas ouvrir la bouche. Il n'en a pas ouvert la bouche, il n'en a pas parlé. Être dans la bouche de tout le monde, dans toutes les bouches. Ces mots sont, cette parole est dans la bouche de tout le monde. Dire quelque chose de bouche, le dire de vive voix, par opposition à par écrit. Elliptiquement. Bouche close, bouche cousue, c'est-à-dire gardez le silence sur ce point. Avoir souvent un mot à la bouche, le répéter sans cesse. Aller, passer, voler de bouche en bouche, circuler rapidement dans le public, devenir célèbre. Familièrement. Être fort en bouche, parler avec hardiesse et même insolence. Avoir la bouche pleine d'une chose, en parler avec emphase. La déesse aux cent bouches, la Renommée. Dans sa bouche, dans leur bouche, selon lui, selon eux. Ouvrir la bouche à quelqu'un, le faire parler. Le pape ouvre la bouche aux cardinaux nouvellement créés, se dit de la cérémonie que le pape fait pour autoriser les cardinaux à parler dans les consistoires. Par extension, bouche se dit des discours ou des écrits. Avoir le cœur sur la bouche, parler comme on pense. Fig. À pleine bouche, ouvertement.

    De votre bouche, ô ciel ! puis-je l'apprendre ?Jean Racine (1639-1699)

    Jamais rien de plus vrai n'est sorti de ma boucheJean Racine (1639-1699)

  4. La bouche considérée comme recevant les aliments. Provisions, munitions de bouche. Prendre sur la bouche, se retrancher de la nourriture par économie. Être sur sa bouche, être gourmand. Être sujet à sa bouche, même sens. S'ôter les morceaux de la bouche, se priver de manger suffisamment, et, plus généralement, se priver du nécessaire. Il s'ôte les morceaux de la bouche pour faire une petite pension à sa vieille mère. Les officiers, le service de la bouche ou, simplement, la bouche, les gens préposés au service de la table du roi. Avoir bouche à cour ou en cour, avoir droit de manger à quelqu'une des tables chez le roi. Familièrement. Traiter quelqu'un à bouche que veux-tu, lui faire faire excellente chère ; et fig. Être à bouche que veux-tu, avoir tout en abondance. Fig. Gourmand ou plutôt gourmet. Fine bouche. C'est une fine bouche. Personne à nourrir. On fit sortir de la place assiégée toutes les bouches inutiles.

    Le moyen le plus convenable est de les mener [les enfants] par leur boucheJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Friande assez pour la bouche d'un roiLa Fontaine (1621-1695)

  5. En parlant du cheval, on dit la bouche. La bouche est l'ensemble des parties sur lesquelles agit le mors. Bonne bouche ou belle bouche, celle qui reçoit du mors une impression modérée ; bouche sensible ou tendre, celle qui souffre trop de l'action du mors ; bouche égarée, celle qui présente ce défaut porté à l'extrême ; bouche dure ou forte, celle qui résiste à la main du cavalier ; bouche fraîche, celle qui écume lorsque l'animal est bridé. Bouche à pleine main, se dit d'un cheval qui a l'appui ferme sans peser, sans battre à la main. Bouche en action, se dit d'un cheval qui mâche son mors. Assurer la bouche d'un cheval, l'accoutumer à souffrir le mors. Ce cheval est fort en bouche, il n'obéit point au mors. Il n'a ni bouche ni éperon, il est fort en bouche et dur à l'éperon. Fig. et familièrement. N'avoir ni bouche ni éperon, être stupide et insensible. On dit de même la bouche d'un âne, d'un mulet, d'un chameau, d'un éléphant. En histoire naturelle, bouche se dit, chez tous les animaux, de l'ouverture par où les aliments sont introduits, excepté chez ceux où elle a la forme de bec. uverture. La bouche d'un volcan, d'un four, d'un canon. Bouche à feu, un canon, un mortier, un obusier, etc. Bouche de chaleur, ouverture pratiquée sur les côtés d'une cheminée, d'un poêle ou d'un mur, et qui sert à faire passer dans les appartements la chaleur d'une cheminée, d'un poêle ou d'un calorifère.

    Tout ainsi qu'un cheval qui a la bouche forteMathurin Régnier (1573-1613)

    Bocchoris était comme un beau cheval qui n'a point de bouche, son courage le poussait au hasard, et la sagesse ne modérait point sa valeurFénelon (1651-1715)

  6. Embouchure d'un fleuve. Les bouches du Nil.

    Je [le Gange] me rends par plusieurs bouches dans le sein des mersFénelon (1651-1715)

    Jusqu'aux bouches du Tibre un vaisseau m'a conduitMarie-Joseph Chénier (1764-1811)

  7. En physiologie, bouches veineuses, bouches absorbantes, orifices qu'à l'époque où l'on ne connaissait pas encore la propriété physique d'endosmose, on avait supposées dans les membranes pour expliquer l'absorption des liquides mis en contact avec ces membranes.

  8. Terme de géologie. Bouche d'Éole, ouverture dans les montagnes, d'où sortent des vents très froids.

  9. Terme de féodalité. Un vassal doit la bouche et les mains à son seigneur, c'est-à-dire, avec l'aveu de soumission, il met ses mains dans celles du seigneur.

  10. Terme de musique. Ouverture horizontale du bas d'un tuyau d'orgue.

  11. Terme de boulangerie. Tirer à la bouche, attirer la braise vers la bouche du four. Bouche de pain, la croûte de dessus.

  12. Terme de marine. Bouche ou bosson, rondeur des baux et tillacs, et de tout ce qui n'est ni plat ni uni.

Étymologie : Picard, bouque ; provenç. et espagn. boca ; ital. bocca ; du latin bucca, que l'on rattache au sanscrit bhuj, manger.

Historique : XIe s. Puis se baiserent es buches et es viz [visages] [Il] Met à sa buche une claire buisine [trompette] XIIe s. [Il] Met le [le cor] à sa boche, si sone durement Sa bele bouche et li vair œil riant Mais [ils] n'i voient riens qui fasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton La boiche [elle] ot savoureuse, plus vermeille que sans [sang] Sires reis, fait li il, forment ai desiré Qu'une feiz vus eüsse veü et avisé, E que jo buche à buche eüsse à vus parlé [Elle ne peut s'empêcher] Que ele ne lui rende arriere, Au moins de bouche, son salut XIIIe s. Les autres nès [vaisseaux]…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 35 sens

n. f.

  1. Orifice du visage de l’homme considéré comme organe de la respiration par où sort la voix et par où se reçoivent les aliments. Ouvrir, fermer la bouche. Le sang lui sortait par le nez et par la bouche. Se rincer la bouche. Avoir du mal dans la bouche. Avoir la bouche saine. Il sent mauvais de la bouche. Il a toujours la pipe à la bouche.

  2. Il se dit particulièrement de Cet orifice considéré comme organe de la voix et de la parole. On recueillait jusqu’aux moindres paroles qui sortaient de sa bouche. Dieu a parlé par la bouche de ses Prophètes. La vérité sort de la bouche des enfants. Je l’ai appris de sa propre bouche. Il n’ouvrit pas la bouche de toute la soirée. Il n’osait ouvrir la bouche devant eux. Rester bouche close. Son coeur n’était point d’accord avec sa bouche. Les discours qu’un poète met dans la bouche de son héros.

  3. Fig., Fermer la bouche à quelqu’un, Le faire taire d’autorité ou le réduire à ne savoir que répondre. Je ne souffrirai point qu’il s’oublie devant moi et je lui fermerai la bouche. Cette raison, cet argument lui ferma la bouche. On dit aussi Le respect me ferme la bouche, Le respect m’interdit de répondre, de parler.

  4. être, demeurer bouche béante, être, rester étonné, très attentif, etc. Ils l’écoutaient tous la bouche béante, bouche béante. On dit maintenant Rester bouche bée.

  5. Avoir toujours quelque chose à la bouche. Le répéter, l’employer continuellement. C’est un mot qu’il a toujours à la bouche. Avoir sans cesse l’injure à la bouche.

  6. Elliptiq., Bouche close, Locution par laquelle on avertit qu’il faut garder le secret sur l’affaire dont il s’agit. On dit de même, figurément et familièrement, Bouche cousue.

  7. Aller, passer, etc., de bouche en bouche, se dit de Ce qui devient public, de ce qui court et se transmet d’une personne à une autre par le moyen de la parole. Cette nouvelle va de bouche en bouche. Son nom volait de bouche en bouche. On dit à peu près de même Cette nouvelle est dans toutes les bouches. Son nom est dans toutes les bouches, etc.

  8. Poétiq., La déesse aux cent bouches, La Renommée.

  9. Fam., C’est saint Jean bouche d’or, un saint Jean bouche d’or, C’est un homme qui dit toujours sa pensée avec franchise et sans ménagement.

  10. Il se dit aussi de cet Orifice considéré particulièrement comme destiné à recevoir et à goûter les aliments. Avoir la bouche pleine. Porter quelque chose à sa bouche. Mettre un morceau de pain, un morceau de viande dans sa bouche. Cela laisse à la bouche un goût fort agréable. Provisions, munitions de bouche.

  11. Fam., à bouche que veux-tu, Avec profusion, en n’épargnant rien.

  12. Avoir la bouche amère, sèche, mauvaise, pâteuse, etc., Y éprouver une sensation d’amertume, de sécheresse, etc. On dit de même Cela rend la bouche amère, pâteuse, etc.

  13. Faire bonne bouche se dit de Ce qui laisse un bon goût à la bouche. Cette liqueur fait bonne bouche.

  14. Fam., Laisser quelqu’un sur la bonne bouche, Terminer le repas qu’on lui donne par quelque chose d’exquis, et, figurément, Le laisser avec quelque espérance flatteuse ou avec quelque pensée agréable.

  15. Fig., Rester, demeurer sur la bonne bouche, Cesser de manger ou de boire, après qu’on a bu ou mangé quelque chose qui flatte le goût. Il signifie, dans un emploi plus figuré, S’arrêter après quelque chose d’agréable, dans la crainte d’un changement, d’un retour fâcheux.

  16. Fam., Garder quelque chose pour la bonne bouche, Réserver pour la fin quelque chose de très bon, d’agréable. Il se dit au propre et au figuré. Ironiquement, Il la lui gardait pour la bonne bouche, se dit de Celui qui, après avoir fait plusieurs mauvais tours à quelqu’un, lui en fait un dernier plus sanglant que les autres.

  17. Prov., L’eau vient à la bouche; cela fait venir l’eau à la bouche, se dit d’une Chose agréable au goût et dont l’idée excite l’appétit quand on en parle ou qu’on en entend parler. Cela se dit aussi figurément de Tout ce qui peut exciter les désirs. Ce que vous avez dit sur les avantages de cette entreprise lui a fait venir l’eau à la bouche.

  18. Fig., Prendre sur sa bouche, épargner sur la dépense de sa nourriture. Il prend sur sa bouche les charités qu’il fait.

  19. Fig. et fam., S’ôter les morceaux de la bouche, Se priver du nécessaire pour secourir ou obliger quelqu’un.

  20. Fig. et pop., être sur sa bouche, être porté sur sa bouche, être gourmand.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée bouche#10335.

bouché

adjectif · /buʃe/

Usage : d'usage courant (3.25 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Dont l'ouverture ou le passage est obstrué : un tuyau bouché, le nez bouché.

    Le lavabo est bouché, il faut appeler le plombier.

    Synonyme : obstrué.

    « Que ne puis-je aller à mon gré Dans l'Olympe.... Mais le chemin m'en est bouché »Voltaire (1694-1778)

    « Voilà encore une source de vices bouchée dans le cœur d'Émile »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. Familier. Fig. Familier. Qui manque d'intelligence : il est complètement bouché.

    « C'est en vérité avoir l'esprit trop bouché aux choses célestes »Bossuet (1627-1704)

    « Je n'ai supposé ni un génie transcendant, ni un entendement bouché »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • bouchées : pluriel féminin · /buʃe/
  • bouchés : pluriel masculin · /buʃe/
  • bouchée : singulier féminin · /buʃe/
  • bouché : singulier masculin · /buʃe/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 1 sens

part. passé.

  1. Bouteille bien bouchée. Le trou dans la haie est bouché. Fig. Être bouché, manquer d'intelligence. Avoir l'esprit bouché, ne rien comprendre. En termes de musique, sons bouchés, sons qu'on tire du cor en introduisant la main dans le pavillon.

    Que ne puis-je aller à mon gré Dans l'Olympe.... Mais le chemin m'en est bouchéVoltaire (1694-1778)

    Voilà encore une source de vices bouchée dans le cœur d'ÉmileJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée bouché#10354.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.