air
nom, masculin · /ɛʁ/
Usage : très fréquent (588 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Mélange gazeux qui constitue l'atmosphère et que respirent les êtres vivants.
Ouvre la fenêtre, j'ai besoin d'air frais.
« J'ai fait pour toi des airs, je te les veux chanter »André Chénier (1762-1794)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : appel d'air · baptême de l'air · bouffée d'air frais · changement d'air · d'un air entendu · dans l'air du temps · fendre l'air · foutre en l'air · il y a de l'électricité dans l'air · il y a de l'orage dans l'air · l'air de rien · libre comme l'air · ne pas manquer d'air · prendre l'air · prendre un air supérieur · prendre un bol d'air · promesse en l'air · un air de famille
Grammaire et formes (2)
- airs : pluriel · /ɛʁ/
- air : singulier · /ɛʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 16 sens
s. m.
Fluide invisible, transparent, sans odeur ni saveur, pesant, compressible, élastique, qui forme autour de la terre une couche nommée atmosphère, et qui est composé de 0,79 d'azote et de 0,21 d'oxygène. L'air était un des quatre éléments de l'ancienne physique. L'air n'est pas un élément, c'est un corps composé. Les nuages sont portés dans l'air. L'air est l'aliment de la respiration. Un air pur, un air vif, un air tempéré. Ces émanations ont infecté l'air. Un air lourd et épais. Les habitants de l'air, les oiseaux.
Si l'air était plus épais, il n'aurait pas cette douceur qui fait une nourriture continuelle du dedans de l'hommeFénelon (1651-1715)
Ces gardes, cette cour, l'air qui nous environne, Tout dépend de Pyrrhus et surtout d'HermioneJean Racine (1639-1699)
Au pluriel, les airs, l'espace au-dessus de nos têtes. Le ballon s'enleva dans les airs.
Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit ?Jean Racine (1639-1699)
Hélas ! ma prière inutile Se perdra-t-elle dans les airs ?Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)
Dans un sons général, air signifie gaz. L'oxygène, l'azote et l'hydrogène sont des airs différents. L'ancienne chimie donnait le nom d'airs à tous les fluides aériformes qu'on appelle gaz aujourd'hui ; de là le nom d'air atmosphérique attribué souvent à l'air proprement dit. Dans l'ancienne chimie, l'air fixe est le gaz acide carbonique ; l'air inflammable est l'hydrogène.
Air libre, l'espace ouvert. On dit dans le même sens le plein air. Arbres de plein air, arbres en plein air. Air confiné, désigne, par opposition à air libre, l'air des enceintes dans lesquelles séjournent des êtres vivants, et qui se trouve par conséquent plus ou moins vicié.
En termes de théologie, le prince de l'air, Satan ; les puissances de l'air, les démons.
Mettre, exposer à l'air, soumettre une chose à l'influence, à l'action de l'air.
Prendre l'air, respirer le frais, se promener. Fig. Prendre l'air, prendre la fuite.
Je marche et je prends l'air avec plaisirMme de Sévigné (1626-1696)
Se faire porter dans son carrosse pour prendre l'airMme de Sévigné (1626-1696)
Fendre l'air, en parlant d'un oiseau, voler ; et fig. traverser l'espace avec rapidité. Les oiseaux fendent l'air. La flèche fend l'air et vient frapper le but.
L'exécution fut prompte : le jeune homme fendit les airsMontesquieu (1689-1755)
Donner de l'air à une chambre, en ouvrir les fenêtres et en renouveler l'air. Fig. Donner de l'air à un tableau, en détacher les différents plans, de sorte que l'air semble circuler entre eux.
Air natal, le pays où l'on est né.
C'est l'air natal qui séchera tes larmesBéranger (1780-1857)
Vent. Il fait beaucoup d'air. Il ne fait pas un souffle d'air. Courant d'air, air en mouvement qui pénètre par les ouvertures d'un appartement. La porte et la fenêtre ouvertes feront un courant d'air. Ne vous mettez pas dans le courant d'air ; vous en seriez incommodé. Coup d'air, fluxion ou douleur qui survient à la face, au cou, aux mâchoires, et qui est souvent causée par l'impression d'un air froid.
Prendre l'air du feu, un air de feu, se chauffer un moment, en passant.
Cela est dans l'air, se dit de certaines conditions physiques ou morales qu'on croit provenir de la nature d'un pays, d'une société, etc.
Porter le mauvais air en quelque endroit, y porter la contagion ; prendre le mauvais air, gagner la contagion. Fig. L'air du monde est contagieux, la fréquentation du monde n'est pas salutaire au moral.
L'air de cour est contagieux ; il se prend à Versailles, comme l'accent normand à Rouen ou à FalaiseLa Bruyère (1645-1696)
On suit le train du monde, on est de toutes ses compagnies, on en prend toutes les manières ; et est-il surprenant alors que dans un air si corrompu on s'empoisonne et qu'au milieu de tant de scandales on fasse des chutes grièves et mortelles ?Bourdaloue (1632-1704)
Fig. et familièrement. L'air du bureau, ce qui paraît en bien ou en mal des dispositions de ceux qui ont la décision d'une affaire.
Diverses locutions familières, proverbiales et figurées. Être libre comme l'air, n'avoir aucune sujétion. Ne faire que battre l'air, se donner inutilement beaucoup de peine. Vivre de l'air du temps, être dans la plus profonde misère, n'avoir rien pour subsister. En l'air, loc. adv. Au milieu de l'air, dans les airs. Tirer en l'air, un coup en l'air, tirer sans viser de but ; et fig. Faire une démarche sans résultat. Paroles, projets en l'air, paroles, projets sans fondement, sans réalité. Être, mettre en l'air, en mouvement, dans l'agitation. Cette affaire mit toutes les têtes en l'air. En parlant des choses, être en l'air, en désordre. Dans son cabinet tout est en l'air. N'être pas solide. Toute sa fortune est en l'air. En termes militaires, on dit qu'une troupe est en l'air, quand elle n'est pas appuyée sur son flanc par un obstacle quelconque. L'aile droite de l'armée était en l'air. En termes de fauconnerie, prendre l'air se dit d'un oiseau qui s'élève fort haut. Nouer [nager] entre deux airs, manière de voler particulière aux oiseaux de proie.
Ce ne sont pas là, mes pères, des contes en l'air comme les vôtresPascal (1623-1662)
Ils dépendent d'un discours en l'air, de mille occasions imprévuesPascal (1623-1662)
Étymologie : Bourguig. et Berry, ar ; provenç. aer, air, aire ; ital. aria, aere ; espagn. aire ; du latin aer, le même que le grec ἀέρ.
Historique : XIIIe s. Eles repairent à lor premiere matere et deviennent airs ansi come uns aniaus pert sa forme au fu et devient ors ou argens que il estoit ançois Et mout estoit li airs de froide atrempeüre XIVe s. Ele vit de l'aer non pas pur et sans mangier XVe s. Car estoit tané de tant avoir esté à Bruges sans changier air Et pour la puantise des bestes que on tuoit en l'ost, l'air en estoit ainsi qu'à demi corrompu.... et vint le roi loger, telle fois fut, à Male, pour esloigner ce mauvais air XVIe s. [Le vent] barbe et cheveux tous blancs me fait branler, Ne plus ne moins que feuilles d'arbre en l'…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 12 sens
s. m.
Apparence extérieure.
D'abord on ne l'avait point regardé, à cause de ses habits simples et négligés, de sa contenance modeste, de son silence presque continuel, de son air froid et réservéFénelon (1651-1715)
Ne vous y fiez pas, elle a, ma foi, les yeux fripons ; je lui trouve l'air bien coquetBoileau (1636-1711)
Un air de famille, une sorte de ressemblance. Avoir un faux air de quelqu'un.
Vous avez un peu de l'air de Mme de SottenvilleMme de Sévigné (1626-1696)
Elle a de l'air du coadjuteurMme de Sévigné (1626-1696)
Manière, façon.
Il est vrai, madame, que ce jeune prince a fait voir une adresse peu commune, et que l'air dont il a paru a été quelque chose de surprenantMolière (1622-1673)
Parlez, Don Juan, et voyons de quel air vous saurez vous justifierMolière (1622-1673)
Accueil.
Elle nous fit un air honnêteMme de Sévigné (1626-1696)
Vous avez vu l'air gracieux que S. M. m'a faitAntoine Hamilton (1646-1720)
En termes de peinture et de sculpture, un air de tête, des airs de tête, l'attitude d'une tête.
Pour former ce vif coloris, ces attitudes si variées, ces airs de tête si passionnésFénelon (1651-1715)
Le bel air, les manières élégantes.
J'ai vu les personnes du bel airMolière (1622-1673)
Apprendre le bel air des chosesMolière (1622-1673)
Le grand air, le ton du grand monde. Grand air, un grand air, une belle et noble apparence. En mauvaise part, les grands airs, des manières hautaines et fastueuses.
Quels biens sur vous un prince va répandre ! D'abord viendra l'étiquette aux grands airsBéranger (1780-1857)
La duchesse de Bourgogne avait un grand air, une taille nobleVoltaire (1694-1778)
Bon air, manière élégante, distinguée ; mauvais air, les manières de la mauvaise compagnie. Absolument. Bon air, en parlant des choses.
On voit l'impudence devenue un bon airMassillon (1663-1742)
Vous accoutumez les pécheurs à regarder la débauche comme un bon air en l'opposant au ridicule de la vertuMassillon (1663-1742)
Sorte de manière affectée qui consiste à faire entendre ce qu'on ne témoigne pas. Faire une chose par air. Prendre, se donner des airs, de grands airs, affecter un ton, des manières au-dessus de son état. Se donner l'air de, prendre l'air de, se montrer comme.... Familièrement. Se mettre sur son air, prendre une certaine manière d'être.
Tout cela était un air pour me faire savoir qu'elle a un équipageMme de Sévigné (1626-1696)
Quand je vous ai demandé si vous n'aviez point jeté mes lettres, c'était un airMme de Sévigné (1626-1696)
En parlant des choses, avoir l'air, avoir un air de, paraître.
Votre dernière lettre a un air de gaietéMme de Sévigné (1626-1696)
Nous voulûmes donner à cette chambre un air d'accouchementMme de Sévigné (1626-1696)
En termes de manége, allure du cheval. Airs bas, ceux où le cheval manie près de terre ; airs relevés, ceux où le cheval s'enlève davantage.
Suite de tons et de notes qui composent un chant. Il se dit aussi du chant et des paroles. Chanter des airs à boire. N'être pas dans l'air, ne pas chanter exactement un air. Fig. Je connais des paroles sur cet air-là, j'ai déjà entendu les mêmes choses, les mêmes opinions, les mêmes excuses, etc. Fig. Avoir l'air à la danse, annoncer des dispositions à réussir dans ce qu'on fait, être disposé à faire ce dont il s'agit, être vif et dispos.
J'ai fait pour toi des airs, je te les veux chanterAndré Chénier (1762-1794)
Vivent les grands airs Du conservatoire !Béranger (1780-1857)
Étymologie : Provenç. aire ; catal. ayre ; anc. ital. aire (cuore di bon aire). Les dictionnaires confondent air, fluide gazeux, et air, manière, façon. Il est bien difficile de voir comment l'air atmosphérique aurait fini par signifier l'apparence, la manière. Diez a senti la difficulté, et il tire air dans le second sens de l'allemand art, manière, façon. Mais on ne voit pas comment le t aurait disparu. Dans un travail subséquent, il est disposé à réunir air de l'atmosphère et air manière, par le sens de souffle, spiritus, qui, donnant esprit, conduirait à manière, caractère. Le vieux français, à ma conn
Historique : XIe s. Ahi ! cuivert, mauvais hom de pute aire XIIe s. Mais se vos œil ne mi sont de male aire XIIIe s. Kar estes fel et de put aire Nés fu de Mazovie et nourri de vostre aire XVIe s. C'est une ladrerie spirituelle qui a quelque air de santé
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 28 sens
n. m.
Fluide élastique, dont la masse totale forme l’atmosphère qui enveloppe la terre. Air atmosphérique. L’air est plus léger que l’eau. La basse, la haute, la moyenne région de l’air. Une colonne d’air. La pesanteur de l’air. La circulation de l’air. L’air se dilate, se raréfie. L’air se condense, se comprime. La masse de l’air. Nous respirons l’air. Dans les airs. Au plus haut des airs.
Il se dit souvent par rapport à la Température et à la qualité de l’air. Air sain, malsain. Bon air. Grand air. Mauvais air. Air vif. Air frais. Air doux. Air tempéré. Air subtil. Air pur. Air lourd. Air étouffé, renfermé, vicié, infect. Air brûlant. Air glacé. L’air du soir est humide. L’air de ce pays est excellent. Air marin. Air des montagnes, des bois, etc.
Air natal, L’air du pays où l’on est né. Prendre l’air natal. Aller respirer l’air natal.
Aller prendre l’air, Aller se promener, aller au grand air; et simplement Prendre l’air, Respirer l’air, être dans un lieu où l’on respire un air plus pur, plus léger. Changer d’air, Changer de séjour, afin de respirer un autre air.
Mettre, exposer quelque chose à l’air, Le placer dehors, en un lieu où il soit exposé à l’action de l’air. On dit de même Se tenir à l’air. On dit aussi En plein air, Dans un lieu où l’action de l’air se fait sentir de tous côtés, où rien ne garantit de l’action de l’air.
Donner de l’air à une chambre, En ouvrir les fenêtres, afin que l’air entre et sorte plus librement. On dit dans un sens analogue Renouveler l’air d’une chambre, d’une salle.
Donner de l’air à un tonneau de vin, En ôter le bondon, de peur que le vin ne fasse éclater les douves.
En termes de Peinture, Il n’y a pas d’air dans ce tableau, Les figures n’y sont pas assez détachées du fond et les plans se confondent.
Fendre l’air, se dit d’un Oiseau qui vole rapidement, d’un Cheval lancé à la course, d’une Personne qui court très vite.
Prov. et fig., Ne faire que battre l’air, Se donner inutilement de la peine pour quelque chose.
Prendre l’air du feu, un air de feu, S’approcher du feu, afin de se chauffer comme en passant.
Se donner de l’air, Se dérober, prendre la fuite.
Fig., Porter le mauvais air en quelque endroit, Y porter la contagion; et Prendre le mauvais air, être atteint de la contagion, gagner le mal contagieux. L’air du monde est contagieux, La fréquentation du monde peut faire contracter des vices.
Fig., Cela est dans l’air se dit de Certains sentiments, généralement répandus et qui se communiquent à tous les esprits. Ces idées étaient dans l’air. La révolution était dans l’air.
AIR se dit, par extension, de Tout fluide élastique et invisible. Dans cette acception, il est synonyme de GAZ. Air fixe, ou Gaz acide carbonique. Air inflammable, ou Gaz hydrogène. Air vital, ou Gaz oxygène, etc.
Il se dit aussi de l’Air en mouvement, du vent. Il ne fait point d’air. Il y a ici de l’air, beaucoup d’air. Il n’y a pas un brin d’air, pas un souffle d’air. Courant d’air. Il faut se défier des courants d’air. Il vient de l’air par cette fenêtre.
Coup d’air, Fluxion ou douleur qui vient de ce qu’on s’est exposé à un courant d’air.
Fig. et fam., L’air du bureau, Ce qui paraît, en bien ou en mal, des dispositions de ceux à qui l’on a affaire. J’allai prendre l’air du bureau et je m’aperçus qu’il m’était contraire.
Fam., être libre comme l’air, N’avoir aucune sujétion, pouvoir disposer de tous ses moments. Depuis que j’ai donné ma démission, je suis libre comme l’air.
Prov. et fig., Vivre de l’air du temps, N’avoir rien pour vivre.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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