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autel

autel

nom, masculin · /otɛl/

Usage : fréquent (12 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Table sur laquelle sont célébrés un culte ou un sacrifice religieux.

    Les fidèles ont déposé des offrandes sur l'autel.

    « Dans Rome, les autels fumaient de sacrifices »Jean Racine (1639-1699)

    « Cependant à Pompée élevez des autels ; Rendez-lui les honneurs qu'on rend aux immortels »Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Religion. Chez les chrétiens, table sacrée sur laquelle le prêtre célèbre l'eucharistie.

    Le prêtre s'est approché de l'autel pour célébrer la messe.

    « Un prêtre oserait-il, le même jour, s'approcher de l'autel [dire la messe] ? »Pascal (1623-1662)

  3. Littéraire. Fig. La religion, le culte, envisagés comme institution.

    Le trône et l'autel ont longtemps gouverné ensemble le royaume.

    « Il soutint les autels que l'hérésie avait ébranlés »Fléchier (1632-1710)

    « Cette idole à qui le monde a de tout temps dressé des autels »Massillon (1663-1742)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : le trône et l'autel · sacrifier sur l'autel de

Grammaire et formes (2)
  • autels : pluriel · /otɛl/
  • autel : singulier · /otɛl/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 5 sens

s. m.

  1. Sorte de table destinée à l'usage des sacrifices. Poétiquement. Autels, monuments en forme d'autels élevés pour perpétuer la mémoire de quelque événement. Les patriarches élevaient des autels en des lieux où ils avaient reçu quelque faveur de Dieu. Il est parlé des autels d'Hercule, des autels d'Alexandre, dressés aux extrémités de leurs expéditions. Fig. et par extension, honneurs extraordinaires. Mériter des autels. Personne qu'on honore, qu'on adore.

    Dans Rome, les autels fumaient de sacrificesJean Racine (1639-1699)

    Si de sang et de morts le ciel est affamé, Jamais de plus de sang ses autels n'ont fuméJean Racine (1639-1699)

  2. Chez les chrétiens, table où l'on célèbre la messe. Le prêtre monte à l'autel. S'approcher de l'autel pour la communion. Le maître autel, l'autel qui est placé dans le chœur d'une église. Autel privilégié, autel où il est permis de dire la messe des morts le jour qu'on ne peut la célébrer aux autels qui ne sont pas privilégiés. Autel portatif, pierre plate et carrée, bénite selon les formes de l'Église, pour célébrer la messe en pleine campagne. Le sacrifice de l'autel, le saint sacrifice de l'autel, c'est-à-dire la messe ; le saint sacrement de l'autel, l'eucharistie. Fig. Élever autel contre autel, faire un schisme, et, par extension, lutter avec quelqu'un de crédit, de puissance, former une entreprise rivale.

    Dans le même esprit qu'ils vont à l'autelBossuet (1627-1704)

    Une âme qui a vécu longtemps éloignée de l'autelMassillon (1663-1742)

  3. Fig. La religion, le culte. Respectez les autels. Les ministres des autels. L'autel et le trône, la religion et le pouvoir monarchique.

    Il soutint les autels que l'hérésie avait ébranlésFléchier (1632-1710)

    Et les droits de l'autel sont avant ceux du trôneRAYNOUARD

  4. Terme d'astronomie. L'Autel, constellation de l'hémisphère austral.

  5. Technologie. Tablette de pierre ou de fonte placée en avant de la bouche d'un four. Partie d'un four à réverbère, qui a pour destination d'isoler le métal du combustible.

Étymologie : Bourguig. autai ; provenç. altar, autar ; espagn. altar ; ital. altare ; du latin altare, proprement, ce qu'on met dessus l'autel (Quintilien, Decl. XII, 26 : aris altaria imponere), ce qui exhausse, de altus, haut (voy. ce mot). Altare a donné régulièrement alter ou altier ou autier ; la forme autel s'est glissée à côté, par l'affinité entre l'l et l'r, et peut-être aussi par le grand usage de l'adjectif autel, semblable, mot très usité dans ces temps : l'on sait combien les langues ont de tendance à assimiler les mots qui ont peu de différence ; tendance funeste et qui rend bien des choses c

Historique : XIe s. Dessus l'alter [de] Saint Sevrin le baron Lonc un alter belement [ils] l'enterrerent XIIe s. Mout riche ofrande [il] a dessus l'autel mise Idunches se dresça, E par tuz les alters à orer s'en ala E de tutes les lignées de Israel [je] le eslis, que fust mis prestres ; e à mun altel muntast, e encens i portast Dunc cumandad li angeles à Gad, que il deïst à David que il en alast pur lever un alter en l'onurance nostre Seignur Tant que li fossez ki deled le altel esteit, fud plein e surundad XIIIe s. Par derriere l'autel s'ert [s'était] la bele mucie [cachée] E quant tote la messe est dite,…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 13 sens

n. m.

  1. Table, monument en bois ou en pierre à l’usage des sacrifices. Dresser, élever un autel. Consacrer des autels. Embrasser les autels. Profaner les autels. Se prosterner devant les autels, au pied des autels. L’encens fumait sur les autels. Les autels des faux dieux. Conduire la victime à l’autel. L’autel de Jupiter, de Mars, etc. Un autel de gazon. Chez les Hébreux, il y avait un autel des holocaustes et un autel des parfums.

  2. Fig., Il mérite qu’on lui élève, qu’on lui dresse des autels, Il est digne des plus grands honneurs, des plus grands témoignages de la reconnaissance publique.

  3. Il se dit particulièrement, en termes de Liturgie, de la Table où l’on célèbre la messe. L’autel de la Vierge. Table d’autel. Nappe d’autel. Le dessus de cet autel est de pierre, de bois, etc. On met ordinairement des reliques sous les pierres d’autel. Un devant d’autel. Les marches de l’autel. Le prêtre est à l’autel. Servir à l’autel. S’approcher de l’autel pour communier. Les saints autels.

  4. Le sacrifice de l’autel, le saint sacrifice de l’autel, La messe.

  5. Le Sacrement de l’autel, L’Eucharistie.

  6. Le maître-autel ou grand autel, Le principal autel de chaque église qui est placé dans le choeur.

  7. Autel privilégié, Autel où il est permis de dire la messe des morts les jours où on ne peut la célébrer aux autres autels.

  8. Autel portatif, Pierre plate et carrée, bénite selon les formes ordinaires de l’église, pour célébrer la messe en pleine campagne.

  9. Prov. et fig., Qui sert à l’autel doit vivre de l’autel, ou simplement Le prêtre vit de l’autel, Il est juste que chacun vive de sa profession.

  10. Fig., et par exagération, Il prendrait sur l’autel, sur le maître-autel, se dit d’un Homme qui prend effrontément tout ce qu’il peut et partout où il peut.

  11. Fig., élever autel contre autel, Faire un schisme dans l’église ou dans quelque communauté. Il signifie par extension Opposer son crédit, sa puissance au crédit, à la puissance d’une autre personne; ou Former une entreprise rivale d’une autre déjà formée.

  12. Il désigne aussi figurément, surtout au pluriel, la Religion, le culte religieux. Ils s’érigèrent en défenseurs de l’autel et du trône. Attaquer, renverser les autels. Respecter les autels. Cet impie avait juré la ruine des autels. Combattre pour ses autels. Les ministres des autels.

  13. Fig., Ami jusqu’aux autels, Ami à tout faire, excepté ce qui est contraire à la conscience, à la religion.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée autel#7191.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.