abandonnement
nom, masculin · /abɑ̃donəmɑ̃/ ou /abɑ̃dɔnəmɑ̃/
Définitions
Autrefois, action de se livrer sans retenue à un sentiment, à une passion.
« On prendra soin d'entretenir les malades dans un saint abandonnement à la Providence »Bossuet (1627-1704)
« Son abandonnement à la Providence de Dieu »Fléchier (1632-1710)
Autrefois, dérèglement excessif dans la conduite et les mœurs.
« Ce degré d'abandonnement qui fait les âmes égarées et criminelles »Massillon (1663-1742)
En droit notarial ancien, attribution à chacun des copartageants de certains biens restés indivis.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- abandonnements : pluriel · /abɑ̃dɔnəmɑ̃/ ou /abɑ̃donəmɑ̃/
- abandonnement : singulier · /abɑ̃dɔnəmɑ̃/ ou /abɑ̃donəmɑ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. m.
Remise à.... L'abandonnement des plus chers intérêts entre les mains d'un ami.
On prendra soin d'entretenir les malades dans un saint abandonnement à la ProvidenceBossuet (1627-1704)
Son abandonnement à la Providence de DieuFléchier (1632-1710)
Cession. L'abandonnement de ses biens à ses créanciers. On dit plutôt aujourd'hui abandon.
Abandonnement que je lui ferai de tout ce que j'ai de biensPELLISS.
Action d'abandonner ; état d'une personne abandonnée. Dans l'abandonnement où il est de tous ses amis.
Ne tenir nul compte du triste abandonnement où votre inflexible roideur le précipiteBourdaloue (1632-1704)
L'entier abandonnement de sa personne entre les mains de ses supérieurs pour sa laisser conduire selon leur gré et selon leurs vuesBourdaloue (1632-1704)
Action de se laisser aller avec trop de facilité. L'entier abandonnement de ce prince a d'indignes favoris. Votre abandonnement à une passion funeste.
Votre abandonnement à d'infâmes passions qui corrompent le sangVoltaire (1694-1778)
Pris absolument. Déréglement excessif dans la conduite, dans les mœurs. Vivre dans le dernier abandonnement.
Le funeste abandonnement où il vitBourdaloue (1632-1704)
Tant d'emportements honteux ! tant de faiblesse et d'abandonnement ! lui qui s'était piqué de raison, d'élévation, de fierté devant les hommesMassillon (1663-1742)
Étymologie : Abandonner ; ital. abbandonamento.
Historique : XIIIe s. Ses escus ert [était] moult renommés ; Despit de mort estoit nommés ; Bordés fu d'abandonnement à tous perils... XVe s. Au mois de janvier fut publié parmi Paris l'abandonnement de toutes gens d'armes qui seroient trouvés sur les champs
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. m.
Action de s’abandonner, de se laisser aller, de se livrer avec trop de facilité. Il avait pour elle une tendresse qui allait jusqu’à l’abandonnement de toute volonté. Les fautes de ce prince résultèrent de son entier abandonnement à d’indignes favoris. Il vieillit.
Employé absolument, il signifie Dérèglement dans la conduite, dans les moeurs. Vivre dans l’abandonnement, dans le dernier abandonnement.
Il signifie, en termes de Droit, surtout dans le style du notariat, Attribution, à chacune des parties qui sont dans l’indivision, de certains biens ou de certaines valeurs pour les remplir de leurs droits dans le partage ou dans la liquidation.
Contrat d’abandonnement, se dit quelquefois dans le sens d’Abandon de biens ou de Cession de biens.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée abandonnement#26.