apôtre
nom, masculin · /apotʁə/
Usage : d'usage courant (4.58 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Religion. Chacun des douze disciples choisis par Jésus-Christ pour propager son enseignement.
Pierre et Jean comptent parmi les douze apôtres de l'Évangile.
« Les apôtres (c'était encore au temps de la passion), assemblés autour de leur maître, lui montraient le temple et les bâtiments d'alentour »Bossuet (1627-1704)
« Les apôtres tiennent le concile de Jérusalem, où saint Pierre parle le premier, comme il fait partout ailleurs »Bossuet (1627-1704)
Personne qui défend et propage avec ferveur une doctrine ou une cause.
C'est un apôtre de la non-violence, qui parcourt le pays pour porter son message.
Synonyme : propagateur.
« Mes bons amis, que je vous prêche à table, Moi, l'apôtre de la gaieté »Béranger (1780-1857)
« Si Bacchus, dont je suis l'apôtre, Ne m'inspire un joyeux transport »Béranger (1780-1857)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- apôtres : pluriel · /apotʁə/
- apôtre : singulier · /apotʁə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
s. m.
Nom donné aux douze disciples que Jésus-Christ chargea de prêcher l'Évangile. Après la mort de N. S. on donna le nom d'apôtre à saint Mathias, élu pour remplacer Judas, à saint Paul et à saint Barnabé. L'apôtre des gentils, des nations, le grand apôtre ou simplement l'apôtre, saint Paul. Le prince des apôtres, saint Pierre. Les princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul.
Les apôtres tiennent le concile de Jérusalem, où saint Pierre parle le premier, comme il fait partout ailleursBossuet (1627-1704)
Les apôtres (c'était encore au temps de la passion), assemblés autour de leur maître, lui montraient le temple et les bâtiments d'alentourBossuet (1627-1704)
Par extension, celui qui le premier a prêché la foi dans un pays. Saint Denis est l'apôtre de Paris. Prêcher en apôtre, comme un apôtre ; prêcher avec onction.
Nom qu'on donne aux douze pauvres à qui on lave les pieds le jeudi saint.
Fig. Celui qui, par ses paroles ou ses exemples, propage une doctrine, une opinion. Il s'est fait l'apôtre de cette doctrine nouvelle.
Familièrement.
Si Bacchus, dont je suis l'apôtre, Ne m'inspire un joyeux transportBéranger (1780-1857)
Mes bons amis, que je vous prêche à table, Moi, l'apôtre de la gaietéBéranger (1780-1857)
Ironiquement et par antiphrase. Bon apôtre, homme fin et de mauvaise foi. Faire le bon apôtre, contrefaire l'homme de bien.
Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtreJean Racine (1639-1699)
Grippeminaud le bon apôtre, Jetant des deux côtés la griffe en même temps, Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autreLa Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Apostolus, de ἀπόστολος, de ἀπὸ, indiquant envoi, mission, et στέλλω, disposer, envoyer (voy. STOLE). Provenç. apostol ; espagn. apostol ; ital. apostolo. Dans le vieux français, le pape se disait l'apostle ou l'apostole ; cette dernière forme est ou bien un mot relativement moderne calqué sur le latin apostolus, ou une dérivation exacte d'une forme non latine apostolius. Dans la vraie formation française, apóstolus, ayant l'accent sur pó, n'a pu donner que apostle, apostre.
Historique : XIe s. Dès les apostles ne fut hom tel prophete [Il] Reclame Deu et l'apostle de Rome [le pape] XIIe s. Saint et martir, apostre et innocent Se plainderoient de vous au jugement L'apostole [le pape] s'apreste pour la messe chanter L'apostoiles de Rome fu en mi le palais XIIIe s. Se tu lui fais nul mal, par l'apostre saint Pierre.... XIVe s. Clement, par la divine pourveance apostole de l'eglise de Rome De nostre pere l'apostoile Voulsisse qu'il semblast l'estoile Qui ne se muet [je voudrais que le pape ressemblât à l'étoile] XVe s. Là tins-je de la foy escole, Comme pastron et apostole De Fran…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 7 sens
n. m.
Un des douze personnages que Notre-Seigneur choisit particulièrement, entre ses disciples, pour prêcher l’évangile. Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST et ses douze Apôtres. Le symbole des Apôtres. L’apôtre saint Jacques.
Le prince des Apôtres, Saint Pierre. L’Apôtre des Gentils, Saint Paul.
Par analogie, il désigne Chacun des enfants dont on lave les pieds le Jeudi saint, à la cérémonie de la Cène.
Par extension, il signifie Celui qui a le premier prêché la foi dans quelque pays. Saint Denis est l’apôtre de Paris. Saint François- Xavier est l’apôtre des Indes.
Prêcher en apôtre, comme un apôtre, Prêcher avec onction et d’abondance de coeur.
Prov. et fig., Faire le bon apôtre, Contrefaire l’homme de bien. Ironiquement, C’est un bon apôtre, Il fait l’homme de bien, mais il ne faut pas se fier à lui.
Figurément, il signifie Celui qui se voue à la propagation et à la défense d’une doctrine, d’une opinion, d’un système. Avoir une âme d’apôtre. Il s’est fait l’apôtre de cette nouvelle doctrine. On dit dans un sens analogue Les apôtres de l’erreur, de l’incrédulité, etc.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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