aboi
nom, masculin · /abwa/
Usage : d'usage courant (2.18 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Dans l'expression figée être aux abois, se trouver dans une situation désespérée, sans ressources ni échappatoire.
« Une nymphe fuyante Qui, réduite aux abois.... »Mathurin Régnier (1573-1613)
« Ah ! je m'en souviendrai jusqu'aux derniers abois [la mort] »Pierre Corneille (1606-1684)
Cri que pousse un chien, terme aujourd'hui moins employé dans l'usage courant que son synonyme aboiement.
« Trois pasteurs, enfants de cette terre, Le suivaient, accourus aux abois turbulents Des molosses... »André Chénier (1762-1794)
« Leur maître les rompit, Bien que de leurs abois ils perçassent les nues »La Fontaine (1621-1695)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- abois : pluriel · /abwa/
- aboi : singulier · /abwa/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 4 sens
s. m.
Cri du chien. L'aboi des différentes espèces de chiens. Dans la rage, l'aboi du chien est modifié d'une façon caractéristique.
Leur maître les rompit, Bien que de leurs abois ils perçassent les nuesLa Fontaine (1621-1695)
Trois pasteurs, enfants de cette terre, Le suivaient, accourus aux abois turbulents Des molosses...André Chénier (1762-1794)
S. m. plur. Moment où le cerf, serré par les chiens qui aboient après lui, est à l'extrémité. Le cerf est aux abois. Il tient les abois.
Son frère ayant couru mainte haute aventure, Mis maint cerf aux abois, maint sanglier abattuLa Fontaine (1621-1695)
Fig. Dernière extrémité. Ils sont aux abois. Les assiégés étaient réduits aux derniers abois.
Mais pardonne aux abois d'une vieille amitié, Qui ne peut expirer sans me faire pitiéPierre Corneille (1606-1684)
[Il] nous surprend, nous assiége, et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accordPierre Corneille (1606-1684)
Tenir quelqu'un en aboi, le repaître de vaines espérances.
Étymologie : Voy. ABOYER.
Historique : XIIIe s. Il n'a garde d'aba de chien Renart li commença à rire, Si lui a jeté un abai ; Certes, fait-il, je me gabai ; Ce fis je pour vous peor [peur] faire XVe s. Quand il eut esté bien reprouvé et rigolé de ses compagnons, et, comme un sanglier, mis aux abois de tous costés XVIe s. Las ! quantes fois par rochers et par bois, Les chiens courans l'ont tenu aux abbois Avoir pour son exercice Force oiseaux et force abbois Et finirent leur vie, chantans jusques aux derniers abois un cantique L'authorité duquel doit bien rabattre tous les abois de ce chien mastin Par leur importunité, comme par ab…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. m.
Cri du chien. L’aboi de ce chien est fort importun. En ce sens, il est moins usité qu’ABOIEMENT.
ABOIS, au pluriel, désigne les Cris de la meute qui entoure la bête, et, par extension, la Situation de la bête entourée par la meute. Le cerf est aux abois.
Fig., être aux abois, se dit d’une Personne qui a épuisé toutes les ressources, qui est réduite à la dernière extrémité. à bout de ressources, il est aux abois. On dit aussi Cette place, cette citadelle est aux abois, Elle ne peut plus se défendre. Sa vertu est aux abois, Elle est bien près de succomber.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée aboi#159.